Une collecte de bouteilles de vin et de spiritueux a eu lieu jeudi devant la SAQ DÉpot de Trois-Rivières afin de demander au gouvernement d’étendre la consigne sur ce verre.

Opération consigne à Trois-Rivières

Trois-Rivières — Alors que le premier ministre du Québec a annoncé plut tôt cette semaine son intention d’élargir la consigne aux bouteilles de vin et de spiritueux, un groupe de citoyens préoccupés par l’environnement ont procédé jeudi à une collecte de bouteilles vides devant la succursale de la SAQ Dépôt de Trois-Rivières.

«Notre objectif est de passer le message à nos citoyens, mais surtout de passer un message à notre gouvernement et au ministre de l’Environnement, Benoit Charette, qu’il serait temps de moderniser la consigne au Québec», affirme Claude Poudrier, président de la section de Cap-de-la-Madeleine de l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et autres services publics du Québec (AREQ-CSQ), l’organisme derrière cette action citoyenne.

Selon le président de l’association derrière cette journée «opération consigne» de jeudi à Trois-Rivières qui se déroulait dans le cadre de la semaine de réduction des déchets, le recyclage du verre n’est pas aussi efficace d’une région à l’autre. Une action similaire de collecte de bouteilles de vin et de spiritueux s’est également tenue jeudi à Drummondville. Alors que le verre serait bien valorisé dans certaines régions du Québec, il le serait bien moins dans d’autres.

«Dans notre région, il n’y a presque pas de contamination [par du verre brisé] de bouteilles de vin. Mais dans d’autres régions, c’est problématique», mentionne Claude Poudrier. «On est en 2019, le Québec doit se moderniser. Il y a deux provinces au Canada où il n’y a pas de système de consigne officielle de bouteilles de vin et de spiritueux, c’est le Québec et le Manitoba. Il serait grand temps.»

Cette action de cueillette de bouteilles de vin et de spiritueux devant la SAQ Dépôt de Trois-Rivières se tenait deux jours après que le premier ministre du Québec ait annoncé l’intention de son gouvernement d’élargir la consigne à ces types de bouteilles. «C’est correct de l’annoncer, mais on veut que ça se fasse. On a déjà vu dans le passé des annonces et rien ne se passait», précise le président de la section de Cap-de-la-Madeleine de l’AREQ-CSQ.

À Trois-Rivières, il est possible de disposer du verre sur le site de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Un conteneur du Groupe Bellemare, secteur Abrasifs et Minéraux, permettant de récupérer le verre pour sa mise en valeur est mis à la disposition de la population de la région.

Militant très actif dans la lutte à l’exploitation du gaz de schiste, Serge Fortier était présent jeudi à Trois-Rivières. Il affirme que les façons de recycler le verre actuellement ne permettent pas généralement de la valoriser adéquatement.

«Ça semble être valorisé parce que ça prend le bord du bac de recyclage, mais lorsque j’ai visité un centre de tri du Centre-du-Québec, la personne aux communications disait que le verre était broyé et qu’il servait ensuite comme matériel de recouvrement dans les sites d’enfouissement. Finalement, il prend le chemin du site d’enfouissement pareil. Ce n’est pas une façon de valoriser le verre», dénonce-t-il.

«Le verre est une matière qu’on peut recycler à l’infini, contrairement au papier et au carton qui peut être recyclé un temps, avant que la fibre ne soit plus bonne.»