Après avoir passé 25 ans à la tête d’Opération Nez rouge de Nicolet-Bécancour, Michel Legault tire sa révérence. Il souhaite tout de même trouver un successeur qui pourra prendre sa relève et poursuivre en 2019 le service de raccompagnements.

Opération Nez rouge tatouée sur le cœur

NICOLET — Durant 25 ans, Michel Legault a incarné Opération Nez rouge à Nicolet et Bécancour. Après avoir été l’instigateur de ce service sur la rive sud du Saint-Laurent, il a piloté la centrale de Nicolet-Bécancour jusqu’à l’an dernier. Faute de relève, le service de raccompagnement n’est pas offert cette année. Mais Michel Legault ne lance pas la serviette et souhaite toujours trouver de la relève pour ce service très utile et qui contribue surtout à faire changer les mentalités.

Cette implication auprès d’Opération Nez rouge a d’ailleurs été mentionnée à l’Assemblée nationale le 4 décembre dernier. Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, lui a rendu hommage dans une déclaration faite au salon bleu. Le député a aussi profité de l’occasion pour souligner les implications de cet ancien enseignant de sciences au Collège Notre-Dame-de-l’Assomption qui a déjà occupé le poste de directeur du service de sécurité incendie de Nicolet et qui s’est impliqué de nombreuses années auprès du mouvement scout. Michel Legault, qui travaille aussi pour le député fédéral Louis Plamondon, vient d’ailleurs tout juste de prendre sa retraite de la brigade des pompiers volontaires de Nicolet, après 42 ans de service.

«J’ai fondé l’organisation à Nicolet avec d’autres amis en 1992. J’espérais qu’un jour quelqu’un prenne la relève, mais ça n’a pas répondu à l’appel», mentionne M. Legault, qui avoue être déçu de ne pas avoir pu passer le flambeau à une autre organisation.

Comble de la malchance pour Opération Nez rouge de Nicolet-Bécancour, le groupe scout de Nicolet, qui agissait à titre de maître d’œuvre de l’organisation, a fermé ses portes au cours de la dernière année. Michel Legault a approché la Maison des jeunes, le hockey mineur, les Optimistes et les Chevaliers de Colomb pour remplacer les scouts, mais aucune organisation ne voulait prendre la relève en raison de l’importante charge de travail que cela représente. Et ce même si Nez rouge permet d’amasser près de 6000 $ pour l’organisme qui s’en occupe. S’il est trop tard pour cette année, Michel Legault n’entend pas abandonner ses recherches.

Il doit d’ailleurs rencontrer au début de l’année 2019 les représentants du Centre d’action bénévole de Nicolet, un organisme qui tient notamment des camps pour les jeunes. Cela pourrait bien être la relève tant souhaitée pour reprendre le flambeau d’Opération Nez rouge à Nicolet-Bécancour.

Chose certaine, ce n’est pas par manque de bénévoles que la centrale de Nicolet-Bécancour a dû cesser des activités. Plusieurs ont même communiqué avec Michel Legault, pour déplorer la situation. «On avait beaucoup de plaisir et tout le monde est resté surpris qu’il n’y en avait pas cette année», précise-t-il.

Nez rouge tatoué sur le coeur

Les 25 années d’implication auprès d’Opération Nez rouge de Michel Legault représentaient beaucoup de travail, mais surtout des belles rencontres. «J’avais beaucoup de plaisir à accueillir les gens et travailler à la centrale comme responsable avec les bénévoles. Et moi-même, je faisais beaucoup de raccompagnements, parce que j’aimais me monter une équipe et faire des nuits de raccompagnements», mentionne-t-il.

«C’est très agréable et c’est extrêmement rare qu’une personne est saoule morte. Les gens sont très heureux du service et ils sont très agréables. Ç’a été de très belles années.»

Bien qu’il ne soit plus à la tête d’une centrale d’Opération Nez rouge, Michel Legault est un brin nostalgique. Il a toujours apprécié l’esprit de camaraderie qui règne dans les groupes de bénévoles. «Je crois que je vais même donner mon nom comme bénévole à la centrale de Trois-Rivières pour faire des raccompagnements», avoue-t-il.

La très grande majorité des raccompagnements se font sans histoire. Mais lorsqu’on passe 25 ans à la tête d’une centrale, on se souvient de quelques anecdotes savoureuses. Michel Legault se souvient encore de cette fameuse fois où un groupe de pompiers alors bénévoles pour Nez rouge se sont rendus au défunt bar de danseuses de Nicolet pour la reconduire à Sorel. La jeune femme avait alors demandé à son conducteur si elle pouvait fumer une cigarette, ce qu’il a accepté.

«Le pompier a dû conduire la tête sortie du véhicule pour ne pas respirer la fumée de cette cigarette qui n’en était pas une finalement. Il voulait être sûr de ne pas altérer ses capacités de conduite», raconte-t-il en riant.

Des mentalités qui changent

Les mentalités entourant la conduite avec les facultés affaiblies ont grandement évolué ces 25 dernières années. Et Michel Legault est fier qu’Opération Nez rouge a permis de changer les comportements des automobilistes. La sensibilisation aux dangers de la conduite avec les facultés affaiblies a toujours été un élément très important de son implication.

«Je me suis toujours dit que si on arrivait à éviter 1% d’accident avec Nez rouge, c’est déjà beaucoup. On fait de la prévention et on aide les gens à retourner chez eux en sécurité», note-t-il. «Et on aide à éviter des accidents qui font d’autres victimes qui n’ont pas consommé avant de prendre la route.»

Une 35e campagne qui va bon train

Les bénévoles d’Opération Nez rouge sont à pied d’œuvre dans la région pour permettre aux automobilistes de rentrer chez eux en toute sécurité après avoir consommé. En service jusqu’au 31 décembre, Opération Nez rouge a déjà réalisé cette année 473 raccompagnements à Trois-Rivières, 126 à Shawinigan et 72 dans la MRC Mékinac. À l’échelle de la province, la 35e campagne de l’Opération Nez rouge a mobilisé jusqu’à maintenant 7158 bénévoles. Ceux-ci ont effectué 16 622 raccompagnements. Gabriel Delisle