Dans l’ordre habituel, on retrouve le président-directeur général par intérim du CIUSSS MCQ, Carol Filion, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, la présidente de la Table des MRC du Centre-du-Québec, Geneviève Dubois, le maire de Drummondville, Alexandre Cusson et le ministre responsable du Centre-du-Québec, André Lamontagne.

Pas de CISSS au Centre-du-Québec

DRUMMONDVILLE — Malgré ses engagements électoraux pour un Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) spécifique au Centre-du-Québec, le ministre régional André Lamontagne a vu sa collègue Danielle McCann annoncer plutôt des ajustements administratifs sur la rive sud, mais toujours à l’intérieur du CIUSSS qui couvre les deux régions.

De son propre aveu, le député de Johnson a expliqué vendredi qu’il aurait été difficile de «remettre la pâte à dent dans le tube» sans mettre en péril les soins offerts, sans compter les coûts d’une scission évalués à 25 millions de dollars.

«Ce n’était pas la chose à faire. Cela aurait déstabilisé l’établissement», a commenté la ministre de la Santé et des Services sociaux, préférant mettre l’argent dans les services, a-t-elle dit.

Celle-ci a donc annoncé le dépôt d’un projet de loi permettant la mise en place de certaines mesures en matière de santé et de services sociaux liées au statut géographique particulier de la région sociosanitaire de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Ainsi, en vue de reconnaître le caractère distinct du Centre-du-Québec, la désignation d’un président-directeur général adjoint (PDGA) responsable du Centre-du-Québec fait partie des mesures annoncées.

En effet, le projet de loi prévoit l’introduction d’une nouvelle règle qui permettra au président-directeur général du CIUSSS d’être assisté par deux présidents-directeurs généraux adjoints. Les fonctions de l’un de ceux-ci seront exercées spécifiquement eu égard au Centre-du-Québec, notamment afin de s’assurer que les préoccupations émanant des milieux communautaires, médicaux, municipaux et politiques de cette région administrative soient entendues.

Par ailleurs, un centre administratif sera implanté à Drummondville: le PDGA consacré au Centre-du-Québec y sera basé en plus d’avoir un bureau à Victoriaville. «Cela lui assurera d’être constamment dans la région et d’avoir une connaissance plus fine des réalités régionales. Le gouvernement veut ainsi faciliter une prise de décision rapide sur des enjeux propres à la région administrative et ainsi favoriser une plus grande efficacité clinique. De plus, ce bureau va servir aux différents acteurs régionaux en donnant un meilleur accès à ce PDGA», a-t-on souligné lors du point de presse tenu à Drummondville.

En plus d’avoir un PDGA affecté à temps plein à la région, la présence et l’implication des cadres supérieurs seront rehaussées au Centre-du-Québec dans l’objectif de favoriser une connaissance plus fine des réalités des communautés et d’assurer des prises de décisions plus rapides, a-t-on fait savoir.

Si le bureau de la Direction du soutien à l’autonomie de la personne âgée, situé à Nicolet, consolidera l’expertise développée par ce réseau local de services auprès des aînés, la Direction générale adjointe des programmes de santé physique généraux et spécialisés sera localisée au Centre-du-Québec.

Le président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers du CIUSSS MCQ (SPPSAM-CSN), Pascal Bastarache, et le président du Conseil central du Coeur du Québec de la CSN, Paul Lavergne, ont assisté à l’annonce ministérielle à Drummondville.

«L’offre de service des directions administratives sera améliorée dans chacune des installations afin d’offrir davantage de soutien de proximité aux gestionnaires, aux équipes et aux médecins, notamment en regard de la logistique, des ressources informationnelles, des ressources humaines et des services techniques», a-t-on précisé.

Le projet de loi permettra également la mise en place d’un forum de la population spécifique à la région administrative du Centre-du-Québec. Ce forum serait composé de 15 à 20 membres provenant des cinq MRC du Centre-du-Québec et fera des recommandations au conseil d’administration, notamment en regard des moyens pour améliorer la satisfaction de la population quant aux services de santé et aux services sociaux.

De plus, le rehaussement de l’enveloppe nationale du Programme de soutien aux organismes communautaires favorisera une gestion équitable du financement en mission globale des organismes de la région en fonction des réalités des populations de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Et afin d’assurer un suivi rigoureux du déploiement du nouveau modèle de gouvernance et de gestion du CIUSSS, un comité aviseur ad hoc du conseil d’administration sera mis en place. En plus d’élaborer l’échéancier précis du déploiement, il sera responsable d’assurer son actualisation, de suivre l’état d’avancement de chacun des éléments qui s’y retrouvent et d’évaluer les impacts de ceux-ci.

«Cette initiative nous permettra de demeurer centrés sur nos deux visées fondamentales que sont l’amélioration des soins et des services à la population et le mieux-être et la disponibilité du personnel. Cela reflète également notre volonté ferme de recentrer le réseau sur les besoins concrets des communautés, et ce, de manière bien adaptée aux réalités du territoire québécois», a déclaré la ministre McCann.

«Les modifications apportées contribueront à mieux répondre aux besoins de la population du Centre-du-Québec en accordant à la région un contrôle accru dans l’administration et la dispense des soins de santé et des services sociaux sur son territoire et en permettant au CIUSSS d’avoir un visage plus représentatif de ce que nous sommes. Ainsi, le Centre-du-Québec va bénéficier d’une voix plus forte», prétend le ministre Lamontagne.

Pour la présidente de la Table des MRC du Centre-du-Québec, Geneviève Dubois, «c’est un pas dans la bonne direction au niveau de la santé, mais il nous reste du chemin à faire, entre autres, concernant la présence de l’État et les investissements en matière d’infrastructures gouvernementales».

Du même souffle, la mairesse de Nicolet a déploré le fait que certains ministères n’ont pas de directions régionales propres au Centre-du-Québec, «ce qui, pour la Table des MRC, rend l’élaboration de projets et la gestion des dossiers plus difficiles et moins collées aux réalités régionales».

Le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, y voit un point de départ pour identifier de nouvelles solutions. Quant au député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, il s’est dit «très content». «J’avais toujours exprimé des réserves pour le territoire de Nicolet-Bécancour», a-t-il confié par rapport au projet d’un CISSS centricois.

Si le préfet de la MRC de Bécancour, Mario Lyonnais, dit avoir hâte de voir les résultats sur le terrain, le président du Conseil central du Cœur du Québec de la CSN, Paul Lavergne, était soulagé d’apprendre que les nouvelles mesures n’auront pas d’impact sur le «mouvement de personnel».