Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant
Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant

Pas pour tous, le «petit goût de Noël» au Québec

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Travailleurs de la santé, éducatrices en garderies, commerçants, étudiants en médecine ou en génie : plusieurs Québécois ne pourront pas profiter de ce «petit goût de Noël» autorisé du 24 au 27 décembre. Et «ce n’est pas négociable», tranche le gouvernement Legault.

L’expression du «petit goût de Noël» vient de Gabriel Nadeau-Dubois. Mercredi matin, le co-porte-parole de Québec solidaire a insisté en mêlée de presse, puis à la période de questions au Salon bleu, sur l’importance de permettre aux travailleurs de la santé d’aussi avoir «un petit goût de Noël».

Personne ne le mérite plus qu’eux, insiste M. Nadeau-Dubois. Cela même s’ils ne seront pas en mesure, justement à cause de leur travail, de respecter la semaine d’isolement préventif exigée par les autorités avant de participer à des rassemblements festifs d’au plus 10 personnes durant ces quatre jours bénis.

«Ce que la Santé publique nous a accordé, ce n’est pas négociable. Et ce n'est pas négociable parce que ça peut être dangereux pour la population», a répondu sans détour en chambre le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, en l’absence du ministre de la Santé, Christian Dubé.

«Il est essentiel de respecter sept jours d’isolement avant et après. Il faut vraiment s’en tenir au plan», a poursuivi le Dr Carmant, lui-même neurologue. Il connaît bien les horaires de travail du réseau de la santé et des membres de sa famille qui devront encore s’y plier, dans un mois.

L’opposition libérale ajoute à la liste des oubliés de Noël les éducatrices en garderies et certains cégépiens et étudiants universitaires forcés de passer des examens sur place les 17, 18 et 19 décembre. Les commerçants et petits entrepreneurs aussi.

«Les membres des communautés anglophones qui ont des élections scolaires le 20 décembre doivent-ils choisir entre voter ou voir leur famille à Noël?» a demandé le député libéral Greg Kelley, porte-parole de l’opposition officielle en matière de relations avec les Québécois d’expression anglaise.

«Il a fallu faire des choix», a résumé comme réponse à tous la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, numéro un du groupe gouvernemental parlementaire quand le premier ministre s’absente les mercredis.

«C’est une fenêtre de quatre jours à l’intérieur de laquelle on espère que la majorité des familles vont trouver une façon de se retrouver. On en appelle à plus de flexibilité possible de la part des employeurs, en souhaitant que chacun puisse se gouverner en accord avec les recommandations de la santé publique», a affirmé Mme Guilbault.