Paul Pearson n’est pas seulement bien entouré sur notre photo, il l’est aussi dans la vie de tous les jours. Autour de lui, on reconnaît Isabelle Guépin, thérapeute en réadaptation physique, Denis Delorey de Parkinson Centre-du-Québec et Mauricie, France Dupont de la résidence Chartwell Domaine Cascades, Florence Pauquay, directrice générale de l’Appui Mauricie, Yvon Turcotte, accompagnateur chez Interville et Nathalie Soucy, coordonnatrice de la coopérative de solidarité en soins et services Interville.
Paul Pearson n’est pas seulement bien entouré sur notre photo, il l’est aussi dans la vie de tous les jours. Autour de lui, on reconnaît Isabelle Guépin, thérapeute en réadaptation physique, Denis Delorey de Parkinson Centre-du-Québec et Mauricie, France Dupont de la résidence Chartwell Domaine Cascades, Florence Pauquay, directrice générale de l’Appui Mauricie, Yvon Turcotte, accompagnateur chez Interville et Nathalie Soucy, coordonnatrice de la coopérative de solidarité en soins et services Interville.

Parkinson: unis pour la qualité de vie

SHAWINIGAN — Si on dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant, il faut parfois aussi toute une communauté pour aider une personne et son entourage à mieux vivre avec la maladie. Parlez-en à Paul Pearson. Cet homme de Saint-Élie-de-Caxton qui souffre de la maladie de Parkinson depuis plusieurs années peut compter sur le soutien de nombreux partenaires du réseau de la santé et d’organismes sociocommunautaires afin de lui permettre d’améliorer sa condition de vie et de favoriser son maintien à domicile, malgré ses limitations physiques.

Paul Pearson ne marchait à peu près plus au printemps dernier, lorsqu’il a pu assister pour la première fois à un atelier d’exercices physiques adapté aux personnes souffrant de Parkinson, des ateliers offerts par l’organisme Parkison Centre-du-Québec et Mauricie. C’est en fauteuil roulant qu’il a fait son entrée dans ce local.

Lorsque nous sommes allés le rencontrer vendredi dernier, quelques mois après le début de ces ateliers, il était debout sur ses deux pieds, bien fier d’avancer vers nous, même si le pas est parfois hésitant et que le soutien de son aidant est toujours bienvenu. Heureux de montrer ce qu’il était désormais capable de faire, il a enchaîné les exercices un après l’autre, dans une coordination qu’il n’espérait jamais retrouver depuis le diagnostic qui l’afflige.

Mais s’il a pu arriver jusque là, c’est grâce à l’appui de nombreux partenaires. Parkinson Centre-du-Québec et Mauricie a pu s’allier avec la coopérative Interville pour transporter l’homme de son domicile jusqu’à cet atelier une fois par semaine, en lui offrant également le soutien de l’accompagnant Yvon Turcotte, qui l’aide, l’appuie et l’encourage dans son cheminement durant les ateliers. Ce transport est notamment rendu possible grâce à l’apport financier de l’Appui Mauricie, qui fournit chaque année de l’aide financière pour du répit aux proches aidants, favorisant du même coup le maintien à domicile. En 2017-2018, ce sont 1842 proches aidants uniques qui ont reçu du répit de la part de l’Appui dans la région.

Le groupe d’exercices se rassemble ainsi toutes les semaines dans une grande salle située au sous-sol de la résidence Domaine Cascades de Shawinigan, un local que la compagnie Chartwell, propriétaire de la résidence, offre gratuitement. Le CIUSSS Mauricie-Centre du Québec fournira quant à lui les bons soins d’Isabelle Guépin, thérapeute en réadaptation physique, afin de mener ces ateliers où l’on comptera une dizaine de personnes atteintes de la maladie, de même que les accompagnateurs et proches aidants.

«Faire de l’exercice, ça freine la progression de l’apparition des symptômes moteurs, spécifiquement. Le Parkinson affecte directement les gestes automatiques de la personne. Les mouvements qu’on fait sans y penser comme marcher ne se font plus automatiquement, il faut prendre le temps de s’arrêter et d’y penser. L’exercice permet de travailler la coordination des mouvements et d’être plus conscient de son corps», résume Denis Delorey de Parkinson Centre-du-Québec et Mauricie.

L’organisme offre ce genre d’ateliers dans plusieurs localités de la région dont Shawinigan, Trois-Rivières, Saint-Paulin, Victoriaville et Drummondville. Toutefois, joindre les personnes habitant loin de ces services et ne pouvant se déplacer serait à peu près impensable sans l’apport des partenaires pour faciliter l’accès aux personnes atteintes, croit M. Delorey.

«Les organismes ont tendance à se réunir pour faciliter l’accès aux services. Dans le cas de M. Pearson, on remarque que c’est un bel exemple de succès parce que ça a grandement amélioré sa condition de vie», ajoute Denis Delorey.

Le principal intéressé se dit évidemment fier du chemin parcouru mais également reconnaissant de l’aide mise en place pour lui venir en aide, lui qui habite en permanence avec sa belle-fille, Julie Lapointe, depuis le décès de son épouse l’an dernier.

«La maladie, ça m’a fait beaucoup réfléchir. On n’a pas conscience à quel point la santé est importante tant qu’on ne l’a pas perdue. Mais je suis prêt à tout faire pour rester chez moi. C’est mon plus grand souhait», résume Paul Pearson, qui compte mettre en place, avec l’aide de son entourage, une collecte de fonds pour Parkinson Centre-du-Québec et Mauricie.

Pour sa belle-fille, l’élaboration de ce plan d’aide en collaboration avec tous les partenaires a également représenté une bouffée d’air frais. «Parfois je l’accompagne pour ses ateliers, mais des fois aussi, j’en profite pour avoir un moment de répit et c’est très apprécié. Les proches aidants, on ne peut pas faire face à ça tout seul, ça nous prend de l’aide parce qu’on ne peut pas tout faire et que parfois il nous manque aussi quelques outils, ou encore il nous manque un petit pas de recul pour mieux continuer après. Mais grâce à tous ces gens, je sais que je ne suis pas toute seule», résume-t-elle, visiblement reconnaissante.