Jour de célébrations au Château Bellevue de Shawinigan jeudi, avec la présence de Gaëtan Daviau (directeur de la résidence), Michel Angers (maire), Frédéric Lepage (président - directeur général du Groupe Château Bellevue) et Jacinthe Campagna (conseillère du district de la Cité).
Jour de célébrations au Château Bellevue de Shawinigan jeudi, avec la présence de Gaëtan Daviau (directeur de la résidence), Michel Angers (maire), Frédéric Lepage (président - directeur général du Groupe Château Bellevue) et Jacinthe Campagna (conseillère du district de la Cité).

Ouverture officielle du Château Bellevue... contre vents et marées: «Nous avons un site extraordinaire»

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Le Groupe Château Bellevue a officiellement inauguré sa huitième unité jeudi après-midi à Shawinigan, un complexe pour retraités qui totalise 316 appartements sur dix étages, construit sur une vingtaine de mois à un coût qui frise finalement les 60 millions de dollars.

La cérémonie protocolaire était judicieusement organisée à la salle communautaire située au neuvième étage de l’édifice, qui offre un nouveau point de vue saisissant sur la rivière Saint-Maurice et le centre-ville. Depuis la fin de semaine dernière, quelque 180 résidents ont intégré leur nouvel appartement et les déménagements se poursuivront au cours des prochains jours. Les trois quarts des unités disponibles sont déjà louées.

Le complexe comprend une section de soins de 32 appartements pour les résidents en perte d’autonomie. Une unité dite évolutive de 34 chambres a aussi été conçue pour les personnes qui requièrent plus d’attention, mais qui souhaitent toujours vivre en couple. Ces deux services n’ouvriront toutefois leurs portes qu’en février.

Le Château Bellevue compte donc 250 appartements de trois et quatre pièces et demie pour retraités autonomes. À pleine capacité, l’endroit pourra accueillir environ 400 personnes.

«Nous avons un site extraordinaire, sur le bord de la rivière Saint-Maurice», s’enthousiasme Frédéric Lepage, président et directeur général du Groupe Château Bellevue. «Nous sommes très satisfaits de la vue sur la ville, la proximité des commerces.»

Le neuvième étage a également été choisi pour accueillir une salle à manger de 260 places. L’endroit offre une multitude de services, dont une piscine, une chapelle, un cinéma, une salle d’artisanat, un salon de coiffure, une salle d’entraînement, un café bistro, un atelier de menuiserie, une salle de quilles et une terrasse sur le toit.

Embûches

Le Groupe Château Bellevue a toutefois dû démontrer beaucoup de persévérance avant de pouvoir présenter le fruit de ses labeurs à Shawinigan.

Le neuvième étage du complexe comprend une salle à manger de 260 places.

Au printemps 2017, quelques semaines après l’annonce de cet investissement, des citoyens du secteur s’étaient mobilisés pour formuler une demande d’approbation référendaire dans le cadre d’une démarche de changement de zonage. Ils craignaient notamment l’impact négatif d’un immeuble de cette ampleur dans leur quartier. Il fallait alors 47 signatures au registre pour forcer l’organisation d’un référendum, mais seulement 29 personnes s’étaient déplacées.

Le principal écueil qui attendait ce projet s’est plutôt manifesté près d’un an plus tard, au début 2018, lorsque les travaux de décontamination et de réhabilitation des sols ont pris une tournure inattendue. La quantité de matières résiduelles à sortir lors des manoeuvres d’excavation avait visiblement été mal évaluée, causant des dépassements de coûts à la Ville de Shawinigan et des délais de construction au Groupe Château Bellevue.

Voilà pourquoi la date d’ouverture a été repoussée de juillet à octobre, puis finalement au 1er décembre 2019. Parallèlement, la Ville de Shawinigan a déposé une requête pour réclamer près de 225 000 $ aux firmes Norda Stelo et Pluritec en raison de ces imprévus de chantier.

«Chaque projet rencontre son lot de défis», sourit diplomatiquement M. Lepage. «Nous avons eu un peu d’opposition au départ, quoique nous avons réussi à rapidement rallier la population au projet, grâce au travail du maire, entre autres. Nous avons aussi eu des problèmes de contamination, qui sont venus affecter l’échéancier. Malgré tout, l’équipe de construction a fait un travail extraordinaire pour respecter les délais.»

Par contre, le dirigeant convient qu’il a fallu appuyer sur l’accélérateur pour répondre aux attentes des futurs locataires, gonflant ainsi la facture. À l’origine, le projet était évalué à 52 millions $.

«C’est sûr que tout ça a un prix», admet M. Lepage. «Mais il n’y avait pas de prix pour respecter nos engagements auprès des résidents. On parle maintenant de plus ou moins 60 millions $.»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, se payait pour la première fois cette spectaculaire vue au neuvième étage de cet immeuble et il cachait mal son enthousiasme.

Environ 40 % de l’immeuble est composé d’aires communes.

«Bien sûr, ça n’a pas été facile», reconnaît M. Angers. «Des gens autour souhaitaient que ce projet se réalise plus loin, mais les promoteurs voulaient être près du centre-ville. L’endroit choisi était important et j’y tenais personnellement. On peut dire mission accomplie!»

Située sur la 9e Rue de la Pointe, cette unité du Groupe Château Bellevue, la plus imposante du portefeuille, embauche une cinquantaine de personnes.