Le ministre responsable de la région, Yves-François Blanchet.

Pertes d'emplois en Mauricie: le ministre Blanchet met un bémol

De passage aux serres Savoura de Saint-Étienne-des-Grès, lundi, le ministre responsable de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Yves-François Blanchet, a mis un bémol sur les constats de Statistique Canada dont l'enquête démontre que la région a connu un affaissement de l'emploi inégalé ailleurs au Québec depuis deux ans.
«Je ne veux pas remettre en question la pertinence de ce genre d'étude-là», dit-il.
Toutefois, nuance-t-il, «on prend le cas de Shawinigan où ils avaient parlé de 3000 emplois perdus, il y a un an, alors que ça ne semblait pas correspondre à la réalité que tous les acteurs économiques et que la municipalité de Shawinigan avaient en main. Et là, cette année, on parle d'une reprise de 1200 emplois. Je ne peux pas croire que la région serait encore en perte d'emplois massive partout et que Shawinigan aurait un gain de 1200 emplois. Ça ne tient pas debout», estime le ministre.
«Donc, il y a un enjeu méthodologique», croit M. Blanchet.
Néanmoins, le portrait démontre que la région «a encore un déficit d'emplois significatif», concède-t-il.
Selon le ministre, le Fonds de diversification économique de 200 millions $ est là pour faire face à la situation.
Le ministre Blanchet estime que la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 par son gouvernement n'explique pas toute la problématique.
«C'est un problème structurel», affirme-t-il. «Et c'est à l'ensemble de ce problème-là qu'un outil comme le Fonds de diversification s'attaque.»
L'économie de la région, rappelle-t-il, a été trop longtemps dépendante des grandes entreprises. Le modèle d'avenir, dit-il, est une économie basée sur la PME à propriété locale, axée sur l'innovation et sur l'exportation.
Le ministre s'est fait rassurant, lundi. «Bécancour est en train de se transformer et il y a un dynamisme entrepreneurial à Shawinigan», illustre-t-il pour montrer que la situation semble prendre un bon tournant.
«Les 200 millions $ dont il reste 190 millions $, à l'heure où l'on se parle, sont le plus bel outil que la région ne peut pas avoir», de conclure le ministre.
Des enjeux importants
De son côté, la ministre déléguée à la Politique industrielle, Élaine Zakaïb, a admis que la région faisait face à des enjeux importants de développement économique. «Les enjeux sont grands et planétaires, d'où notre stratégie Priorité Emploi. On veut créer des emplois de qualité partout au Québec, région par région», a-t-elle conclu.