Julie Boulet, Philippe Couillard et Pierre Giguère.

Philippe Couillard: «J'avais deux bons députés»

Shawinigan — Quelques jours après qu’il eut annoncé que Julie Boulet allait être la candidate du Parti libéral du Québec dans la nouvelle circonscription Laviolette–Saint-Maurice lors de la prochaine élection, le premier ministre Philippe Couillard est débarqué à Shawinigan, lundi après-midi, flanqué de la grande majorité des membres de la famille libérale régionale.

Les deux candidats qui étaient jusqu’à tout récemment sur les rangs afin de représenter le Parti libéral dans la nouvelle circonscription qui verra le jour au lendemain du prochain scrutin en raison du redécoupage de la carte électorale québécoise marchaient respectivement à la gauche ainsi qu’à la droite de leur chef lorsque les élus sont entrés dans la salle du Digihub où la conférence de presse avait lieu. Le ministre délégué aux Petites et Moyennes entreprises, à l’Allègement réglementaire et au Développement économique régional, Stéphane Billette, et les autres membres du caucus libéral régional, soit Marc H. Plante, Pierre Michel Auger ainsi que Jean-Denis Girard étaient également présents.

Invité à justifier son choix de candidat pour Laviolette–Saint-Maurice, le premier ministre a répété que les deux actuels députés font du bon travail et qu’ils représentent de bons soldats pour son parti. Il a déploré à nouveau que la décision de la Commission de la représentation électorale du Québec l’ait forcé à faire un choix.

«Nous avions deux excellents députés. Mme Boulet est une personne de grande expérience qui exerce une influence considérable dans la région. Mais ça n’enlève rien à M. Giguère qui est un député de grande qualité», a-t-il déclaré.

Questionné sur les raisons pour lesquelles il a décidé de trancher au lieu de laisser les militants du comté choisir leur candidat comme c’est généralement le cas, il a insisté sur le fait qu’il ne voulait pas que la communauté se déchire sur cette question.

«J’ai cette prérogative de notre parti», a-t-il précisé.

De son côté, M. Giguère confie qu’il est toujours en réflexion en ce qui concerne son avenir politique et se dit déçu que son chef ait arrêté son choix sur Julie Boulet. Afin de laisser retomber la poussière et prendre un peu de recul, ce dernier ne se rendra pas à Québec cette semaine afin de prendre part à la rentrée parlementaire. Il est cependant prévu qu’il rencontre son chef la semaine prochaine afin de discuter de la situation. D’ici là, il rencontrera les membres de sa garde rapprochée ainsi que les militants.

Répétant qu’il n’est pas en mesure de s’avancer sur la forme que prendra son implication future dans le monde politique, il assure par contre qu’il n’est pas question pour lui de retourner au sein de la Coalition avenir Québec (CAQ). Ce dernier avait défendu les couleurs de la formation politique dirigée par François Legault dans Saint-Maurice en 2012. De plus, il n’a pas voulu s’avancer sur la possibilité qu’il se présente comme candidat indépendant.

«J’adore la politique. C’est une passion. Mais je dois prendre du temps pour moi. C’est très important. Il y a deux certitudes présentement: je ne me présenterai pas pour la CAQ et je vais terminer mon mandat comme député libéral dans Saint-Maurice», a-t-il indiqué.

Comme il a fermement l’intention de représenter le mieux possible ses électeurs d’ici à la fin du présent mandat, M. Giguère tenait mordicus à être présent à l’annonce au DigiHub.

«C’est dans mon comté et c’est un dossier sur lequel j’ai travaillé et qui aura un impact national. De plus, il ne faut pas oublier que mon nom est sur la plaque que l’on voit à l’entrée du DigiHub», a-t-il lancé.

Julie Boulet s’est quant à elle dite heureuse que M. Couillard lui ait accordé ce vote de confiance. Elle considère qu’elle n’a pas encore fait le tour du jardin, et du même coup, qu’elle est encore habitée par le désir de représenter ses concitoyens. Confrontée sur le fait que son parcours comme élue n’a pas été un long fleuve tranquille, elle a simplement déclaré qu’il n’y a jamais rien de facile en politique.

«Je ne me vois pas faire autre chose où rester chez moi», a-t-elle dit avant d’ajouter qu’elle comprenait la déception de M. Giguère et qu’elle compte bien discuter avec lui au moment opportun.

Rappelons qu’en raison de ce redécoupage électoral – qui entraînera la disparition de Saint-Maurice et la modification des territoires des autres circonscriptions – la Mauricie perdra un représentant à l’Assemblée nationale. Le territoire composant la circonscription qui disparaîtra se retrouvera dorénavant dans celles de Maskinongé, Champlain et Laviolette. Pour justifier cette décision, qui a été très mal accueillie dans la région, la Commission de la représentation électorale soutient devoir procéder à ce redécoupage afin de contrebalancer l’effet démographique négatif.