Résident du secteur Saint-Georges, Louis-Jean Garceau joint sa voix à celle d’autres Shawiniganais et demande que la Ville revienne sur sa décision concernant l’avenir de l’aréna Émile-Bédard.
Résident du secteur Saint-Georges, Louis-Jean Garceau joint sa voix à celle d’autres Shawiniganais et demande que la Ville revienne sur sa décision concernant l’avenir de l’aréna Émile-Bédard.

Pickleball à l’aréna Émile-Bédard: des Shawiniganais insatisfaits

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — La conversion de l’aréna Émile-Bédard du secteur Saint-Georges à Shawinigan en centre destiné à la pratique du pickleball ne fait pas l’affaire de plusieurs Shawiniganais.

Une pétition mise en ligne sur la plateforme avaaz.org au lendemain de l’annonce, la semaine dernière, de ce changement de vocation a d’ailleurs été signée jusqu’à maintenant par près 600 personnes insatisfaites de la décision prise par l’administration Angers. Son initiateur, Louis-Jean Garceau, indique qu’il aurait, tout comme les autres signataires ainsi que des citoyens du secteur avec lesquels il a discuté, apprécié être consulté par la Ville au lieu d’être simplement mis devant le fait accompli.

«Il n’y a eu aucune consultation et bang!, on apprend que la Ville y mettra du pickleball. Je n’ai rien contre ce sport. Je suis enseignant en éducation physique et j’encourage la pratique du sport. Mais ça ne fait pas sérieux d’y mettre que du pickleball. Ils sont environ 70-80 [qui jouent à ce sport à Shawinigan] et ils passent leur hiver en Floride pour la plupart, sauf en période de COVID. C’est un peu bizarre», mentionne M. Garceau.

Voulant être proactif et ne pas se contenter de critiquer les actions de l’administration municipale, ce dernier a sondé différents intervenants du milieu sportif shawiniganais afin de connaître leur opinion sur le sort qui devrait être réservé au vétuste aréna. Ce processus a débouché sur la rédaction d’une lettre d’intention, qui a été envoyée, jeudi, aux élus et aux fonctionnaires concernés. Cette communication, signée notamment par les dirigeants du Club de soccer Énergie Centre-Mauricie, du baseball mineur de Shawinigan, des Cascades de Shawinigan ainsi que par ceux du programme de hockey scolaire des Braves – dont certaines équipes évoluaient à l’aréna Émile-Bédard – se veut en quelque sorte la présentation d’une solution alternative.

«On comprend que la glace est désuète et que ça coûterait plus cher la mettre à niveau que de construire un aréna neuf. Ce qu’on propose, c’est un projet qui ne coûterait pas trop cher, mais dont toute la population pourrait bénéficier. On veut ‘‘ligner’’ la surface pour la pratique du soccer, du baseball, du basketball et pour le pickleball. Un peu comme un gymnase. Ça serait donc une enceinte multifonctionnelle, qui pourrait également servir pour des réunions ou des rassemblements. On toucherait beaucoup plus de monde comme ça», explique M. Garceau.

Bien au fait de ce mouvement populaire, le maire Michel Angers indique que l’option défendue par M. Garceau et les autres signataires de la lettre d’intention a été étudiée par la Ville au cours du processus ayant mené à la récente décision.

«Ça aurait coûté plus d’un million de dollars. Il faudrait faire des travaux majeurs. […] Je veux bien que l’on consulte les gens. Mais si les projets coûtent des millions [on ne peut pas aller de l’avant]», soutient-il, laissant entendre que les travaux dépasseraient largement le simple traçage de lignes sur la surface de béton si cette option était retenue.

Heures de glace: la Ville doit s’engager

Tenant à ce que les jeunes hockeyeurs, notamment ceux fréquentant l’école primaire Jacques-Plante du secteur Saint-Georges et faisant partie du programme des Braves, puissent continuer à pratiquer leur sport, M. Garceau espère que la Ville mettra tout en oeuvre afin de pallier le changement de vocation de l’aréna Émile-Bédard. Dans cette optique, il tient à souligner que le partenariat entre l’école Jacques-Plante et le programme des Braves est né en grande partie car l’établissement scolaire est situé à proximité de l’ancien aréna.

«Je ne sais pas comment la Ville va gérer ça, mais ça va prendre une véritable ouverture», lance-t-il, avant d’ajouter qu’il souhaite au plus haut point que le secteur Saint-Georges jouisse d’un préjugé favorable si la Ville décide éventuellement de construire un nouvel aréna sur son territoire.

De son côté, le maire soutient que des efforts concrets sont faits pour accommoder les jeunes du programme de hockey scolaire et que la communication entre les différentes organisations impliquées est bonne. Il tient par ailleurs à rappeler qu’une patinoire extérieure couverte sera construite en remplacement de la surface glacée aménagée habituellement à côté de l’ancien aréna et que les vestiaires intérieurs continueront à être utilisés.

En ce qui concerne la construction d’un nouvel aréna dans le secteur Saint-Georges à moyen ou long terme, il confie que l’actuel conseil municipal pencherait en ce sens s’il venait qu’à devoir choisir l’emplacement d’un tel équipement. Rappelons que la Ville attend, probablement au début de l’année 2021, les résultats d’une étude visant à déterminer les besoins des équipes sportives avant de se prononcer sur la nécessité de doter Shawinigan d’un quatrième aréna.