L’imposition de tarifs supralocaux pour les équipements sportifs, dont le soccer, à Trois-Rivières est reportée d’un an.

Pas de tarifs supralocaux à Trois-Rivières en 2019

TROIS-RIVIÈRES — Devant l’impossibilité d’en arriver à une entente avec plusieurs municipalités environnantes, la Ville de Trois-Rivières vient de repousser d’une année l’implantation de sa politique de tarifs supralocaux. Une réflexion est d’ailleurs déjà amorcée afin de revoir les termes de cette politique, et pourrait notamment revoir les catégories de sports touchés de même que les tarifs imposés. Une nouvelle qui a notamment réjoui plusieurs associations de sport amateur sur le territoire.

La Ville demeure toutefois claire sur un point: il y aura implantation de tarifs supralocaux. Mais au terme de la réflexion qu’elle s’impose, ils ne seront peut-être pas de la même nature que ceux annoncés il y a quelques mois. «Les municipalités seront rencontrées dans les prochaines semaines, il y a des décisions qui vont être prises à l’interne. Chose certaine, on demeure avec cet objectif d’équité envers nos propres contribuables. Nos gens ici paient pour les infrastructures, on souhaite trouver un juste milieu pour que les utilisateurs d’ailleurs qui utilisent ces infrastructures puissent également contribuer. On demeure avec cet objectif-là, c’est juste que l’application ne se fera pas en 2019 mais en 2020», explique Cynthia Simard, responsable des communications pour la Ville de Trois-Rivières.

Rappelons que la Ville avait choisi, à l’automne 2018, d’aller de l’avant avec l’imposition de frais supralocaux aux municipalités dont les résidents viennent pratiquer un sport sur son territoire, une politique qui s’inscrivait dans un souci d’équité avec les contribuables trifluviens, dont les taxes servent notamment à payer l’entretien de ces infrastructures.

Ainsi, pour les activités nautiques et aquatiques, la facture devait grimper de 138 $. Les sports de gymnase augmentaient de 144 $. Pour ce qui est des sports dits «de pelouse», par exemple le soccer ou le baseball, la facture augmentait de 311 $ pour chaque usager. Finalement, les amateurs de sports de glace, dont le hockey, devraient débourser 716 $ de plus pour pratiquer leur sport à Trois-Rivières.

Si quelques municipalités, dont Bécancour et Saint-Maurice, avaient accepté de faire un bout de chemin sur ces tarifs, plusieurs autres se disaient incapables d’assumer cette facture, qui aurait dû alors être refilée directement aux citoyens, ce que ne souhaitait pas forcément la Ville de Trois-Rivières. «Il y a une réflexion qui s’est poursuivie au sein de la direction des loisirs. Il y a des décisions qui vont se prendre au cours des prochaines semaines. On est ouvert à revoir les catégories, à revoir certains tarifs, aussi les modes d’application. Est-ce qu’on applique à 100% les tarifs dès la première année ou on l’étale? Tout ça est sur la table», signale Mme Simard, précisant qu’une ébauche de proposition est déjà en préparation.

«Il y a déjà quelque chose qui a été présenté la semaine dernière à la Commission des loisirs. On doit aussi présenter ce projet-là au maire et au conseil municipal. Ça bouge encore, il n’y a rien de fixe. Il y a une ou deux villes à qui ce projet a été présenté et qui trouvaient que ça faisait du sens. On est sur la bonne voie, on pense que ça va être mieux accepté, mais on demeure toujours avec le même objectif d’équité envers nos citoyens», ajoute Mme Simard.

Clubs sportifs

La nouvelle a été accueillie favorablement par les différentes associations sportives du territoire, qui craignaient dès l’annonce de l’imposition de ces tarifs une baisse sur les inscriptions. Au Club de soccer de Trois-Rivières, on n’a pas noté une diminution significative des inscriptions pour cette saison, mais le club ne cache pas que l’inquiétude des parents était là.

«Dans certaines catégories qui n’étaient pas offertes dans leurs municipalités, nous avions décidé de faire notre bout de chemin et de proposer des réductions de tarifs d’inscription pour ne pas pénaliser les joueurs et leurs familles. Ça avait rassuré les parents inquiets. En général, les parents comprenaient bien le principe derrière l’imposition des tarifs supralocaux, mais je crois que c’est davantage le niveau des tarifs qui a fait sursauter», constate le président du club, David Cossette.

Ce dernier dit bien comprendre le principe d’utilisateur-payeur, et ajoute qu’il aimerait que dans cette réflexion que la Ville s’impose en ce moment, les associations sportives soient consultées. «On aimerait pouvoir participer à la discussion. On a des choses à proposer. Nous aussi, nous sommes des citoyens de la ville, on comprend le principe. Notre association regroupe près de 2000 membres et on pense qu’on peut apporter beaucoup à la réflexion», considère-t-il.

Pour le président de Hockey Mauricie, René Leclair, la nouvelle est également très positive. «Je suis content d’apprendre que la Ville s’impose cette réflexion. On l’accueille très favorablement», mentionne-t-il, ajoutant que l’annonce de l’imposition de ces tarifs avait fait vivement réagir auprès des différentes associations de hockey mineur. Hockey Mauricie suivra avec attention la suite de ce dossier, mais se réjouit d’apprendre le report de cette politique, à quelques semaines de l’ouverture des inscriptions pour la prochaine saison.