Le maire de Shawinigan, Michel Angers.
Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Pas de taxe COVID-19, assure Michel Angers malgré un manque à gagner anticipé de 2 à 3 millions $

Shawinigan — Même si la crise de la COVID-19 creusera un trou de deux à trois millions de dollars à la Ville de Shawinigan au terme de l’année 2020, pas question de refiler une taxe spéciale aux citoyens pour renflouer cette perte. Le maire, Michel Angers, en donne l’assurance. 

«Je ne peux pas présumer que nous aurons une aide gouvernementale spéciale», reconnaît-il. «Il faut donc être prudent. Mais la dernière chose que nous ferons, c’est refiler la facture de la COVID aux citoyens.»

«Déjà, les gouvernements provincial et fédéral mettent beaucoup, beaucoup d’argent sur la lutte à la pandémie», ajoute-t-il. «Ce n’est pas la Banque mondiale qui va payer pour tout ça! Ce sera à nous et aux générations qui vont suivre à payer ces déficits très importants. Le conseil municipal va donc s’assurer que peu importe l’aide gouvernementale, nous ferons en sorte que les coûts et les impacts de la pandémie ne se retrouvent pas sur le compte de taxes de janvier.»

Mardi, la Ville de Shawinigan a joint sa voix à celle de l’Union des municipalités du Québec pour réclamer une compensation. Les états financiers de 2019 devraient être déposés à la séance régulière du 9 juin, mais le passé laisse croire que l’excédent ne couvrira pas les impacts de l’actuelle pandémie. 

Par exemple, en 2018, le surplus avait atteint tout près de 1,1 million $. En fait, depuis la fusion municipale, la Ville de Shawinigan a dégagé un surplus de plus de deux millions de dollars à seulement trois occasions: en 2008, en 2010 et en 2017. Au 31 décembre 2018, le solde de l’excédent non affecté atteignait sept millions $.

«Si on ne veut pas imputer ces frais aux citoyens, nous devrons regarder d’autres façons de nous financer», réfléchit M. Angers. «Mais ce ne sera pas par une taxe spéciale. Vous ne verrez pas ça avec moi aux commandes. La COVID a touché financièrement plusieurs citoyens. Nous n’en rajouterons pas sur le lot.»

Plan A

Pour le moment, le plan A consiste à convaincre Québec et Ottawa de débloquer des fonds spéciaux pour absorber les coûts exceptionnels et le manque de revenus provoqués par la pandémie.


«Nous sommes en première ligne», rappelle M. Angers.


« Nous sommes dans l’action, on s’occupe de la COVID. Y a-t-il moyen que nous soyons compensés? »
Michel Angers

Pour expliquer le trou appréhendé, le maire fait remarquer que plusieurs activités de loisirs ont été annulées par les municipalités au cours des dernières semaines, entraînant un important manque à gagner. Par ailleurs, la Ville accuse des pertes par rapport à l’obtention de droits de mutation, des revenus provenant des carrières et sablières et des activités de construction, en raison de la pause économique.

Sur ce volet, difficile de prédire ce qui constituera des pertes irrécupérables ou des délais dans l’encaissement des sommes budgétées. 

«Ceux qui avaient prévu des travaux et qui ont perdu leur emploi ou qui sont sur la prestation canadienne d’urgence (PCU), ces revenus que nous avions anticipés ne seront pas au rendez-vous», évalue M. Angers. «Il y a un certain pourcentage de gens qui ne concrétiseront pas de projets en raison de l’inquiétude, de l’incertitude. On dit que plusieurs entreprises vont tomber. Ça va être vrai!»

«En plus, tout ce qui touche les amendes, les pénalités, nous constatons une perte assez importante de ces revenus.» Même raisonnement en ce qui concerne les reports de paiement de taxes ou l’annulation des frais d’intérêt pour retard.

On sait déjà que la Régie de transport en commun de Shawinigan a encaissé toute une gifle depuis le début du printemps. Après un début d’année prometteur, la fréquentation du transport régulier a dégringolé de 38 % en mars et de 72 % en avril. Gratuit depuis le 1er avril, le service redeviendra payant à compter du 1er juin. Mais déjà, une perte d’un demi-million de dollars est appréhendée à la RTCS.

L’administration municipale a également dû équiper l’hôtel de ville et le garage municipal de nouvelles mesures de protection. Les employés en télétravail ont aussi dû être appuyés.

Au début de la crise, la Ville avait annoncé la mise à pied temporaire de 124 employés, dont une trentaine de cols blancs. La majorité d’entre eux sont revenus au travail depuis le début du mois.

M. Angers précise que le manque à gagner anticipé de 2 à 3 millions $ tient compte des économies réalisées avec ces mises à pied temporaires.