Régis Olry est médecin et professeur d'anatomie à l'UQTR.
Régis Olry est médecin et professeur d'anatomie à l'UQTR.

Paranormal: «Il n'y a aucune preuve scientifique»

Régis Olry est médecin et professeur d'anatomie à l'UQTR. Il est aussi considéré comme un spécialiste du paranormal. Il enseigne notamment «La science face aux phénomènes paranormaux» à l'UQTR et anime une émission sur le sujet à Cogeco.
À la question «Existe-t-il des maisons hantées?», sa réponse témoigne de sa formation de scientifique. «Je ne peux pas dire si ça existe. Il n'y a aucune preuve scientifique sur laquelle on peut s'appuyer mais on peut s'intéresser au paranormal», précise-t-il d'emblée.
Prudent dans ses propos, il reconnaît qu'il existe bel et bien des endroits où des gens vivent des «choses bizarres et étranges». Quant à en savoir la cause, c'est autre chose. «Un bruit de pas ne veut pas dire qu'il y a une entité dans la maison. Il faut faire très attention avant d'émettre des hypothèses. Oui, il y a des choses qui peuvent se produire mais qu'est-ce que c'est réellement? Je ne sais pas. D'ailleurs, je ne m'implique pas dans les cas qui me sont soumis et je n'émets aucune analyse», ajoute-t-il.
S'il ne peut se prononcer sur l'existence d'entités et autres phénomènes dits paranormaux, il soutient que l'intérêt, lui, est bel et bien présent et ce, depuis longtemps. «La vie matérielle paraît insuffisante pour bien des gens. L'humain a une conscience et veut savoir ce qui se passe après. Il va se construire des hypothèses pour que ça soit moins plate d'être humain et avoir l'impression de ne pas être ici pour rien. Il y a aussi tous ceux qui aiment avoir peur. Ce n'est pas sans raison que les films d'épouvante sont si populaires», indique-t-il.
Dans son esprit de scientifique, il se montre donc très sceptique devant les équipements et appareils utilisés pour prouver la présence d'entités dans des maisons soi-disant hantées. «Il n'y a aucune théorie qui relie les champs électromagnétiques à la présence d'entités. Les orbes? Techniquement, ce sont des poussières, des particules qui reflètent une lumière. Quant aux vidéos et photos qui nous montrent des silhouettes? Qu'y voit-on vraiment? On ne sait pas. Les témoignages des gens sur place ne sont pas des preuves», soutient-il.
Par contre, il estime qu'il est important d'écouter ceux qui se disent victimes d'entités, car ils peuvent être en détresse. «Il faut faire attention aux explications hâtives. Je pense qu'il faut notamment penser à consulter des psychologues, des historiens. Les scientifiques sont peu nombreux à s'y intéresser. D'une part, ils courent le risque de passer pour des charlatans. D'un autre côté, le paranormal ne peut être analysé par la science, car il n'est pas reproductible. C'est un cercle vicieux», a-t-il conclu.