Le ministre du Commerce international et député fédéral de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, en entrevue éditoriale au Nouvelliste.

Pas de problème avec la candidature de Lévesque

Trois-Rivières — Même si le maire Yves Lévesque risque de se retrouver dans le camp adverse en devenant le candidat conservateur dans Trois-Rivières, le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, se montre plutôt bon joueur.

«J’ai de très bonnes relations avec l’ensemble des maires. Je travaille très bien avec lui depuis le début et on va continuer de travailler ensemble. Ce n’est pas la première fois qu’il caresse l’idée», a-t-il confié dans une entrevue éditoriale accordée lundi au Nouvelliste.

Celui-ci a d’ailleurs évoqué «une belle annonce» prévue plus tard en journée à la Société de transport de Trois-Rivières. Sauf que le premier magistrat y était absent, au profit du dévoilement du nouveau service téléphonique 311 à la Ville qui avait pratiquement lieu au même moment.

«Je ne connais pas son horaire et je ne commente pas l’horaire des autres», a dit le ministre à la suite de la conférence de presse à la STTR.

Or, le député fédéral de Saint-Maurice-Champlain a tenu à souligner que «c’est un jeu d’équipe quand on se lance en politique fédérale». «Il faut savoir pourquoi on va là-bas et mettre les gens d’abord», a-t-il lancé.

Le mois dernier, le chef des conservateurs du Canada, Andrew Scheer, et Yves Lévesque avaient pris le petit-déjeuner ensemble, mettant alors la table à une éventuelle candidature conservatrice du maire dans Trois-Rivières aux élections fédérales de 2019.

«Je suis en grande réflexion. Si je vais là, ce n’est pas pour être assis en arrière ni pour faire la parade, mais la différence. Le dernier député au pouvoir, c’était PH Vincent. Ça fait quand même 25 ans. Je pense qu’on serait dû pour en avoir un autre. Je vais là pour défendre les intérêts, amener des projets et les réaliser, comme je l’ai fait dans le monde municipal», avait alors indiqué M. Lévesque.

À cette même occasion, il avait fait savoir qu’il lui restait deux dossiers à régler et qu’ils étaient de nature fédérale: des vols à l’aéroport et un train à grande fréquence (TGF).

Dans le premier cas, le ministre Champagne dit travailler à créer un écosystème et des conditions gagnantes. «Il faut se différencier et se donner une mission», soutient celui qui vante au passage la présence de Premier Aviation.

En ce qui concerne le TGF, il parle d’un projet «important et structurant». «C’est un outil de développement économique et récréotouristique. Il y a cet investissement de huit millions de dollars pour une analyse plus détaillée et le remplacement des locomotives est de bon augure», fait-il remarquer.

Du même souffle, le député fédéral admet que «les gens aimeraient que ça se réalise rapidement». «C’est un projet à longue haleine. Je serai toujours là. On peut compter sur moi», renchérit-il.

Alors que son gouvernement se laisse tirer l’oreille pour donner un coup de main à la presse écrite, M. Champagne considère que «le fait qu’on en parle est une reconnaissance».

«Dans la région de la Mauricie, on est bien servi. Comme citoyen, je constate l’importance des médias régionaux. Il faut maintenir des institutions fortes, mais s’assurer de bien faire les choses», a-t-il prudemment déclaré, ne voulant se compromettre en vue du budget fédéral 2019.

D’ailleurs, M. Champagne a bien l’intention de solliciter un autre mandat l’an prochain, étant visiblement fier des quelque 220 millions de dollars investis par son gouvernement en Mauricie, tantôt dans les infrastructures, tantôt en tourisme, en passant par le centre fiscal. «On est à la table des décisions. On n’est pas spectateur», souligne celui pour qui l’allocation canadienne aux enfants constitue sa plus grande fierté, touchant 18 000 enfants et 10 000 familles de son comté, pour des revenus additionnels nets de 7000 dollars par année.

Comme ministre du Commerce international, il se plaît à ouvrir les marchés aux entreprises de sa région, à travers les différents accords impliquant le Canada. «Je suis ambassadeur de l’excellence», a-t-il conclu.

«Je salue son engagement»

«Je salue son engagement, après plus de 17 ans de politique active. Je respecte son choix. Je sais ce que ça représente au niveau personnel et familial». Voilà comment le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, a commenté la décision de Julie Boulet de tirer sa révérence.

Selon lui, la députée de Laviolette a fait beaucoup pour la Mauricie. «Et c’est une région qui a encore besoin d’être à la table des décisions. Que le prochain candidat soit une voix forte pour la Mauricie pour reprendre le flambeau», a-t-il laissé savoir en entrevue au Nouvelliste.

Celui-ci dit avoir travaillé conjointement avec Julie Boulet sur divers dossiers. «Tous les deux, nous sommes près de notre monde», a-t-il indiqué tout en refusant de dire si sa décision l’avait surpris «compte tenu que je ne connaissais pas son état d’esprit». «On a bien travaillé ensemble», assure le député fédéral de Saint-Maurice-Champlain.

Avec la collaboration

de Martin Lafrenière