Pas de propagande acceptée sur le campus de l'UQTR

Un étudiant en histoire, Jean-François Veilleux, vient de se heurter à la politique de l'UQTR selon laquelle la propagande, qu'elle soit politique ou religieuse, n'est pas acceptée sur le campus.
M. Veilleux voulait tenir une activité d'information, le 21 janvier, concernant le drapeau du Québec dans le cadre du jour de l'anniversaire où il a été hissé pour la première fois au Parlement de Québec.
Le problème, c'est que M. Veilleux avait fait sa demande au nom de l'Association des étudiants souverainistes, laquelle n'est pas reconnue par l'UQTR.
Jean-François Veilleux a dû refaire sa demande, cette fois en son nom personnel et ce n'est qu'à ce titre qu'il pourra présenter son activité.
«Ça n'a pas rapport avec le sujet», assure Jean-François Hinse du service des communications. «Si l'association n'est pas reconnue, elle ne peut pas avoir de locaux, surtout quand on pense que c'est pour faire de la propagande plutôt que de l'information», précise-t-il en se référant à l'expérience vécue avec les Raëliens, il y a quelques années, alors que l'UQTR avait montré la porte à l'organisme Clitoraid.
M. Veilleux est conscient que l'UQTR «ne reconnaît aucune association étudiante à caractère politique».
«Pourtant, dit-il, ils ont des associations religieuses. On a toujours déploré ne pas être reconnu par l'UQTR», ajoute-t-il.
«C'est triste que l'Université, qui donne des kiosques à des associations religieuses et même à des militaires qui viennent recruter des membres», refuse le même privilège à des militants politiques déplore M. Veilleux.
D'autres organisations, comme la cellule des jeunes de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie ainsi que des cellules indépendantistes de différents partis, aimeraient aussi être reconnues par l'UQTR.
«On aimerait amener des conférenciers à l'UQTR, mais c'est vraiment difficile, constate-t-il. On se fait toujours fermer la porte aussitôt qu'il y a le mot politique», dit-il.
L'Association générale des étudiants de l'UQTR, qui est reconnue par l'Université, ne vit pas ce genre de situation. À de nombreuses reprises, l'AGÉUQTR a invité des politiciens de tous azimuts, en particulier dans le cadre des diverses campagnes électorales sans en être empêchée.
Il s'agit donc d'une question de reconnaissance. «Tout groupe, à caractère politique ou religieux qui vient ici pour faire de la propagande, c'est non. Mais s'ils font une demande où il y a de l'information et de l'enrichissement académique - ça peut être religieux ou ça peut être politique - il n'y a pas de problème. C'est oui. Mais il faut que l'association soit reconnue. La propagande et la sollicitation sont interdites», explique Jean-François Hinse.
En décembre 2006, l'organisme Clitoraid, lié au Mouvement raëlien, avait été expulsé des murs de l'UQTR alors qu'il s'y était présenté dans le but de se faire connaître et d'y faire une collecte de fonds.
«Le drapeau du Canada, le drapeau du Québec, c'est quelque chose de culturel, mais c'est juste dans la façon de présenter», explique M. Hinse.
«S'il veut présenter l'historique du drapeau, on veut», assure-t-il.