La couche de glace qui s'est formée sur la rivière Saint-Anne est déjà bien épaisse.

Pêche au poulamon: première fin de semaine satisfaisante

SAINTE-ANNE-DE-LA-PÉRADE — Alors que certaines activités extérieures sont tombées à l’eau faute de neige et de glace, le village de pêche de Sainte-Anne-de-la-Pérade, lui, a reçu des visiteurs toute la fin de semaine. Les pourvoyeurs ont donc pu profiter du nombre plus restreint qu’à l’accoutumée d’activités hivernales, même s’ils doivent se faire plus convaincants auprès de leurs clients pour leur faire comprendre que l’hiver est bel et bien arrivé chez eux.

Trinh Tran, Thai Nguyen et leur famille, qui sont installés depuis plusieurs années au Québec, en étaient à leur première expérience de pêche au poulamon, dimanche. «Nous en parlions depuis longtemps, mais nous n’avions pas encore eu l’occasion. Cette année, nous en avons parlé au réveillon et avons décidé de venir», raconte Mme Tran.

Cette dernière confirme que le nombre plus limité d’activités hivernales disponibles en raison de l’absence de neige y est pour quelque chose dans la décision de sa famille de tenter cette première expérience la fin de semaine dernière. «Ça a pesé un peu dans la balance, oui», reconnaît-elle.

Le poulamon est au rendez-vous à Sainte-Anne-de-la-Pérade, pour le plus grand bonheur des pêcheurs.

Le fait de voir le porte-parole de l’Association des pourvoyeurs de la rivière Sainte-Anne à la télévision, assurant que la glace était bien épaisse, a achevé de la convaincre de venir dimanche. Le couple, ses enfants et leurs proches sont venus de Montréal et de Laval.

Quelques chalets plus loin, Carol Vigneault et sa famille, venus de la Beauce, étaient à pied d’œuvre pour remplir leur seau de poulamon. «C’est la deuxième fois qu’on vient, la première fois, c’était en 2015. C’est une activité qu’on aime bien faire de temps en temps», indique-t-il.

Dans son cas, c’est plutôt l’agrandissement de la famille qui l’a convaincu de revenir à Sainte-Anne-de-la-Pérade. «On fait découvrir ça aux nouveaux venus dans la famille, puisque plusieurs n’étaient pas encore nés quand on est venu la première fois», explique M. Vigneault.

Alors que l'absence de neige limite le nombre d'activités hivernales, la pêche aux petits poissons des chenaux est bel et bien commencée à Saint-Anne-de-la-Pérade.

Défi supplémentaire

Steve Massicotte ne compte plus le nombre de personnes qui ont appelé pour s’assurer que la rivière Sainte-Anne est bel et bien gelée. «Les gens ne le croient pas parce que souvent, chez eux, les cours d’eau n’ont pas encore gelé et ils ont du gazon dans leur cour au lieu de la neige. Disons qu’on doit faire des efforts supplémentaires pour faire savoir aux gens que la pêche est commencée ici», explique celui qui agit à titre de porte-parole de l’Association des pourvoyeurs de la rivière Sainte-Anne.

Le village de pêche était relativement calme, dimanche, alors que plusieurs cabanes étaient inoccupées. Il faut dire que la saison commence habituellement à battre son plein plus tard en hiver. Le Festival de la pêche aux petits poissons des chenaux débutera le 2 février 2020. Malgré tout, M. Massicotte assure que l’achalandage qu’a connu le village au cours de cette première fin de semaine est très satisfaisant. «Ça va très bien, il fait doux et Dame Nature est de notre côté. Le couvert de glace est sécuritaire et les chalets sont installés. Il en reste seulement une vingtaine à installer sur les 450. Donc, on est prêts à recevoir les gens», souligne-t-il.

Même la pluie verglaçante de vendredi n’a pas vraiment nui aux pourvoyeurs. M. Massicotte a dénombré quelques annulations, en raison de l’état des routes, mais rien de catastrophique. C’est donc en étant plus reposés que l’an dernier que les pourvoyeurs entament cette nouvelle saison. En décembre 2018, alors que la préparation du village de pêche allait bon train, à quelques jours de Noël, une grande partie des cabanes de pêche ont dû être retirées à la hâte de la rivière. La glace était en train de fondre et de craquer en raison d’un redoux combiné à des pluies abondantes. «L’an dernier, c’est sûr qu’on était brûlés. Là, cette année, on a pu prendre ça un peu plus relax», concède M. Massicotte.

Le village de pêche est presque complètement installé sur la rivière Sainte-Anne.

Le poisson est par ailleurs au rendez-vous, assure le porte-parole de l’Association des pourvoyeurs. «On a déjà des pêches entre 50 et 500 poissons. Ce sont de belles conditions de pêche», indique-t-il.

M. Massicotte voit toutefois d’un bon œil la neige qui doit tomber à partir de lundi et qui va, selon lui, rendre l’expérience encore plus agréable pour les pêcheurs.

«La neige va permettre de remblayer les cabanes et de faire un couvert de neige sur la glace. C’est bon, parce que le poulamon n’aime pas trop la lumière», affirme-t-il.