Même s'il n'était pas leur premier choix, les anciens députés souverainistes Noëlla Champagne et Yves Rocheleau se réjouissent de l'élection de Paul St-Pierre Plamondon à la tête du Parti québécois.
Même s'il n'était pas leur premier choix, les anciens députés souverainistes Noëlla Champagne et Yves Rocheleau se réjouissent de l'élection de Paul St-Pierre Plamondon à la tête du Parti québécois.

Paul St-Pierre Plamondon à la tête du PQ: Noëlla Champagne et Yves Rocheleau se disent satisfaits

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Même s'il n'était pas leur premier choix, les anciens députés souverainistes Noëlla Champagne et Yves Rocheleau se réjouissent de l'élection de Paul St-Pierre Plamondon à la tête du Parti québécois. Ils croient par ailleurs que la course à la direction du parti aura permis de révéler au public la profondeur des idées des quatre candidats.

L'ancienne députée péquiste de Champlain, Noëlla Champagne, le reconnaît d'emblée: le nouveau chef n'était pas son «poulain». «Mon candidat, c'était Sylvain Gaudreault. Alors est-ce que je suis déçue? Un peu, bien sûr. Je jouais la carte de la sûreté, de la sécurité. C'est un gars intelligent et qui a su briller dans une période extrêmement difficile, sans compter qu'il est déjà élu à l'Assemblée nationale, ce qui est un avantage», soutient-elle. 

Ce qui ne veut pas dire pour autant qu'elle renie M. St-Pierre Plamondon, assure Mme Champagne. 

«Je reconnais sa volonté féroce de de bien performer dans les deux prochaines années. On va le regarder aller et voir quelle est la réaction dans le comté», dit celle qui, malgré son âge, compte bien demeurer impliquée pour le PQ tant qu'elle pourra le faire. 

Noëlla Champagne, ancienne députée du parti québécois dans Champlain.

Paul St-Pierre Plamondon n'était pas le favori non plus d'Yves Rocheleau, ancien député du Bloc québécois à Trois-Rivières. Il reconnaît toutefois son potentiel. 

«J'ai écouté le discours qu'il a livré hier (vendredi) et je suis très heureux de sa victoire. Il est comme un bon vin: il s'améliore en vieillissant, avec l'expérience qu'il développe. Il a pris beaucoup d'assurance et il a une profondeur de pensée qui m'impressionne. Dans son discours, il a fait preuve de courage en parlant de laïcité et du fédéral, et en louangeant ses adversaires. (Son élection) est une très bonne nouvelle pour le mouvement souverainiste et le Parti québécois», mentionne-t-il. 

Certains ont par ailleurs décrit M. St-Pierre Plamondon comme étant le candidat de la jeunesse au PQ. M. Rocheleau abonde dans le même sens. 

«J'en ai l'impression et c'est une nécessité aussi (de ramener les jeunes au PQ). Les jeunes, la balle est dans leur camp. Il faut qu'ils s'aperçoivent que la situation politique et constitutionnelle au Québec est grave. C'est la survie de l'entité qu'est le peuple québécois francophone qui est en cause», croit-il. 

Yves Rocheleau, ancien député du Bloc québécois dans Trois-Rivières.

Une course menée sur les idées

Mme Champagne se réjouit également que la course à la direction qui s'est terminée vendredi soir au PQ a été menée sur les idées et non sur les attaques personnelles. «Je me réveille ce matin avec un parti en santé, avec quatre candidats qui n'ont pas l'air de vouloir s'entretuer. Ça n'a pas été une campagne en bas de la ceinture. C'était une course à la chefferie à la hauteur de ce qu'on souhaitait», affirme-t-elle. 

L'ex-députée espère à présent que le nouveau chef du PQ saura conserver ses anciens adversaires, surtout Frédéric Bastien et Guy Nantel, près de lui et du parti. Elle affirme par ailleurs avoir été agréablement surprise de leur niveau lorsque ceux-ci ont eu à exprimer leurs idées. 

«J'espère que Paul St-Pierre Plamondon va savoir récupérer ce monde-là et continuer à mener le débat qu'ils ont si bien fait. Il faut fédérer cette force-là. M. nantel, j'ai écouté les trois débats et j'ai lu ce qu'il nous alimentait, les messages qu'il envoyait, et c'était des petites thèses en soi. Je le connaissais comme humoriste et là, je l'ai découvert comme indépendantiste», souligne-t-elle. 

Mme Champagne salue également le travail fait par l'historien Frédéric Bastien, dont elle dit avoir lu les ouvrages. 

M. Rocheleau salue quant à lui le courage des quatre candidats, qui ont fait campagne dans un contexte assez particulier. 

«Ç'a été très difficile, psychologiquement, de faire cette course, parce qu'on est dans une période où on n'a même pas la possibilité de se rassembler. Les quatre candidats et leur équipe ont un très grand mérite pour avoir fait campagne dans ces circonstances», estime-t-il.