François-Philippe Champagne
François-Philippe Champagne

Penser global, agir local: la solution Champagne

SHAWINIGAN — Penser global, agir local. Ce motto du ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne prend tout son sens sur sa façon de voir la présente crise et l’après COVID-19. Et travaillant surtout à partir de Shawinigan depuis trois semaines, il peut traiter de dossiers internationaux, tels que le rapatriement de Canadiens, tout en gardant un œil sur la situation «inquiétante» du CHSLD Laflèche.

D’ailleurs, quand on lui demande si des militaires vont bientôt y débarquer pour prêter main-forte, le ministre fédéral rappelle que «c’est une demande qui est vraiment dirigée par le gouvernement du Québec».

«Nous, ce qu’on a fait, c’est de mettre des militaires en disposition, mais ce que je comprends, c’est coordonné au niveau provincial avec les autorités de la Santé publique», a-t-il déclaré au Nouvelliste.

Quant au rapatriement des Canadiens à l’étranger, celui-ci rappelle qu’il s’agit de la plus grande opération du genre dans l’histoire du Canada en temps de paix.

«On a rapatrié près de 20 000 personnes en plus de 150 vols en provenance de quelque 70 pays, dont des gens de la Mauricie. Dès qu’il y a quelqu’un de la région que je suis au courant, j’essaie de les appeler», tient-il à préciser.

Sur le plan de l’économie, le député de Saint-Maurice-Champlain n’hésite pas à déployer des efforts pour valoriser l’expertise locale et régionale au profit de grands donneurs d’ordre appelés à contribuer à la lutte contre le coronavirus.

Et pour la suite des choses, il croit que «toute l’importance du secteur agroalimentaire dans notre grande région va être mise de l’avant».

«Il y a un grand mouvement d’achat local. Les gens ont pris conscience que l’achat local nous permettait de favoriser des entrepreneurs de chez nous. On produit déjà beaucoup de choses ici dans la région», observe celui qui donne l’exemple de Pierre Lampron, de Saint-Boniface, avec ses pintes de lait disponibles sur le marché.

Du même souffle, il dit voir des opportunités d’affaires pour la Mauricie, en raison de «la richesse de la diversification économique qu’on a bâtie au cours des dernières années».

Et, dit-il, puisque la région est basée sur la PME, l’énergie verte, l’agroalimentaire et les ressources naturelles, «les gens vont vouloir regarder ce qu’on peut faire de plus dans la région, au Québec et au Canada».

«Les gens vont nous demander de rebâtir, mais de rebâtir mieux et plus vert. La Mauricie peut jouer un rôle clé de leader non seulement au Québec, mais à travers même le pays», soutient M. Champagne.

Quant à la stratégie de son gouvernement visant à injecter plusieurs milliards de dollars pour soutenir à la fois les entreprises et les travailleurs, «c’était la chose à faire», affirme-t-il avec conviction.

«On vit la pire crise depuis les derniers 75 ans. On n’a pas vécu dans notre génération une crise qui est mondiale, qui touche toutes les couches de la société, qui touche des gens autant à Shawinigan qu’à New York qu’en Asie, qui touche la plupart des secteurs industriel, économique, social. J’espère que ça va nous permettre de se remettre en question, de bâtir mieux, plus vert, plus local, plus régional, de dire qu’est-ce qu’on a ici, qu’est-ce qu’on peut faire à partir d’ici et comment on peut utiliser tout ce capital humain qu’on a», confie-t-il.

Et autre atout selon lui, la stabilité du Canada qui «s’en sort relativement bien à l’échelle mondiale». «Les mesures qui ont été prises vont nous permettre de faire une relance économique plus rapide, soutenue et durable», croit l’instigateur d’un groupe de travail regroupant une quinzaine de ministres des Affaires étrangères du G20.

À son avis, c’est le temps d’investir pour faire face à cette crise «qui est sans précédent». «Si on a parlé beaucoup de distanciation sociale, ce qu’on devra faire comme acteurs publics, c’est la cohésion sociale», conclut le ministre Champagne.