Un camion de la compagnie Garda accompagne les automobilistes d’une rive à l’autre au barrage de la Gabelle.

Parcours au ralenti sur le lien interrives du barrage de la Gabelle

Saint-Étienne-des-Grès — Saint-Étienne-des-Grès, 8 h 50 mercredi. Le Nouvelliste veut profiter de l’ouverture temporaire de trois semaines du lien interrives du barrage de la Gabelle pour se rendre de Saint-Étienne-des-Grès à Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

À cette heure, nous ne sommes que deux véhicules à attendre. Un ouvrier fait le guet, mais personne ne vient à notre rencontre pour faire le sondage sur la fréquentation du lien, comme l’annonçait la semaine dernière le communiqué de presse conjoint des deux municipalités, de la Sûreté du Québec et d’Hydro-Québec. Ces quatre instances évaluent présentement, à la suite de plusieurs incidents, l’avenir du rôle de pont que joue cette infrastructure hydroélectrique dans la région.

C’est finalement à partir de la semaine prochaine que ce sondage s’amorcera auprès des automobilistes, explique le maire de Saint-Étienne, Robert Landry. «Et il ne se fera pas tous les jours non plus, question de coûts», précise le maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Luc Dostaler.

Il s’écoule deux minutes tout au plus avant que le feu passe au vert et que la barrière se lève. À voir l’étroitesse du passage, on se demande comment des gens arrivent à faire de la vitesse dans ce secteur.

Même dans chacune des approches routières qui mènent au lien, on se voit mal en train d’écraser le champignon. Malheureusement, certains l’ont fait avec le résultat qu’on connaît maintenant.

La côte qui donne accès au lien du barrage de La Gabelle, du côté de Saint-Étienne, est un peu abrupte et surtout, sinueuse. À Mont-Carmel, le chemin qui mène au lien interrives est tellement fissuré qu’il en fait pitié, mais il est en ligne beaucoup plus droite. Rien ne vient donc freiner les ardeurs des automobilistes téméraires.

Lorsqu’enfin la barrière se lève, côté Saint-Étienne, notre point de départ, un camion de la compagnie Garda prend les devants. Pas le choix de le suivre. Un dos d’âne temporaire freine les élans des conducteurs en partant. Même chose une fois sur l’autre rive.

On aurait, selon la signalisation affichée sur une grande pancarte à l’entrée, le droit de rouler à 20 km à l’heure. Cette vitesse est d’ailleurs synchronisée avec les barrières automatiques afin de laisser passer un nombre limité de véhicules à la fois.

Notre escorte Garda ne dépassera toutefois que très rarement les 12 km / h, durant la traversée du barrage, peut-être parce que beaucoup d’objets, comme des blocs de béton Jersey et des cônes orange, rendent le chemin encore plus étroit qu’il ne l’est habituellement.

La remorque que tire la camionnette en avant de nous passe de justesse entre ces obstacles. La vitesse est ralentie volontairement au maximum parce qu’Hydro-Québec procède présentement à d’importants travaux sur le barrage, explique le maire Landry, bien au fait de la situation. «C’est un accommodement temporaire», explique de son côté le maire Dostaler. Garda ne devrait pas être là pendant toute la durée des trois semaines d’ouverture, toutefois. Et c’est à ce moment-là, prévoient les maires, qu’on pourra le mieux observer le comportement naturel des habitués de la traversée.

D’autres travaux se feront sur le barrage après le 9 novembre. Il faudra alors, comme prévu, fermer le lien interrives pendant une période indéterminée, même si l’on décidait de le rouvrir une fois pour toutes par la suite, ajoute le maire.

La rencontre entre les quatre partenaires au dossier qui se tiendra après le 9 novembre permettra enfin de connaître le destin du lien interrives de La Gabelle. S’il est rouvert, ça pourrait se faire avant les Fêtes, croit le maire Dostaler tout en mettant un bémol sur cette possibilité. Des équipements permanents devraient alors être achetés et installés afin de favoriser une circulation lente dans ce secteur tout en s’assurant qu’ils ne fassent pas obstacle au déneigement l’hiver.