Gilles Brûlé, directeur général du Camp Val Notre-Dame, croit qu’il aurait été difficile de respecter les mesures de la santé publique tout en maintenant la qualité des activités dans son camp.
Gilles Brûlé, directeur général du Camp Val Notre-Dame, croit qu’il aurait été difficile de respecter les mesures de la santé publique tout en maintenant la qualité des activités dans son camp.

Pas de camps de vacances avec hébergement cet été

HÉROUXVILLE — Le gouvernement du Québec a finalement mis fin à l’incertitude qui entourait les camps de vacances. Alors qu’on apprenait jeudi que les camps de jour pourraient ouvrir dès le 22 juin, les camps de vacances avec hébergement, eux, sont annulés.

«En ce qui concerne l’organisation des camps de vacances, puisque ceux-ci demandent l’application de mesures supplémentaires qui s’avéreraient difficiles à respecter, l’ouverture de ce type de camps est remise à l’été 2021», a indiqué le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation dans un communiqué diffusé en début d’après-midi jeudi.

Les camps spécialisés pour personnes handicapées avec hébergement font exception à cette règle et pourront opérer cet été, «afin d’offrir un répit supplémentaire aux familles et aux proches aidants».

«Une décision difficile»

Dans la région, plusieurs camps avaient déjà pris leur décision avant Québec. Lors d’une réunion, le 20 mai, le conseil d’administration du Camp Val Notre-Dame, à Hérouxville, a décidé de jeter la serviette pour l’été 2020.

«Ç’a été une décision difficile à prendre, mais pour la protection du public et de notre personnel, ça n’aurait pas été évident d’ouvrir», résume Gilles Brûlé, directeur général du camp, reprenant l’argument avancé par Québec.

Le fait qu’une grande proportion de la clientèle du camp vienne de Montréal, alors que la métropole est très touchée par la pandémie, a également pesé dans la balance.

M. Brûlé s’était préparé à une telle éventualité. Même en recrutant suffisamment de personnel, en réduisant la taille des groupes et en mettant tout en place pour éviter la contamination, il se demandait quelles activités pourraient se faire dans un tel contexte.

«On s’est même posé la question si on faisait les activités par famille - puisque les jeunes campeurs viennent accompagnés de leurs parents - et non par groupe d’âge. Mais les parents viennent ici pour que leurs enfants viennent jouer avec d’autres enfants. Si on les oblige à être tout le temps avec eux, ils sont aussi bien de rester chez eux», croit-il.

M. Brûlé ajoute qu’il craignait que l’image du camp soit ternie si les familles venaient au camp pour s’y ennuyer plus que pour s’y divertir.

«Si la clientèle qu’on reçoit est insatisfaite des services à cause de la pandémie, ça ne nous fait pas un bon nom. Ça pourrait avoir des répercussions sur les autres années.

Le camp Val Notre-Dame a accueilli l’an dernier environ 1600 personnes pour un total de près de 9000 nuitées. Entre 15 et 20 employés assurent le fonctionnement des installations et l’encadrement des activités. De ce nombre, seul Gilles Brûlé et un autre employé conserveront leur emploi cet été, pour s’acquitter de tâches administratives et assurer la surveillance et l’entretien du camp. Le directeur général devra d’ailleurs s’occuper de rembourser les personnes qui avaient déjà réservé leur séjour. Les deux employés préparent également depuis plusieurs semaines des repas pour les personnes vulnérables de la MRC, repas qui leur sont livrés par des bénévoles.

Déception au Lac en Cœur

Au camp de vacances Lac en Cœur, la nouvelle a grandement déçu le personnel, qui gardait encore espoir de maintenir ses activités cet été.

«On travaillait encore sur des scénarios pour voir comment on pourrait opérer. Donc oui, on était quand même en mode préparation pour que les enfants vivent un été. C’était notre vœu que ça se réalise», déplore Martine Dupont, directrice générale du camp et de l’auberge du Lac en Cœur.

Mme Dupont a donc dû, à contrecœur, contacter les employés qui avaient déjà été engagés pour leur annoncer qu’ils devraient se trouver un autre emploi cet été.

«L’équipe d’animation était déjà engagée, la thématique était trouvée: on était prêt. On engage toujours nos animateurs à l’automne. Ça a été un dur coup tantôt d’aviser le personnel de ça», poursuit Mme Dupont.

Le camp Lac en Cœur emploie 45 personnes l’été, dont une trentaine d’animateurs. Ceux-ci étaient déjà formés. Le camp qui fêtera l’an prochain ses 75 ans accueille 1650 jeunes en moyenne chaque été.

Le camp Villa du Carmel, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, a également annoncé, quelques heures avant que le gouvernement ne fasse connaître sa décision, qu’il n’accueillera pas de jeunes campeurs cet été.

«L’instabilité des dernières semaines ne nous permettrait pas d’organiser des camps d’été tout en assurant la sécurité de tous, enfants, parents et personnel compris. Pour ceux qui ont déjà payé leur camp, un remboursement sera effectué dans les prochains jours», a indiqué le camp sur sa page Facebook. Ailleurs dans la région, le Camp du lac Vert, à Saint-Mathieu-du-Parc, a déjà annoncé qu’il organisera des camps de jour, mais pas de séjours prolongés.