La mairesse suppléante Geneviève St-Louis (à gauche) a présidé la séance extraordinaire portant sur le déneigement, mardi soir, à Saint-Barnabé.

Pas de budget, pas de déneigeur à Saint-Barnabé

SAINT-BARNABÉ — Les vacances des Fêtes risquent d’être perturbées pour la Municipalité de Saint-Barnabé. Le conseil a refusé d’adopter son budget pour 2020 et n’a pas été en mesure d’accorder, mardi, un contrat à un déneigeur pour le reste de la saison froide. Mais ce dernier dossier a toutefois des chances d’être réglé mercredi: le groupe Bellemare de Trois-Rivières devrait déposer une proposition pour un contrat d’urgence qui sera attribué non pas par le maire Michel Lemay, mais par la mairesse suppléante Geneviève St-Louis.

Plus de 60 personnes s’étaient entassées mardi soir au bureau municipal afin d’assister à la présentation du budget. Celui-ci prévoyait une hausse de 20,25 % de la taxe municipale, soit de 79 cents par tranche de 100 $ d’évaluation à 95 cents. Les coûts pour le déneigement, l’argent prévu pour l’embauche d’une firme externe afin de trouver un successeur au directeur général qui quittera bientôt pour la retraite, la hausse du budget pour les camps de jour et la bonification des frais juridiques sont au nombre des explications de cette vertigineuse augmentation. Mais les conseillers ont rejeté le document à 4 votes contre deux.

Les frais reliés à la défense de Michel Lemay, cité en déontologie par la Commission municipale du Québec concernant du favoritisme à l’endroit d’une entreprise et des propos désobligeants envers les femmes, sont revenus sur le tapis durant la période de questions. Le maire Lemay a simplement exposé qu’il a droit à une défense pleine et entière.

«Se faire traîner dans la boue, personne n’aime ça», a déclaré le maire, alors que des citoyens critiquaient le fait de devoir payer pour défendre un maire qui a tenu des propos déplacés envers les femmes.

«Vos paroles nous coûtent cher», a lancé une citoyenne durant cette assemblée particulièrement animée.

Devant cette situation, le conseil n’a d’autre choix que de refaire ses devoirs pour adopter un budget dans les meilleurs délais. Selon les informations livrées mardi par le maire, le conseil doit adopter un budget d’ici le 31 décembre 2019. Si les élus ne peuvent s’entendre sur un budget, le conseil pourrait utiliser le douzième du budget de 2019 pour fonctionner de façon mensuelle en 2020.

D’après le maire, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation préfère laisser travailler les élus dans la recherche d’une solution commune. Michel Lemay déclare que la mise sous tutelle de la Municipalité est une solution de dernier recours.

Un déneigeur par contrat d’urgence

Saint-Barnabé souhaitait trouver un déneigeur afin d’adopter par résolution un contrat pour le reste de l’hiver. Des discussions avec le Groupe Bellemare n’ont pas permis de présenter un projet en bonne et due forme, mardi. Mais tout semble indiquer que la proposition de l’entreprise trifluvienne, qui a fait partie des huit entreprises invitées à soumissionner lors du dernier appel d’offres, va arriver au bureau municipal mercredi.

«Il est intéressé de faire une proposition», a confirmé mardi le directeur général de Saint-Barnabé, Denis Gélinas.

C’est un problème de main-d’œuvre qui aurait empêché le Groupe Bellemare d’arriver avec une proposition à temps pour la séance de mardi. Ce problème serait en voie d’être résolu, si bien qu’une offre pour du déneigement à taux horaire devrait suivre d’ici les prochaines heures.

Le temps presse pour Saint-Barnabé. Son entente avec la ferme Fréchette pour du déneigement payé à l’heure prend fin le 19 décembre à 23 h 59. Cette entreprise refuse de poursuivre l’aventure avec Saint-Barnabé. Voilà pourquoi la Municipalité devrait accorder un contrat sur une base horaire au Groupe Bellemare avant de signer, avec la même compagnie, une entente de gré à gré pour le reste de la saison. Un contrat de gré à gré nécessite l’approbation de la ministre des Affaires municipales, ce qui étire les délais avant d’officialiser ledit contrat.

Sans Lemay

Tout ce dossier se déroule sans la participation de Michel Lemay. Le maire a décidé de se retirer de cette question par prudence, car une accusation en Commission municipale du Québec concerne l’octroi en octobre du contrat de gré à gré avec l’entreprise Fréchette pour le déneigement des rues de Saint-Barnabé. Selon la Commission municipale, le maire s’est placé en situation de favoritisme envers cette entreprise de Yamachiche.

«J’ai eu l’ordre de mon avocat de me retirer du dossier du déneigement vu que j’ai une action à la Commission municipale», confirme le maire Lemay.

Parlant du Groupe Bellemare, il a été permis d’apprendre à la séance de mardi que l’entreprise avait présenté un document à la Municipalité indiquant qu’il était en mesure de fournir un camion de six roues pour faire du déneigement à 140 $ l’heure, soit 110 $ de moins que le montant accordé à la ferme Fréchette pour du déneigement à l’heure. Ce document, qui n’est pas une soumission selon le directeur général de Saint-Barnabé, n’incluait pas les installations nécessaires à l’épandage d’abrasifs. De plus, le document a été reçu à la Municipalité après l’octroi du contrat d’urgence à la ferme Fréchette par le maire Lemay, ce qui a incité le directeur général à ne pas en informer les conseillers.

Pendant que le conseiller Jimmy Gélinas manifestait son mécontentement de ne pas avoir eu cette information, son collègue Guillaume Laverdière soutenait que l’ambiance de travail au sein du conseil est difficile. «Il (Michel Lemay) est accusé de favoritisme. Ce n’est pas pour rien.»