Le ministre de la Santé, Christian Dubé.
Le ministre de la Santé, Christian Dubé.

«On vous demande un mois d’effort pour casser la deuxième vague»

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le virus de la COVID-19 fait de plus en plus de ravages autour de Montréal, alors que toute la région métropolitaine bascule désormais en zone orange.

On comptait déjà depuis quelques jours cinq régions placées en zone orange, c’est-à-dire en zone d’«alerte modérée»: l’île de Montréal, Laval, Québec, Chaudière-Appalaches et l’Outaouais.

Autour de Montréal, la zone orange s’étend désormais à Saint-Jérôme (MRC de Rivière-du-Nord), la Montérégie, une partie des Laurentides et de Lanaudière.

L’annonce a été faite vendredi par le ministre de la Santé, Christian Dubé, en conférence de presse, accompagné du directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda.

Épicentre de la pandémie le printemps dernier, la situation à Montréal sera donc suivie de «très, très près» dans les prochains jours par la santé publique, une situation qualifiée d’«inquiétante» par le ministre Dubé.

Dans la région, le Centre-du-Québec est passé au jaune cette semaine tandis que la Mauricie se maintient au vert, bien qu’une tendance à la hausse est observable.

L’alerte orange est le troisième palier d’une palette de couleurs qui en compte quatre: vert (mesures sanitaires de base), jaune (pré-alerte), orange (alerte modérée) et rouge, soit l’alerte maximale qui ramène le spectre du confinement.

Aucune région du Québec n’est encore passée en zone rouge, à ce jour.

Renoncer aux rassemblements

Comme il avait fait la veille, M. Dubé a réitéré l’importance de renoncer dans les quatre semaines qui viennent à tout rassemblement non essentiel pour freiner la propagation de la COVID-19.

«On vous demande un mois d’effort pour casser la deuxième vague», a-t-il insisté, rappelant la nécessité dans le contexte actuel de limiter au minimum les contacts sociaux.

Le gouvernement Legault demande donc aux Québécois d’annuler notamment tous les soupers de famille ou entre amis, les partys ou toute autre activité de groupe susceptible de faciliter la propagation du virus.

Québec déconseille les rassemblements, mais ne les interdit pas.

On veut surtout aplanir la courbe d’évolution de l’épidémie, repartie à la hausse depuis quelques semaines.

«La maudite courbe, on va lui donner un grand coup», a illustré le ministre, en disant miser sur la collaboration de la population dans le mois qui vient pour garder le contrôle de la situation.

Jeudi, il avait demandé aux Québécois d’annuler les activités prévues durant le long congé du week-end de l’Action de grâce, du 10 au 12 octobre.

De jeudi à vendredi, le Québec a enregistré 637 nouveaux cas - dont 229 à Montréal - et quatre décès, pour un total de 70 307 cas depuis le début de la pandémie, en mars.

Vendredi, la direction régionale de la Santé publique rapportait 10 nouveaux cas au Centre-du-Québec et neuf en Mauricie. C’est à Trois-Rivières qu’on note la plus forte augmentation, avec sept cas de plus. Du côté de Victoriaville, la Santé publique rapporte quatre cas supplémentaires. Un cinquième cas a aussi été détecté en Haute-Mauricie.

On dénombre donc 90 cas actifs dans la région, ce qui correspond à une augmentation de huit par rapport à la veille. De plus, on retrouve actuellement trois personnes hospitalisées en lien avec la COVID-19, soit deux de plus que jeudi.

Pendant ce temps, le nombre de tests de dépistage du virus est aussi en hausse. Au total, 36 000 tests ont été effectués jeudi et vendredi.

Du 21 au 24 septembre, les cliniques de dépistage de la Mauricie et au Centre-du-Québec, avec ou sans rendez-vous, ont effectué de leur côté 6565 tests de dépistage, ce qui correspond à une moyenne de 1641 tests par jour.

La journée la plus occupée cette semaine était celle de mardi, où 1891 tests ont été réalisés dans la région. Ces cliniques ont réussi un peu plus de 500 tests que sur la même période de la semaine précédente.

Il est bien sûr possible de subir un test de dépistage pour la COVID-19 le week-end dans les différentes cliniques avec rendez-vous. Les personnes craignant avoir des symptômes de COVID-19 peuvent compléter l’outil d’évaluation des symptômes disponible à l’adresse suivante https://ciusssmcq.ca/soins-et-services/sante-publique-conseils-sante-mieux-etre/covid-19/test-de-depistage ou en téléphonant au 1 877 644-4545. Les cliniques sans rendez-vous ne sont pas ouvertes le week-end.

Par ailleurs, en quelques jours seulement, déjà plus de 5000 personnes retraitées ont répondu à l’appel du gouvernement et se sont inscrites au site «Je contribue». Elles veulent offrir leurs services en vue de participer à l’opération, présentement en cours, de dépistage et d’enquêtes de traçage de personnes éventuellement atteintes.

Le but consiste à libérer le personnel de la santé.