Quelque part entre Sainte-Thècle et Saint-Tite des chevaux broutent en paix.

Petites Laurentides de Saint-Tite

Parions que vous n'avez jamais entendu cette jolie appellation: petites Laurentides de Saint-Tite. C'est ainsi que le Plan de paysage de la CRÉ Mauricie désigne le paysage de la région de Saint-Tite: ce coin de pays qui fait la jonction entre les basses-terres du Saint-Laurent et la Haute-Mauricie. Dans cet endroit un peu méconnu, l'été somnole paresseusement dans les champs rosis d'asclépiades tandis que l'automne, lui, n'en finit plus de se mirer dans une centaine de miroirs d'eau.
«Durant la première moitié du XIXe siècle, les colons ont continué leur progression vers le nord à l'intérieur des terres des seigneuries laissant toujours plus loin les berges du fleuve Saint-Laurent. Pour cela, ils ont emprunté les chemins de l'eau,» lit-on dans le document. Rappelez-vous, c'est le pays encore un peu sauvage d'Émilie Bordeleau.
Très vite, le développement de très nombreuses scieries va accompagner l'exploitation forestière alors très importante. Par la suite, l'agriculture va se mettre en place dans les bassins des terres riches et limoneuses de Saint-Tite et de Sainte-Thècle. La production sera principalement orientée vers les chantiers forestiers des «Pays-d'en-Haut.»
De nos jours, on trouve aussi dans cette région des pacages pour l'élevage de chevaux et de vaches. Et pour cause, le paysage reflète de plus en plus l'importante influence du Festival western de Saint-Tite. Presque partout où on porte le regard, les écuries, ranchs, manèges, sentiers équestres et fermettes rappellent qu'on est désormais au pays du cheval. Même l'affichage routier signale aux automobilistes que chevaux et cavaliers partagent la route avec eux.
Cette région n'est pas la campagne à proprement parler, ce n'est pas non plus complètement la forêt. L'eau y est très présente, que ce soit sous forme de lacs, très nombreux, ou de rivières modestes ou plus importantes comme la Batiscan ou son affluent la rivière des Envies qui traverse les municipalités de Sainte-Thècle, Saint-Tite et Saint-Séverin. Il y a aussi la petite rivière Pierre-Paul qui se jette dans la Batiscan à la hauteur de Saint-Adelphe: autant de points d'eau, autant de points de vue magnifiques.
Au coeur même de la Mauricie, le relief de ce paysage épouse les contreforts du Bouclier canadien. La combinaison de l'apport sédimentaire et de l'érosion donne «un relief généralement plat ou légèrement ondulé qui est occupé par l'agriculture et que viennent découper quelques collines ou buttes doucement arrondies et principalement boisées de feuillus», lit-on dans le Plan de paysage . Une balade en voiture, à vélo ou à cheval y est très agréable.
Parmi les éléments remarquables du paysage, on signale le chapelet de lacs et le parcSaint-Jean-Optimiste à Sainte- Thècle, les noyaux villageois de Saint-Tite, Sainte-Thècle et Saint-Adelphe, ainsi que de nombreux rangs dont le rangSaint-Joseph derrièreSaint-Adelphe, sans oublier le Chemin du grand marais, àSaint-Tite, lieu de tournage des Filles de Caleb, justement.
Les défis dans cette région sont de préserver l'authenticité du caractère rural de ces paysages, tout en les mettant en valeur, signale le Plan de paysage de la CRÉ Mauricie. Là comme ailleurs, on souhaite aussi préserver l'accessibilité du public aux beaux paysages.