Sabin Champigny est le président de la Fondation Nathalie Champigny.

Personnes disparues: un projet provincial à Louiseville

LOUISEVILLE — Après que la Ville de Louiseville eut annoncé en début de semaine qu’elle affiche sur son babillard électronique le visage de personnes portées disparues, voilà qu’un projet d’envergure québécoise pourrait voir le jour d’ici l’été prochain à Louiseville et dans trois autres régions du Québec. Les proches d’une femme disparue il y a près de 30 ans en Montérégie s’associent à une femme d’affaires originaire de Louiseville afin de lancer un réseau de panneaux numériques dont le but est de diffuser la photo de personnes disparues.

La Fondation Nathalie Champigny et Lucie Lemay, présidente et gestionnaire des Enseignes Signature L. et Enseignes AMTECH Signature, travaillent depuis près de deux ans à élaborer ce projet évalué à 20 millions de dollars. L’idée est d’installer 125 enseignes partout au Québec, le long des principaux axes routiers, afin de présenter la photo de ces gens dans l’espoir de les retrouver. Ces panneaux pourraient aussi servir à diffuser des alertes Amber.

«Les photos des personnes disparues ne sont jamais assez vues. J’ai une banque de 700 personnes disparues au Québec, le plus vieux dossier de disparition remonte à 1963. On prend les photos à partir des banques de photos des corps de police. Les photos vont être diffusées l’une après l’autre sur nos panneaux», mentionne Sabin Champigny, président de la fondation qui porte le nom de sa soeur disparue depuis le 22 février 1992.

«On sait que lorsqu’une personne est portée disparue, ce sont les premières minutes et les premières heures qui comptent. C’est un projet très humain. J’ai été immédiatement séduite par ce projet. Avec mes concepteurs et mon chargé de projet, on a monté le dossier. Selon moi, ça doit aller de l’avant», souhaite Lucie Lemay, qui assure que les enseignes seront fournies à bon prix.

M. Champigny travaille sur le concept des panneaux d’affichage depuis 15 ans. Il souhaite financer son projet par des revenus de publicité. Chaque panneau numérique diffusera de la pub, ce qui assurera des revenus mensuels variant de 20 000 $ à 60 000 $ par panneau.

Voici à quoi ressemblera une enseigne dédiée à la diffusion de photos de personnes disparues.

En attendant que les revenus de publicité entrent dans les coffres de la fondation, celle-ci a demandé un appui des gouvernements afin de lancer les quatre premiers panneaux à Cowansville, lieu de résidence de la famille Champigny, à Bromont, dans Lanaudière et à Louiseville d’ici l’été. Le panneau prévu pour Louiseville sera installé sur un terrain privé situé le long de l’autoroute 40, dans la partie est de la ville. Quelque 200 000 $ sont requis pour ce panneau de 3,65 mètres sur 7,31 mètres (12 pieds sur 24 pieds) qui sera érigé à 4,87 mètres de hauteur (16 pieds). Les panneaux installés en ville coûteront 125 000 $.

«Il y a du marché pour de la publicité, soutient le président de la fondation. J’ai des commentaires d’entreprises qui sont prêtes à acheter de la publicité. On a demandé au gouvernement une subvention allant jusqu’à deux millions de dollars. Je ne veux pas que le gouvernement paie pour les 125 panneaux. Ce qu’on veut, c’est un coup de main pour partir.»

Sabin Champigny souhaite que les 125 panneaux, un par circonscription électorale au Québec, soient installés d’ici 2022. Par la suite, il a l’intention d’étendre le réseau en Ontario et au Nouveau-Brunswick dans le but éventuel de couvrir la totalité du Canada.

Étant donné que la structure de l’organisme ne lui permet pas de faire des surplus financiers, M. Champigny a l’intention d’utiliser ces surplus afin de soutenir l’achat d’équipements servant au travail de recherche des policiers et pour aider les familles secouées par le drame d’une disparition d’un de leurs proches.

La fondation prévoit acheter des pages de publicité dans les journaux du Québec afin de bonifier la diffusion des photos de personnes disparues.

«Ma sœur avait 21 ans lorsqu’elle a disparu, rappelle Sabin Champigny. C’est un drame que je ne souhaite à personne.»