L'objectif d'attirer 100 000 pêcheurs et visiteurs à Sainte-Anne-de-la-Pérade a non seulement été atteint, mais il a été dépassé.

Petits poissons des Chenaux: les familles au premier plan au festival

On est bien loin de l'époque où une journée de pêche aux petits poissons des chenaux et déboucher plusieurs boissons alcoolisées étaient synonymes. En 2017, les familles sont maintenant la clientèle principale de l'Association des pourvoyeurs de la rivière Sainte-Anne.
Samedi, le cours d'eau fourmillait d'activités, avec le lancement du festival sur la rivière. Jeux gonflables, mascottes, soccer, trampoline, on se serait davantage cru au parc d'attraction que sur la glace, surtout avec les nombreux enfants présents sur place. Mais une fois hors de ces jeux, une autre activité était offerte: celle de l'initiation à la pêche. Une dizaine de trous avaient été percés et les tout-petits, canne à la main, tentaient de sortir de l'eau ce qui allait peut-être être leur première prise à vie.
«Le poulamon, c'est vraiment le poisson idéal pour leur apprendre, parce qu'il n'est pas piquant et n'a pas de dents. Les enfants peuvent donc jouer avec, avant de le remettre à l'eau», explique le président de l'Association des pourvoyeurs, Steve Massicotte.
«On a eu du monde toute la journée, raconte Roger Massicotte, le père du président, qui partageait son savoir avec les enfants. Dès qu'il y en a un qui débarque, un autre embarque. La pêche sur la rivière a commencé en 1938. Je suis né en 1942. J'y suis depuis l'âge de cinq ans. C'est de plus en plus centré sur les enfants et de se tourner vers les familles a été gagnant. La venue des Asiatiques aussi, et eux aussi viennent en famille.»
Progressivement, la pêche au petit poisson des chenaux se détache de son image de beuverie à ciel ouvert comme c'était le cas il y a quelques décennies. Les familles représentent maintenant 80 % de la clientèle. D'ailleurs, l'Association a exigé de ses pourvoyeurs que dans chacun des chalets de pêche soit installé un garde-fou afin d'empêcher les enfants de tomber à l'eau. De plus, les familles peuvent maintenant venir s'amuser et patiner sur la rivière en fin d'après-midi, même si leur réservation de chalet ne débute que plus tard en soirée.
«On va vraiment vers l'élan familial et on continue d'amplifier cette formule-là. Les enfants viennent ici pour prendre leur premier poisson. Pour les 0 à 5 ans, c'est gratuit, et de 6 à 12 ans, c'est moitié prix. On a fait de gros changements au point de vue image. Cette année, sur notre logo, c'est la mascotte Gigoteau. On va chercher la curiosité des enfants, pour qu'ils demandent à leurs parents d'aller là et avoir du plaisir.»
Samedi, Julie Beaumier et Kim Jourdain regardaient leurs enfants s'amuser sur la rivière en se remémorant leurs souvenirs de jeunesse, une époque bien différente.
«Il y a de plus en plus d'activités qui incluent les enfants. Dans notre temps, il n'y en avait pas de jeux gonflables. C'est rendu que pour les enfants, c'est normal. C'est plaisant et convivial», souligne Mme Jourdain.
«Quand on était petit, on était dans la cabane avec les parents. On était limités. Les parents prenaient un coup, alors que nous, on s'amusait et on s'endormait sur le banc un moment donné!», rigole son amie.
En plus du festival, l'Association s'est tournée vers les écoles afin de former sa relève. Steve Massicotte souligne d'ailleurs que ce sont ces groupes scolaires qui contribuent davantage à la formation de la relève.
«C'est notre relève, encore plus que le festival. Il faut leur donner le goût de la pêche, et pas juste pour le poisson des chenaux. Au Québec, c'est plein de beaux endroits pour pêcher», conclut Steve Massicotte.