Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Période de questions des assemblées publiques à Shawinigan: le maire Angers serre la vis

Shawinigan — Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a profité de la rentrée du conseil municipal, mardi soir, pour donner un aperçu des nouvelles directives qui guideront la période de questions des assemblées publiques à compter du mois prochain. Fini les interpellations un peu brusques, le manque de respect et les interventions interminables. La Ville de Shawinigan se dotera d’un code d’éthique pour mieux encadrer cette partie de la séance.

Au fil des mois, certains sujets apportent un degré d’émotivité assez élevé dans la salle du conseil, comme celui de l’interminable chantier autour du lac à la Tortue. Des citoyens pimentent leurs interventions de commentaires parfois acerbes, voire virulents à l’endroit d’élus ou d’employés municipaux. En juillet, le conseiller du district des Boisés, Martin Asselin, avait été directement visé par un participant à l’assemblée publique.

Selon M. Angers, plusieurs citoyens l’ont abordé ou lui ont écrit au cours des dernières semaines pour lui demander de «resserrer la période de questions». Il ne s’agit pas d’une première remarque de ce genre depuis qu’il préside le conseil municipal de Shawinigan et il reconnaît qu’il peine un peu à tracer une ligne claire.

«Les gens me disent qu’ils aiment écouter la séance publique (sur les ondes de NousTV), ils aiment s’informer, mais ils trouvent que certains exagèrent», raconte-t-il. «Certains s’étirent pendant douze, quinze minutes et les gens arrêtent d’écouter. Également, les gens ne tolèrent plus le manque de respect.»

«C’est peut-être un peu de ma faute», reconnaît le maire. «Je suis assez tolérant. Mais j’ai vu des attaques contre certains conseillers, contre la direction générale, contre les employés. Le conseil a décidé que c’était terminé.»

La volonté du maire a été rapidement mise à l’épreuve mardi soir. Robert Houle, un habitué des séances publiques, a déploré que M. Angers soit «naïf» dans l’échéancier des travaux au lac à la Tortue. Le maire est intervenu immédiatement pour lui signifier que ces propos ne seront plus tolérés à l’avenir. Le citoyen sera tout simplement invité à se rasseoir.

M. Angers a pris connaissance du fonctionnement de la période de questions à Trois-Rivières, qui lui semble mieux encadrée et plus respectueuse. Au cours des prochains jours, un code d’éthique sera élaboré et il devrait être présenté à la séance publique du 10 septembre.

«Ça se dégrade», déplore M. Angers. «On n’est pas sur Facebook, ici. C’est une séance publique, des gens nous écoutent. Ils nous trouvent patients! C’est nouveau que les citoyens m’interpellent pour me dire de ne plus laisser faire ça.»

«Ce n’est pas une salle de spectacle», ajoute le maire. «Certains viennent se donner en spectacle, (vous) rapportez systématiquement (leurs propos), alors ils se sentent comme l’étoile du jour et ça les encourage à revenir le mois suivant. C’est probablement de ma faute. Je prends une partie du blâme: je laisse trop de place à l’expression, mais là, le conseil municipal commence à être tanné. On revient toujours avec les mêmes affaires, on répète et on répète. On n’est plus dans une période d’information publique, mais dans un spectacle. Probablement que leurs amis leur disent qu’ils ont été super bons... Mais nous, notre objectif est d’informer les citoyens. La période de questions fait partie de cela. Il y a des règles et nous allons les resserrer.»

Il faut donc s’attendre à ce que ce code d’éthique insiste sur le respect lors des interventions, mais la durée de ces dernières sera sans doute abordée également. Rappelons qu’en principe, le règlement général de la Ville prévoit une période de questions de 30 minutes. À chaque mois, cette durée est amplement dépassée.

«Je permets un préambule, un commentaire, mais c’est une période de questions», nuance M. Angers. «Il y a eu un laisser-aller. Quand tout se fait de la bonne façon, quand les réponses aux questions permettent d’informer les gens, mon travail est fait.»