Le contrôle des insectes piqueurs a animé à nouveau la période des questions à la séance du conseil municipal de Shawinigan, mardi soir.
Le contrôle des insectes piqueurs a animé à nouveau la période des questions à la séance du conseil municipal de Shawinigan, mardi soir.

Pas de nouvelle consultation sur les insectes piqueurs à Shawinigan

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Même si le sujet revient de plus en plus régulièrement aux séances régulières du conseil municipal de Shawinigan, le maire, Michel Angers, indique que les élus n’ont pas l’intention d’organiser un processus de consultation publique sur la pertinence de procéder à l’épandage d’un larvicide biologique pour contrôler la présence des insectes piqueurs.

En séance publique mardi soir, cinq des neuf questions transmises par écrit par les citoyens portaient sur ce sujet. Richard Dubé a suggéré au maire d’organiser une tenue de registre pour permettre à la population de se prononcer, mais M. Angers a fermé la porte.

Rappelons qu’en 2007, le conseil municipal de Shawinigan avait décidé de mener une consultation publique pour vérifier si les citoyens seraient prêts à payer 50 $ par année pour bénéficier du contrôle biologique des insectes piqueurs. Environ 80 % des 4000 répondants avaient alors répondu «non» à cette question, incitant les élus à ne pas aller de l’avant.

En 2012, le conseil municipal avait réalisé un projet pilote dans le secteur Saint-Gérard-des-Laurentides. Les commentaires recueillis à ce moment avaient convaincu les élus d’étendre ce service à l’ensemble de la ville. En 2020, une taxe spéciale de 39,75 $ est prélevée à chaque porte pour payer l’épandage de ce larvicide biologique réalisé par l’entreprise GDG Environnement.

M. Angers entend et respecte les réserves émises au sujet de ce produit, mais selon lui, elles demeurent minoritaires à Shawinigan.

«Dans une consultation, ça dépend toujours de la question qu’on pose», souligne-t-il, rappelant que l’accent avait été mis sur le coût du service en 2007.

«À ce moment, c’était peu connu», ajoute le maire. «En 2015, quand nous avons interrompu ce service, ça n’a pas été très amusant. Quand les gens ne sont pas contents, ils s’expriment. En 2015, tous ceux qui n’étaient pas contents s’étaient exprimés et il y avait eu un raz-de-marée. Ça roule depuis ce temps et le conseil municipal ne sent pas le besoin de refaire de consultation publique.»

«Le gouvernement fédéral autorise l’épandage du Bti, nous avons un certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement. Toutes les études de nos experts nous disent qu’il n’y a pas d’impact sur l’écologie. On va donc écouter nos experts et aller de l’avant, parce que c’est ce que les citoyens veulent.»

Des gens se demandent également si en pleine crise de la COVID-19, la Ville de Shawinigan ne devrait-elle pas consacrer son argent à d’autres priorités qu’au contrôle des insectes piqueurs. Or, le maire rappelle que la facture de 827 000 $ est entièrement absorbée par la taxe spéciale refilée aux contribuables. Au début du programme, la moitié du montant était épongée par le surplus accumulé de la Ville.

«On n’a pas le droit de faire autre chose avec les revenus de cette taxe», mentionne le maire. «C’est illégal! Si le conseil municipal décidait de ne plus le faire, il enlèverait simplement la tarification.»

M. Angers précise que le ministère de l’Économie et de l’Innovation permet à GDG Environnement de procéder à l’épandage au cours des prochaines semaines, malgré le contexte de la COVID-19.

«L’entreprise a l’aval du ministère de l’Environnement et de celui de l’Économie, alors elle va de l’avant», laisse-t-il tomber. «De notre côté, nous respectons le contrat que nous avons signé.»