Le bac brun ne s’ajoutera pas à notre collection de bacs en 2020.

Pas de bacs bruns en 2020

SAINT-ÉTIENNE-DES-GRÈS — Même si 2020 est la date fixée par le gouvernement pour interdire l’enfouissement des matières compostables domestiques, «il ne faut pas penser qu’en 2020, on va voir apparaître les bacs bruns», annonce le président de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie et maire de Shawinigan, Michel Angers.

«Mon objectif, c’est de pouvoir annoncer à la population, à l’hiver 2020, quels seront les échéanciers et quand on verra apparaître les bacs bruns», dit-il. La Régie accuse certes un retard, mais le président fait valoir qu’elle est loin d’être la seule dans sa situation au Québec.

En début d’année 2020, la Régie devrait être en mesure «de statuer sur notre choix du partenaire avec qui on va travailler sur les bacs bruns», indique M. Angers. Le conseil devra également décider s’il choisira la biométhanisation ou le compostage.

Par partenaire, le président entend celui qui fera la cueillette du contenu des bacs bruns et qui traitera ces matières organiques putrescibles pour en faire soit de la biométhanisation, du compost ou les deux, explique M. Angers. «C’est un long processus.»

Le président indique que les représentants de la Régie se sont «activés énormément depuis l’automne passé».

«On est presque prêt à prendre une décision», dit-il. Le conseil d’administration, précise-t-il, «a participé à l’ensemble des visites industrielles. On a vu des procédés, toutes sortes de choses. Donc, on est prêt à prendre nos décisions. Il nous reste à savoir, avec le partenaire, financièrement ce que ça veut dire et par la suite, se donner une échéance», résume-t-il.

Peu importe le processus, précise le président, il faudra faire des demandes de certificats d’autorisation avec le ministère de l’Environnement, puis organiser la construction de l’équipement. «Ça va s’échelonner en années», dit-il. Avant de distribuer les bacs bruns aux citoyens, il faudra voir «l’échéancier que notre partenaire va proposer», dit-il.

Ce n’est qu’une fois tout cela réglé qu’un horizon sera dévoilé aux citoyens. «Le temps de construction de ces usines-là, peu importe laquelle on va choisir, ce n’est pas tellement long», dit-il.

«Est-ce qu’on va s’aligner à un partenaire qui va le faire avec nous? On a été échaudé par le projet Savoura et le contrat qui nous a coûté les yeux de la tête», rappelle Michel Angers. «Donc, je suis très, très, très prudent avec le choix du partenaire et surtout les garanties qu’on va avoir», assure-t-il.

«L’objectif qu’on poursuit, c’est de nous assurer que la matière organique ne nous coûtera pas plus cher que l’enfouissement. Et ça, c’est tout un défi», confie le président de la Régie.

L’enfouissement des matières résiduelles coûte actuellement environ 93 $ la tonne. La Régie, en détournant les matières compostables de la poubelle vers un site de valorisation où elles seront transformées en compost ou en gaz énergétique, espère conserver les deux opérations combinées (enfouissement et valorisation) à moins de 100 $ la tonne, explique le président.

C’est qu’environ 40 % de la matière qui se trouvait auparavant dans le bac noir sera détournée vers le compostage ou la biométhanisation, explique-t-il. «Ces 40 % ne seront plus dans l’enfouissement.»

L’idée est de «ne pas surcharger les citoyens à la suite d’une obligation du gouvernement», dit-il.

C’est que le bac brun n’est pas une option. C’est la loi en matière environnementale au Québec, rappelle M. Angers. «On prend tout le temps nécessaire pour faire le choix le plus judicieux possible», dit-il, pour choisir un «modèle d’affaires conforme à ce que le gouvernement nous demande, mais en même temps qui respecte les citoyens», résume-t-il, en ajoutant que déjà, la Régie a dû faire des augmentations substantielles, cette année, qui sont d’ailleurs reflétées dans les budgets municipaux. «On veut amortir les coûts d’une récupération de la matière organique», résume-t-il.

Diverses options sont envisagées, notamment l’espacement des collectes pour diminuer le coût du transport et le tout en fonction des saisons chaudes et froides. «On a consulté. On a rencontré des gens. On est en train de se faire une tête avec un objectif de limiter autant que possible l’impact auprès des contribuables», dit-il.

Le président rappelle que la Régie n’est pas un constructeur d’usine de compost ou de biométhanisation. «Il y a des professionnels qui font ça avec lesquels on va travailler.»

Est-ce que les opérations quotidiennes seront assurées par la Régie ou par un partenaire? «C’est ce qui reste à voir. Est-ce que ce sera un clé en main? De quelle façon on va y arriver? Ce sera à déterminer.»

Même si la Régie n’a pas terminé son projet de valorisation des matières organiques, le fait qu’elles soient enfouies en ce moment lui permet de générer des profits. «L’enfouissement est loin d’être un drame», dit-il, du moins pas dans le cas de la RGMRM. Rappelons que cette dernière a annoncé, il y a quelques mois, qu’elle avait l’intention de construire une usine de raffinage pour le biogaz généré par ses cellules d’enfouissement. Ce gaz sera vendu à Énergir (anciennement Gaz Métro).

Son champ gazier est bon pour une trentaine d’années. «Nous sommes dans la dernière étape. On est sur le point de décider quelle entreprise on va choisir», dit-il. Cela devrait être fait également en début d’année «ou peut-être avant les Fêtes», dit-il.