Nathalie Côté a porté sur ses épaules les doléances des citoyens du secteur Lac-à-la-Tortue, lors de la séance publique de mardi.
Nathalie Côté a porté sur ses épaules les doléances des citoyens du secteur Lac-à-la-Tortue, lors de la séance publique de mardi.

Pétition contre l’augmentation du coût des travaux au lac à la tortue: plus de 500 signatures recueillies

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Bien que son intervention ait été éclipsée par les doléances sur la qualité du déneigement et l’expulsion d’un citoyen de la salle du conseil mardi soir, Nathalie Côté a déposé, comme prévu, sa pétition pour contester la hausse du coût des travaux d’égout et d’aqueduc autour du lac à la Tortue. Sa démarche a permis de recueillir 524 signatures jusqu’à maintenant, mais les élus n’ont finalement pas reçu la volée de bois vert attendue lors de l’assemblée publique.

Un homme a bien tenté de sensibiliser le maire à la pertinence de partager la facture maudite à l’ensemble des citoyens et une dame s’est inquiétée de bornes arrachées, de tourbe manquante et d’égouttement inefficace sur sa rue, mais rien qui puisse ressembler à un mouvement de protestation de fond. Mme Côté ne s’en est pas offusquée.

«Sur les médias sociaux, ça se parle beaucoup», partage-t-elle. «Les gens que je côtoie m’en parlent, il y a de l’inquiétude, des gens veulent carrément vendre. Mais nous sommes dans une société démocratique. Parfois, les gens ne se manifestent pas. C’est leur décision. Ça prend quand même une certaine motivation, certains diront du courage, pour venir s’adresser au conseil. Je respecte les gens qui ne veulent pas le faire.»

À l’augmentation moyenne du compte de taxes foncières de 2,4 % pour le secteur Lac-à-la-Tortue en 2020, les résidents desservis par le nouveau service d’assainissement des eaux usées doivent ajouter 800 $. Un peu plus du tiers d’entre eux additionnent 375 $ pour l’aqueduc, pour un total de 1175 $. Il s’agit d’une facture beaucoup plus élevée que celle qui avait été estimée en 2017, alors que ces coûts devaient tourner autour de 455 $ pour le réseau d’égout et à 630 $ pour ceux qui allaient bénéficier des deux services.

Dans sa pétition, Mme Côté demande un nouveau calcul de la taxe d’amélioration locale pour payer ces travaux, car elle la juge inéquitable. Elle souhaite donc qu’une firme indépendante établisse le taux, une requête qui laisse le maire pantois. Compte tenu de l’augmentation des coûts, il ne voit pas comment la facture pourrait être partagée autrement.

«Les erreurs ne devraient pas être imputables aux citoyens», insiste Mme Côté. «Il faudrait à tout le moins une répartition plus équitable, peut-être à l’exemple d’Hérouxville.»


« «Les erreurs ne devraient pas être imputables aux citoyens» »
Nathalie Côté

Dans la municipalité voisine, le conseil municipal a décidé de répartir 20 % de la facture à l’ensemble de la population plutôt que de laisser les quelque 193 unités touchées par ce chantier se débrouiller avec cette facture. Une porte que le maire de Shawinigan refuse d’ouvrir.

«Si on veut être équitable avec les autres secteurs qui paient 100 % de leur taxe d’amélioration locale, on ne peut pas se permettre d’ajouter 20 %», fait remarquer M. Angers. «Actuellement, les subventions couvrent environ 70 % des coûts, alors que 83 % était prévu. Peut-on augmenter ça? C’est le travail que nous tenterons de faire, mais dans plusieurs secteurs de la ville, c’est 0 %. Ils payent la totalité de la taxe de secteur.»

Mme Côté salue les démarches que la Ville souhaite entreprendre pour récupérer des sommes, mais elle mentionne que ces négociations s’étendront sur des années, surtout si les tribunaux sont appelés à trancher. Elle considère que les citoyens n’ont pas à financer ces délais.

La dame émet des réserves sur l’impuissance de la Ville au sujet de ces dépassements de coûts.

«Je ne suis pas sûre que vous ayez les mains attachées dans le dos», glisse-t-elle au maire. «Votre choix est de faire payer les citoyens pour les erreurs, les mauvaises évaluations.»

ENGAGEMENT
M. Angers réitère que sa priorité consiste à demander aux deux paliers de gouvernement de respecter l’annonce effectuée à Shawinigan en janvier 2017, selon laquelle le Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux usées accordait 35,7 millions $ pour ce projet. Par contre, étant donné que les soumissions retenues se retrouvaient nettement sous les estimations du projet, l’aide financière a finalement été réduite à 33,9 millions $. La Ville de Shawinigan interpelle ses députés afin que la différence de 1,8 million $ lui soit attribuée, puisque les coûts sont finalement passés de 40,8 millions $ à 52,5 millions $. Ce retour servirait évidemment à réduire la facture du millier de propriétés touchées.

«Je leur ai dit qu’ils nous avaient promis une enveloppe et qu’elle était réservée», résume M. Angers. «Je leur demande donc d’aller jusqu’à cette hauteur, compte tenu de l’éclatement des coûts. Redonnez cet argent aux citoyens! Pour le reste, les démarches seront faites. Nous prendrons nos responsabilités.»

Mme Côté paraissait plus ou moins satisfaite des réponses obtenues du maire.

«Il s’était préparé, avec la publication de son communiqué de presse», rappelle-t-elle au sujet de sa lettre ouverte de mardi.

+ Lettre ouverte de Michel Angers: Un choix responsable et durable

«Il devait sentir la soupe chaude. Par contre, je suis un peu étonnée par sa réponse sur l’asphaltage, quand il dit que c’est une nouvelle infrastructure. C’est un peu décevant d’entendre ça. Ce n’est pas une nouvelle infrastructure; on a refait l’asphalte!»