Martine Tousignant, conseillère, politiques et programmes pour l’unité de gestion de la Mauricie et de l’Ouest du Québec pour Parcs Canada.

Parc national de la Mauricie: forte baisse de fréquentation

SAINT-MATHIEU-DU-PARC — Le concert d’éloges au sujet de l’exceptionnelle saison touristique en 2018 dans la région rencontre une fausse note. Sans surprise, les importants travaux réalisés à l’entrée Saint-Jean-des-Piles du parc national de la Mauricie ont brisé l’élan sur lequel vogue cette attraction majeure depuis une dizaine d’années.

Pour la haute saison, qui s’étend de mai à octobre, 137 000 visiteurs sont entrés par Saint-Mathieu-du-Parc pour prendre un bain de nature, une baisse de 57 % par rapport à la même période en 2017, une année, faut-il le rappeler, marquée par la gratuité d’accès dans le cadre du 150e anniversaire du Canada. Si on compare à la dernière année tarifée, en 2016, la baisse s’établit plutôt à 28 %.

Martine Tousignant, conseillère, politiques et programmes pour l’unité de gestion de la Mauricie et de l’Ouest du Québec chez Parcs Canada, assure que la direction n’avait établi aucun objectif en cette année particulière.

«On ne s’attendait pas à une hausse de fréquentation», convient-elle. «Nous avions le camping de Rivière-à-la-Pêche en moins (223 emplacements, plus 13 tentes OTENTik), l’entrée de Saint-Jean-des-Piles était complètement fermée, la plage du lac Édouard n’était pas accessible. Nous étions conscients que le choix que nous avions fait de fermer ce secteur aurait un impact sur notre fréquentation.»

Par contre, difficile de prévoir l’ampleur du recul.

«Nous n’avions pas d’élément de comparaison», rappelle Mme Tousignant. «C’était la première fois qu’on fermait une entrée du parc. C’était difficile de prévoir la fréquentation, mais on s’attendait à ce que le secteur ouvert soit plus achalandé. On voulait s’assurer que les gens aient quand même une belle expérience.»

En haute saison, les entrées de Saint-Mathieu-du-Parc et de Saint-Jean-des-Piles se partagent à peu près équitablement l’accueil des visiteurs habituellement. Au cours des derniers mois, ils sont tous arrivés par le même endroit. Pour Saint-Mathieu-du-Parc, ces 137 000 visiteurs représentent donc un achalandage considérable pour la communauté. Mais on sait que du côté de Saint-Jean-des-Piles, les commerçants ont souffert.

La comparaison avec 2017 est d’autant plus défavorable que le Parc national de la Mauricie s’était particulièrement illustré dans le réseau dans le cadre de la gratuité instaurée pour souligner le 150e anniversaire du pays. «Nous étions parmi les trois parcs au Canada où les hausses ont été les plus importantes», précise Mme Tousignant, en parlant du bond de 68 % entre 2016 et 2017. «La gratuité, la promotion faite localement et au plan national pour faire connaître cet accès sans frais avaient contribué à cette hausse. On s’en attendait, parce que géographiquement, nous sommes bien situés, entre Québec et Montréal. Ce qui était remarquable en 2017, c’est qu’il y avait énormément de gens de partout dans le monde qui sont venus nous voir.»

Ironiquement, la fréquentation de 2018 apporte aussi un éclairage sur la hausse de popularité du parc national de la Mauricie depuis une dizaine d’années. En 2010, lors du 40e anniversaire de l’attraction, 138 000 visiteurs avaient fréquenté l’endroit entre mai et octobre, ce qui constituait alors une hausse de 14 % par rapport à 2009. En 2018, le parc national de la Mauricie a reçu presque le même nombre d’amateurs de plein air, malgré une entrée condamnée.

Presque terminés

Présentement fermé, le parc national de la Mauricie devrait rouvrir ses portes le 9 décembre, pour la saison hivernale. L’entrée de Saint-Jean-des-Piles deviendra à nouveau accessible à compter de ce moment.

L’an prochain, quelques manoeuvres concluront cette phase de 28 millions $, mais rien de comparable à ce qui a été vécu au cours des derniers mois. «Il reste du travail de finition et certains chantiers, comme un tronçon de la route Promenade à compléter», précise Mme Tousignant. «Tous nos campings seront ouverts, mais les gens devront s’assurer de choisir la bonne entrée, selon l’activité qu’ils auront déterminée.»

Dès le début de l’hiver, mais encore davantage lors de la prochaine saison estivale, les visiteurs pourront constater le résultat de ces longs travaux. «La route Promenade sera à nouveau impeccable», explique Mme Tousignant. «Ce n’était pas tant l’asphaltage que les ponceaux sous la route qui devaient être ajustés. Nous avons fait beaucoup de travail dans notre réseau de sentiers. Tous nos bâtiments de service du camping Rivière-à-la-Pêche ont été refaits à neuf, conformément aux nouvelles normes, notamment pour les gens à mobilité réduite. Sans compter les choses qu’on ne voit pas qu’il fallait faire, comme les réseaux d’aqueduc et des eaux usées qui ont été complètement changés au camping Rivière-à-la-Pêche.»

Mme Tousignant croit que deux facteurs ont favorisé le respect des échéanciers. «Quand on ferme un secteur et que les entrepreneurs ont la liberté de faire leurs travaux sans avoir à conjuguer avec les visiteurs, ça aide beaucoup», souligne la porte-parole. «La météo a aussi été très favorable au chantier. Nous n’avons pas eu à nous limiter en raison de la température.»

Fréquentation
au Parc national
de la Mauricie
(entre mai et octobre)

Année    Visiteurs

2013    140 000

2014    155 000

2015    164 000

2016    189 000

2017    318 000

2018    137 000

Données arrondies
Source: Martine Tousignant,
Parcs Canada