L’intersection de la 3e Avenue et de la 8e Rue constitue un point chaud pour la circulation de camions lourds, selon plusieurs résidents du secteur.

Pas de voie de contournement

SHAWINIGAN — La Ville de Shawinigan n’a pas du tout l’intention de se lancer dans des travaux pour aménager une voie de contournement dans le secteur Grand-Mère, afin que les véhicules lourds qui se rendent chez Maskimo empruntent un autre itinéraire que la 8e Rue et la 3e Avenue. Or, l’éventail des possibilités n’est pas très élaboré, de sorte que l’espoir d’une réduction naturelle de la circulation indésirable dans ce secteur semble devenir la voie privilégiée par le conseil municipal.

Quelques résidents de la 8e Rue se sont déplacés à la séance publique du 20 novembre afin de questionner le maire sur les solutions envisagées pour régler ce problème. En octobre, ils avaient monopolisé une partie de la période de questions pour partager les inconvénients causés par le bruit et la poussière de ces camions, sans compter les dangers qu’ils représentent pour les enfants, avec des écoles et des terrains de jeux dans le même secteur. L’un de ces résidents, Denis Bordeleau, avait mentionné que certains jours, plus de 300 camions avaient circulé sur la 8e Rue l’été dernier.

Des vérifications ont été faites au cours des dernières semaines et des mesures ont été prises, mentionne Gaétan Béchard, directeur général à la Ville.

«Nous avons contacté les contrôleurs routiers du ministère des Transports pour leur signaler la situation», explique-t-il. «Nous avons installé des radars pour valider la vitesse sur la 8e Rue. Nous avons aussi contacté Maskimo pour demander aux camionneurs de respecter les limites de vitesse et de faire attention à la présence d’enfants, bref d’adapter leur conduite.»

M. Béchard rappelle que Maskimo fournissait la pierre pour le chantier d’installation d’un réseau d’égout et d’eau potable dans le secteur Lac-à-la-Tortue, ce qui a sans doute provoqué un achalandage inhabituel.

Jacques Bertrand, vice-président exécutif chez Maskimo, avait déjà confirmé une hausse de volume à la carrière du secteur Grand-Mère cette année en raison de ces importants travaux. Il estime que ce contrat est complété à 90 %. Par contre, la durée de vie de cette carrière n’arrive pas à son terme prochainement.

«Le volume devrait baisser l’an prochain, mais nous sommes une entreprise privée», rappelle M. Bertrand. «Je ne vois rien à l’horizon pour le moment, mais il pourrait y avoir un appel de soumissions majeur pour nous ou pour quelqu’un qui s’approvisionne chez nous.»

Lors d’une période d’observation réalisée du 19 au 26 octobre, la Ville a recensé que 85 % des véhicules qui ont passé sur la 8e Rue roulaient à 51 kilomètres heure et moins, des données qui concordent avec un exercice semblable réalisé du 4 au 28 août.

«Nous avons eu des constats visuels sur le terrain en ce qui concerne le nombre de camions», ajoute M. Béchard. «C’était un échantillonnage assez restreint, mais c’est sûr qu’on n’arrivait pas à 300 camions par jour. De plus, nous observions que les chauffeurs adaptaient leur vitesse lorsqu’il y avait des personnes sur le bord de la rue.»

Trajet optimal

Il reste maintenant à la Ville à déterminer le «trajet optimal» pour ces véhicules lourds. Or, les choix demeurent assez limités: l’itinéraire actuel par la 8e Rue ou encore le chemin des Bois-Francs. Des mesures pour réduire le bruit sont également analysées.

Le maire, Michel Angers, ne semble pas très intéressé à pelleter le problème ailleurs.

«Il faut que les camions passent quelque part et que les fondations soient suffisamment solides», commente-t-il. «Si on détourne par le chemin des Bois-Francs, ces résidents vont nous demander pourquoi on fait ça...»

«On regarde des voies alternatives qui dérangeraient le moins de monde possible», réitère le maire. «Nos spécialistes nous ferons des recommandations et nous serons ensuite en mesure de prendre une décision.»

En 2007, une étude avait été réalisée pour l’aménagement d’une voie de contournement dans ce secteur. Ses coûts étaient alors évalués à 8,5 millions $, ce qui représente 10,2 millions $ en dollars d’aujourd’hui.

M. Angers ferme la porte à ce scénario. «On ne prendra pas la voie ferrée pour refaire une route à ces coûts», tranche-t-il.

La solution pourrait-elle passer par la division des passages entre le chemin des Bois-Francs et la 8e Rue? M. Bertrand n’est pas fermé à cette idée, précisant qu’une rencontre devrait être organisée avec la Ville avant la fin de l’année.