Les avions Boeing 737 Max sont cloués au sol.

«On sent que les voyageurs sont inquiets»

Trois-Rivières — L’écrasement d’un Boeing 737 Max 8 d’Ethiopian Airline sème de vives inquiétudes chez de nombreux voyageurs. Alors que le gouvernement du Canada a annoncé que les modèles de ces avions sont cloués au sol, les agences de voyages de la région doivent répondre à plusieurs questions des clients et les rassurer.

«On sent que les voyageurs sont inquiets. Nous avons eu énormément d’appels depuis mardi soir. Les gens appellent et veulent s’assurer que le vol qu’ils ont choisi n’est pas ce type d’appareil», avoue Justin Bordeleau, vice-président à l’agence Voyages Arc-en-ciel.

«Les clients vivent de l’insécurité reliée à cette situation, alors il faut les rassurer. On fait des vérifications et on leur fournit l’information du modèle d’appareil qui dessert leur liaison.»

Les employés de Voyages Arc-en-ciel ont dû aussi bien expliquer aux clients les différences entre les modèles d’avions, car le Boeing 737 est après tout le modèle de porteur qui est le plus vendu. «Les gens qui voient sur leur billet que c’est écrit 737 peuvent confondre les différents modèles d’avion. Ils ne font pas la nuance avec le modèle Max. Ces personnes ont besoin d’être rassurées. Et nous sommes là pour ça», précise Justin Bordeleau.

Même son de cloche du côté de l’agence Voyages à rabais, où les appels ont également été très nombreux. «La situation avec le Boeing 737 Max 8 a créé beaucoup d’achalandage sur nos lignes téléphoniques et sur les communications via le web. Oui les gens sont inquiets et nous sommes concernés aussi», soutient Kim Villeneuve, conseiller principal marketing stratégique et rayonnement à Voyages à rabais.

«Une enquête est en cours et nous allons attendre le verdict, mais Voyages à rabais a des voyageurs partout au Québec et nous suivons la situation de très près. D’heure en heure, nous suivons les avancements.»

Les agents de Voyages à rabais doivent également rassurer les clients. «La sécurité prime. Et on comprend ça. Notre rôle est de communiquer avec nos clients pour les rassurer et répondre à leurs questions», ajoute M. Villeneuve.

Peu d’impacts pour l’instant

Les impacts sur les voyageurs de la décision de clouer au sol les Boeing 737 Max 8 ne sont pour l’instant pas encore connus. Au Canada, ce modèle est utilisé par Air Canada, qui en compte 24, Sunwing, qui en utilise quatre, ainsi que WestJet qui en exploite une dizaine. Les dirigeants des agences de voyages avec qui Le Nouvelliste s’est entretenu indiquent que les compagnies aériennes font actuellement des pieds et des mains pour limiter ces impacts sur les voyageurs.

«La majorité des destinations dans le sud ne sont pas desservies par des Boeing 737 Max 8. Les impacts sur nos clients sont donc limités», précise Justin Bordeleau de Voyages Arc-en-ciel. «L’impact au niveau des vacanciers est modeste. C’est plus l’impact psychologique qui est important.»

La copropriétaire de Club voyages super soleil, Mireille Mongrain, soutient pour sa part que cette situation va toucher la clientèle d’affaires, car les destinations de cette clientèle, comme l’Ouest canadien, sont régulièrement desservies par des Boeing 737 Max. «En général, il n’y a pas de panique. Les gens sont rassurés de voir que les avions sont au sol. Lorsqu’on va déterminer ce qui s’est passé, ça va faire l’avion le plus sécuritaire au monde.»

Bonne décision... en retard

Le député de Trois-Rivières et porte-parole du NPD en matière de Transports, Robert Aubin, se disait satisfait mercredi de la décision du gouvernement de clouer les 737 Max 8 au sol. Il estime toutefois que cette décision aurait pu être prise plus tôt.

«Sur le résultat, nous sommes satisfaits, maintenant qu’on sait qu’il n’est rien arrivé et que le Canada a rejoint l’ensemble des nations qui reconnaissent qu’il y a une problématique», soutient Robert Aubin.

«Ce qui fait que nos réjouissances ne sont pas complètes, c’est la vitesse avec laquelle le ministre Marc Garneau réagit.»

Pour le NPD, le gouvernement devait adopter le principe de précaution.

«Le principe de précaution devait s’appliquer, ce que la plupart des autres pays ont compris et appliqué», ajoute le député de Trois-Rivières.