Marion Vallerand s’indigne du fait que des mères puissent être contraintes d’accoucher sans l’accompagnement d’un proche.
Marion Vallerand s’indigne du fait que des mères puissent être contraintes d’accoucher sans l’accompagnement d’un proche.

Pas d’accouchement sans accompagnement, réclame une pétition

Sébastien Houle
Sébastien Houle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Jeune maman, Marion Vallerand s’est sentie directement interpellée par la décision de l’Hôpital général juif de Montréal interdisant désormais aux femmes d’être accompagnée d’un proche lors de leur accouchement. Outrée par la directive inédite visant à réduire les risques de propagation de la COVID-19, la femme originaire de Shawinigan a lancé une pétition appelant les élus à faire respecter le droit des femmes d’être accompagnée dans «l’une des étapes les plus difficiles dans la vie d’une maman», comme l’affirme le texte de la pétition qui avait récolté plus de 55 000 signatures au moment d’écrire ces lignes, 24 heures après son lancement sur la plateforme change.org.

Celle qui vit le confinement en compagnie de son conjoint et de ses deux enfants, âgés de quatre ans et de cinq mois, n’en démord pas: le traumatisme d’un accouchement en temps de pandémie ne saurait être doublé de l’épreuve d’avoir à le vivre en l’absence du deuxième parent de l’enfant à naître. «Je ne sais pas si j’aurais choisi de faire des enfants dans ces conditions-là», va jusqu’à avancer la jeune femme.

La décision de l’Hôpital général juif de Montréal demeure isolée et a soulevé son lot de questionnements et d’indignation, selon ce que rapportent des médias montréalais. La directive, émise vendredi, va plus loin que ce que demande le ministère de la Santé, qui a toutefois limité les visites en milieu hospitalier aux seules considérations humanitaires. Celle-ci s’inscrit par ailleurs dans un contexte où les accouchements à domicile ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre par l’Ordre des sages-femmes du Québec.

Si Marion Vallerand convient que le contexte actuel commande des mesures drastiques, auxquelles elles et les siens se soumettent avec résignation, elle soutient aussi qu’un juste milieu peut être trouvé. «Je comprends qu’on veuille diminuer le va-et-vient, mais on ne parle pas d’ouvrir grand les portes. Les parents pourraient avoir droit à une entrée et à une sortie,sans plus», propose-t-elle.

«Je ne peux pas m’imaginer que les soins que le père ou l’accompagnant prodigue au bébé pendant que la mère reprend des forces vont être donnés par une infirmière qui est déjà débordée à cause de la pandémie», lance Mme Vallerand, incrédule. L’expérience de son dernier accouchement encore frais à la mémoire, elle maintient que ces moments sont fondateurs dans la vie d’une famille et qu’ils ne devraient pas souffrir des restrictions liées au contexte actuel.

Celle qui a profité de la période de confinement pour accélérer le démarrage de son agence de communication – «la demande était pressante», indique-t-elle – n’a pas d’objectif chiffré pour sa pétition. «C’est important qu’on soit nombreux», insiste-t-elle cependant. Elle entend ensuite faire cheminer le document en haut lieu. Elle a déjà entrepris des démarches auprès de sa députée, Marie-Louise Tardif.