Le député Donald Martel.

Perchaude: rencontre à la fin mai

Bécancour — Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, tiendra une rencontre entre l’Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre et les députés des circonscriptions riveraines du lac Saint-Pierre dès la fin du mois de mai afin de discuter du moratoire sur la perchaude.

L’Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre, qui regroupe les pêcheurs sportifs, veut interpeller le ministre des Forêts, Faune et Parcs, Pierre Dufour, afin de demander la levée du moratoire sur la pêche à la perchaude au lac Saint-Pierre. Ce moratoire rappelons-le, a été reconduit pour cinq ans en mai 2017.

L’Association a fait le tour des municipalités riveraines du lac Saint-Pierre, au cours de l’hiver dernier, afin de demander à chacune une résolution d’appui pour lever le moratoire. Certaines ont accepté, d’autres ont refusé en se basant sur l’opinion du comité scientifique sur la perchaude dirigé par le professeur Pierre Magnan de l’UQTR selon lequel cette espèce est encore trop fragile pour être soumise sans risque important à une pression de pêche.

L’Association, de son côté, a fait faire une étude indépendante par le biologiste à la retraite Raymond Faucher de Nicolet. Ses conclusions divergent de celle de l’équipe du professeur Magnan.

Le député Martel indique que le comité scientifique du professeur Magnan avait prévu de dresser un bilan de mi-parcours au sujet de cette espèce dont la survie est menacée par des conditions environnementales très détériorées de l’écosystème aquatique du lac Saint-Pierre, notamment, à cause de l’agriculture pratiquée près des rives.

Le député Martel se dit d’ailleurs sensible au fait que la perchaude devrait, en théorie, facilement se reproduire au lac Saint-Pierre, «pourtant, elle ne se reproduit pas», constate-t-il. «C’est long. Il y a certainement des difficultés à des endroits. Il faut prendre conscience de ça», dit-il.

L’étude réalisée par M. Faucher, qui apporte un autre éclairage, permettra, croit-il, de «nous donner des arguments pour challenger le professeur Magnan», dit-il en précisant qu’il ne veut en aucun cas remettre en question par là l’expertise de ce scientifique.

Le député estime qu’il est important, pour bien cerner ce dossier, «d’avoir deux ou trois opinions» différentes pour se faire une tête. L’opinion des municipalités doit également être prise en considération, selon lui. Le député tenait à rassembler les opinions des municipalités avant d’aborder le ministre sur cette question. «Je ne veux pas tuer ce projet» (de lever le moratoire), mais il ne faut pas accélérer les choses», croit M. Martel. «La perchaude, c’est important, mais en même temps, si ça demande des sacrifices pour une couple d’années, je pense qu’il faut les faire», dit-il.

«Je souhaite que dans un avenir le plus proche possible, on puisse recommencer à promouvoir la pêche sportive au lac Saint-Pierre», indique le député.

Donald Martel estime que ce dossier, qu’il suit depuis de nombreuses années, est très important.

«La perchaude pourrait être une marque de commerce de la région», croit-il. «C’est un poisson délicieux, facile à apprêter. C’est notre homard Mauricie et Centre-du-Québec», résume-t-il.