Véronique Houle lors du dépôt de la déclaration d’urgence climatique au conseil de ville le 4 septembre dernier.

«On veut rallier le plus de monde possible»

TROIS-RIVIÈRES — L’urgence d’agir face aux changements climatiques, de plus en plus de citoyens la ressentent. Mais qu’en est-il des gouvernements? Dans le but de les conscientiser et de les inciter à agir maintenant, de Gaspé à Gatineau, plusieurs rassemblements sont prévus samedi. Et Trois-Rivières n’est pas en reste. Le volet régional de la grande marche pour le climat se tiendra à compter de 14 h, samedi, au parc Champlain, à Trois-Rivières. Et les organisateurs ont bien l’intention de marquer les esprits: ils visent la force du nombre pour envoyer un message fort.

«On veut rallier le plus de monde possible ici en région pour envoyer un message fort au gouvernement. On veut qu’il considère l’environnement dans ses actions futures. On veut que ce soit une priorité», souligne Véronique Houle. Et il n’est plus minuit moins une, fait valoir la Trifluvienne. «Il est plus que temps. Il est minuit passé. Déjà, il y a beaucoup de choses qu’on remarque. Les inondations, les canicules. On ne peut plus le nier. Il faut qu’on pense aux générations futures. Même qu’il faut qu’on pense à notre futur», souligne-t-elle en faisant allusion aux déclarations de l’ONU qui estime qu’il reste deux ans pour agir contre les changements climatiques pour éviter «des conséquences désastreuses».

L’étudiante en sciences infirmières à l’UQTR est engagée dans le collectif citoyen environnemental La planète s’invite au parlement qui organise la grande marche pour le climat de samedi. Ce mouvement, qui s’appelait La planète s’invite à la campagne pendant les dernières élections, a vu le jour afin d’interpeller les candidats sur les questions environnementales.

À deux semaines de la rentrée parlementaire, les rassemblements de samedi visent clairement la CAQ. Mais les revendications ciblent aussi le fédéral et même le palier municipal. «Le conseil municipal, c’est les décideurs les plus proches de nous. Ils ont beaucoup d’impact. Ils sont capables de décider de beaucoup de choses qui peuvent aider à réduire les gaz à effet de serre», note Mme Houle.

D’ailleurs, un groupe de citoyens a déposé une déclaration d’urgence climatique au conseil de ville le 4 septembre dernier. Les Trifluviens se sentent souvent interpellés par des dossiers qui touchent l’environnement, fait valoir le collectif, comme les projets de développement domiciliaire du golf Les Vieilles Forges et de la rue Flamand ainsi que la mise en vente du boisé des Estacades. «Nos efforts individuels sont trop souvent contrecarrés par des décisions politiques dignes du siècle dernier. Le régime fiscal municipal actuel pousse les villes à s’étaler. Ça prend une volonté du gouvernement québécois pour changer ce régime», estime Steven Roy Cullen, qui est engagé dans le collectif et qui était candidat de Québec solidaire dans Champlain aux dernières élections.

Patrick Bonin de Greenpeace a mentionné à La Presse canadienne qu’il s’attend à ce que la marche - qui devrait regrouper des milliers de personnes à Montréal - «soit l’une des plus grosses manifestations environnementales qu’on a eues au cours des dernières années au Québec». Il est aussi important de se mobiliser dans chacune des régions, affirme Mme Houle. «Moi, j’avais déjà participé à Montréal et on nous avait clairement dit qu’il faut que ce soit partout au Québec. Il y a des enjeux environnementaux partout au Québec. Il ne faut pas que ce soit un mouvement seulement à Montréal. Il faut aller dans nos municipalités et se mobiliser.»

Et combien de personnes sont attendues samedi au parc Champlain? «Tout le monde», lance en riant Mme Houle. «C’est la force du nombre qui va faire changer les choses au plus vite. On compte sur la force du nombre pour mettre de la pression, accélérer les changements et les décisions. Les solutions, elles existent. On ne va pas jouer à l’autruche.»