Les pare-intempéries de l’Amphithéâtre Cogeco sont au cœur d’une poursuite judiciaire.

Pare-intempéries à l’Amphithéâtre Cogeco: «nous sommes proactifs»

Trois-Rivières — Bien que la Ville de Trois-Rivières demeure confiante que la solution permanente de pare-intempéries en train d’être mise en place à l’Amphithéâtre Cogeco réponde aux exigences des acousticiens, on planifie déjà un plan B pour l’été 2019 si ces nouvelles installations devaient une nouvelle fois s’avérer un échec.

On se souviendra que la Ville de Trois-Rivières poursuit actuellement l’architecte de l’Amphithéâtre Cogeco, Paul Laurendeau pour la somme de 384 235 $ dans le dossier des pare-intempéries, le tenant responsable d’avoir conçu des équipements qui ne répondaient pas aux attentes acoustiques de même que de ne pas avoir contribué à la mise en place d’une solution temporaire, en juin 2018. Des allégations que réfute l’architecte.

Or, en parallèle de cette poursuite toujours devant les tribunaux, l’architecte a reçu le mandat de mettre en place une solution permanente, des équipements pour lesquels la Ville a déjà prévu un montant de 685 000 $ taxes incluses, et qui pourrait s’ajouter à la facture finale réclamée dans le cadre de cette poursuite. Selon la responsable des communications de la Ville, Cynthia Simard, l’installation de cette solution permanente se poursuit jusqu’à la mi-mai, moment où des tests seront effectués. Si les attentes des acousticiens devaient ne pas être satisfaites, la Ville planifie déjà des solutions de remplacement, afin que l’Amphithéâtre Cogeco soit prêt pour le début de la saison estivale.

«Le concepteur des pare-intempéries (NDLR: l’architecte Paul Laurendeau) est très confiant que ça va fonctionner. Évidemment, nous avons aussi envisagé des solutions alternatives pour ajuster le tir si ça ne devait pas se passer comme prévu. Nous sommes proactifs et différents scénarios sont actuellement envisagés. Mais pour l’instant, l’architecte est très confiant que tout va fonctionner», signale Mme Simard.

Des tests seront donc effectués dès la fin de la mise en place, d’ici quelques jours. Ce n’est qu’à ce moment que la Ville saura si oui ou non l’équipement répond cette fois aux normes au niveau de l’acoustique.

Octave mise en cause?

Par ailleurs, dans le cadre de la poursuite intentée par la Ville, l’architecte Laurendeau a récemment déposé une requête devant le tribunal afin d’obtenir une mise en cause forcée et un appel en garantie de la firme de sonorisation Octave Acoustique. Selon M. Laurendeau ainsi que le fonds d’assurance de l’Ordre des architectes, la firme devrait, advenant un jugement défavorable contre eux, être condamnée à payer directement à la Ville tout dommage relié aux problèmes acoustiques allégués, ou encore de les indemniser de toute condamnation pouvant être prononcée contre eux.

Selon la requête, la Ville aurait invité l’architecte «à s’adjoindre les services d’un consultant en acoustique, nommément Octave, à titre de consultant spécialisé en acoustique».

Selon le document déposé en cour, Octave était responsable de la conception acoustique de ce projet. Les demandeurs dans cette affaire indiquent qu’il ne fait aucun doute que les coûts des travaux correctifs acoustiques temporaires et permanents relèvent de la seule responsabilité d’Octave. Or, ajoutent-ils, malgré plusieurs mises en demeure, Octave refuserait toujours de prendre fait et cause pour eux.

La poursuite, qui est entendue au palais de justice de Trois-Rivières, suit son cours. Étant donné que des montants continuent d’être investis dans la mise en place d’une solution permanente, il ne serait pas surprenant de voir gonfler le montant des réclamations de la Ville à l’endroit de l’architecte et du fonds d’assurance de l’Ordre des architectes.