Gilles Lamarche, président du conseil d’administration du Parc de l’Île Melville, souhaite accueillir les premiers visiteurs à la Station plein air Val-Mauricie la semaine prochaine, même s’il doit reprendre le processus de recherche d’un nouveau directeur général.

Parc de l'Île Melville: on efface tout et on recommence

SHAWINIGAN — La succession de Marie-Louise Tardif à la direction générale du Parc de l’Île Melville se complexifie encore davantage. Au cours des derniers jours, le conseil d’administration a accepté la démission de Michel Lefebvre, qui venait d’être engagé à titre de directeur des opérations. Un départ qui laisse un trou béant au moment où la Station plein air Val-Mauricie souhaite lancer sa saison d’ici une semaine.

Le 7 novembre, le conseil d’administration du Parc de l’Île Melville avait annoncé l’embauche de M. Lefebvre et de Guylaine Boisvert, qui devait devenir directrice à l’accueil et aux réservations. Cette dernière n’a finalement jamais été engagée. En fait, son entrée en poste était prévue un peu plus tard en 2019, pour la haute saison au Parc de l’Île Melville. Les derniers événements changeront à nouveau l’organigramme.

M. Lefebvre devait prendre en charge l’ouverture de la Station plein air Val-Mauricie, un contrat délicat dans le contexte où le centre doit être exploité sans chalet d’accueil cet hiver, en raison d’un incendie en mai dernier. Les visiteurs seront reçus dans des roulottes en attendant que la Ville de Shawinigan construise un nouveau pavillon, l’an prochain.

Dans ses nouvelles fonctions, M. Lefebvre devait être accompagné par Mme Tardif pendant quelques semaines, le temps de se familiariser avec l’organisation. Le conseil d’administration du Parc de l’Île Melville avait formulé cette demande afin d’assurer une transition harmonieuse.

Cependant, le double emploi de la nouvelle députée caquiste de Laviolette - Saint-Maurice a été soulevé avec suspicion par le Parti libéral du Québec, qui a demandé à la commissaire à l’éthique et à la déontologie de faire enquête. Même si Mme Tardif avait effectué ses vérifications sur la légalité d’assumer ces deux fonctions, elle a convenu de se retirer complètement du Parc de l’Île Melville.

M. Lefebvre s’est ainsi retrouvé sans soutien. De plus, il a surpris une conversation d’administrateurs qui souhaitaient qu’il corrige certaines lacunes. Dans ce contexte, il a préféré remettre sa démission.

«Quand j’ai postulé, je voulais être directeur général», explique M. Lefebvre. «Ils ont décidé de scinder le poste en deux. Au cours des derniers jours, j’ai constaté que des membres du conseil d’administration ne me voyaient pas nécessairement dans les plans futurs. J’ai préféré démissionner.»

«J’étais là depuis trois semaines et j’avais peu ou pas d’outils», ajoute-t-il. «Ce n’était pas de bonnes conditions pour travailler. À mon âge, je ne me battrai pas contre des moulins à vent! Si on ne me fait pas confiance, ça ne me donne rien de continuer.»

Le président du conseil d’administration, Gilles Lamarche, croit que son directeur des opérations se sentait inconfortable et un peu seul dans ses nouvelles fonctions. La période de probation n’était pas terminée, mais il prévoyait s’asseoir avec M. Lefebvre après les Fêtes pour corriger certaines lacunes.

«Il a peut-être senti la soupe chaude et a préféré quitter», avance le président. «Il n’y avait pas d’accroc majeur, mais au bout du compte, je pense que ce n’était pas la bonne personne.»

Ce pas en arrière provoque évidemment une réflexion. Le conseil d’administration étudiera la possibilité d’embaucher une firme pour se lancer à la recherche d’un directeur général.

«Je vais prendre la relève temporairement, en souhaitant qu’on trouve quelqu’un rapidement», laisse tomber M. Lamarche.

Visiblement, ce dernier ne souhaite finalement pas reproduire un modèle de direction bicéphale.

«On souhaitait scinder le poste en deux, mais je pense qu’on va revenir à notre plan initial», confie-t-il. «Il faudra voir avec la nouvelle personne si elle sera à l’aise à travailler seule ou avec un adjoint, selon son expérience et son expertise. On verra.»

Saison à lancer

Dans ce contexte particulier, le président doit faire quelques heures supplémentaires à la Station plein air Val-Mauricie pour bien préparer la saison hivernale. Si tout se déroule comme prévu, les portes ouvriront le 15 décembre, mais la collaboration de Dame Nature demeure essentielle en l’absence d’un système d’enneigement artificiel.

Pour remplacer le pavillon d’accueil, deux roulottes ont été installées pour recevoir les visiteurs. Une autre devient le bloc sanitaire, tandis qu’une quatrième sera consacrée à la billetterie.

«Tout est fonctionnel, le chauffage est là, la ligne téléphonique fonctionne», énumère M. Lamarche. «C’est sûr que ce n’est pas aussi grand que ce que nous avions avant. On va se contenter de cela pour cette année. Nous avons avisé les écoles, parce qu’il faudra une organisation différente. Par exemple, les jeunes ne pourront pas tous entrer en même temps pour aller manger!»

Le président n’anticipe aucun problème pour lancer les glissades sur tubes, mais en ce qui concerne le ski alpin, il se cherche au moins trois patrouilleurs pour démarrer la saison sur des bases solides.