Le député conservateur Gérard Deltell profite de sa tournée en région pour visiter des entreprises.

«Pas en mode chasse, mais à l’écoute»

LOUISEVILLE — Après le chef conservateur Andrew Scheer et le lieutenant québécois Alain Rayes, c’est au tour de Gérard Deltell de débarquer en région. Pendant deux jours, le député fédéral de Louis-Saint-Laurent rencontre des élus et des gens d’affaires en plus de visiter des entreprises dans les comtés de Berthier-Maskinongé et Bécancour-Nicolet-Saurel.

Va-t-il en profiter pour tenter de convaincre Louis Plamondon de joindre les rangs du Parti conservateur? «On n’est pas dans le mode de dire aux gens: ‘‘changez de parti et traversez la chambre’’. On n’est pas en mode chasse, mais à l’écoute. Je ne prends pas le téléphone pour appeler du monde pour venir chez nous, mais la porte est ouverte. On est plus à l’écoute que faire de la trompette partisane», a-t-il expliqué en entrevue au Nouvelliste.

Selon lui, beaucoup de Québécois se rendent compte de plus en plus que les conservateurs d’Andrew Scheer constituent «la seule alternative réaliste et responsable face au gouvernement Trudeau».

«La souveraineté n’est plus du tout à l’ordre du jour, il est temps de s’occuper correctement de nos affaires. Le Parti conservateur a toujours été respectueux et attentif des provinces et du Québec en particulier. Des Michel Gauthier de ce monde, on en rencontre des dizaines par semaine qui nous disent: ‘‘vous êtes la vraie alternative’’», soutient M. Deltell. «On a une approche qui se veut positive. On n’est pas contre M. Plamondon ni Mme Brosseau, on est pour nous, et à l’écoute de ce que les Québécois veulent nous dire», renchérit-il.

Même si Trois-Rivières ne fait pas partie de son itinéraire, celui-ci se plaît à souligner comment le maire Yves Lévesque fut «très enthousiaste lors de la visite de notre chef, de sa prise de carte de membre et de sa participation à notre congrès à Saint-Hyacinthe».

«Je pense qu’il ferait un excellent candidat. La décision lui appartient. Ce n’est pas en tirant sur une fleur qu’elle va pousser plus vite. Laissons les choses aller. J’étais très heureux de revoir Yves que je connais depuis des années, je l’ai senti extraordinairement enthousiaste à notre endroit et c’est réciproque», affirme M. Deltell.

Interrogé au sujet d’un projet de train à grande fréquence qui passerait à Trois-Rivières, il rappelle «qu’on a toujours été très positif par rapport à ça».

«Notre lieutenant politique Alain Rayes l’avait d’ailleurs dit quand il était venu pour la première fois. Il avait montré beaucoup d’intérêt à ça, beaucoup d’ouverture. Maintenant, évidemment, il faut chiffrer tout ça. Oui, on est ouvert et on regarde ça de façon très positive parce qu’on pense que c’est la façon de relier dorénavant les grands centres. Quand on parle de projet structurant, c’en est un et on est très favorable à cette position. On aura l’occasion de le détailler plus précisément», a-t-il précisé.

Et l’aide fédérale à la presse écrite? «Ça dépend de quelle demande on parle. Le fait que le gouvernement subventionne directement un média, nous, on n’est pas favorable à ça. On met le doigt dans l’engrenage et ça cause des grandes préoccupations en matière d’objectivité pour la suite des choses. Ce ne sont pas des choses avec lesquelles on est d’accord. Pour avoir pratiqué le journalisme pendant 20 ans, moi, je disais tout le temps: ton patron, c’est l’auditeur, c’est le lecteur. C’est sûr qu’il y a quelqu’un qui signe ton chèque de paie. Quand celui qui signe ton chèque de paie, c’est lui que tu dois couvrir après, ça pose des gros problèmes. Il n’y a personne qui est à l’aise dans des situations comme ça», fait-il valoir.

D’ailleurs, dit-il, «ce que propose entre autres le groupe du journal La Presse, honnêtement, c’est en pays neuf, c’est de l’inédit». «J’ai beau essayer de trouver un précédent là-dedans, je n’en vois pas. Si on m’avait dit sérieusement il y a six mois, tu vas voir, Power Corporation, une des entreprises les plus capitalistes de l’histoire du Canada, va créer un OSBL, je serais parti à rire.»

Et que pense-t-il d’éventuels avantages fiscaux? «Il faut que ça s’applique dans les entreprises en général. Les conservateurs, on n’est pas des champions des subventions, on est très rigoureux par rapport à ça», a-t-il conclu.