Le président du CA de la Coopérative de solidarité Le Nouvelliste, Louis Ménard, accompagné des autres membres du CA soit Sylvie Turcotte, Jean Gagnon, Mireille Cossette, Kim Alarie (secrétaire), Marie-Claude Leduc (contrôleure) et Stéphan Frappier (vice-président).

«On se sent enfin libérés d’un poids énorme»

TROIS-RIVIÈRES — Après des mois d’incertitude, les employés du Nouvelliste ont poussé un soupir de soulagement lundi lorsque le jugement de la cour supérieure a été rendu public. La coopérative peut aller de l’avant et diriger la destinée du quotidien fondé en 1920.

«On se sent enfin libérés d’un poids énorme qu’on avait sur nos épaules. Cette nouvelle est donc très bien accueillie», avoue Louis Ménard, journaliste, chef de pupitre et président du conseil d’administration de la Coopérative de solidarité Le Nouvelliste.

Le feu vert donné aux coopératives par la Cour supérieure met fin à un long processus qui s’est amorcé à la suite de la mise sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies le 19 août dernier. Devant cette situation de faillite, les travailleurs ont collectivement déposé une offre de relance de l’entreprise. Aidés par la Fédération nationale des communications (FNC-CSN) et la firme MCE Conseils, les employés ont fondé les coopératives, développés un plan d’affaires et recueilli les fonds nécessaires.

«Ça n’a pas été simple. Depuis le mois d’août, on ne savait pas où on s’en allait. Finalement, on est arrivé avec un projet de coopérative pour les six journaux régionaux. Ç’a pris beaucoup d’huile de bras pour en arriver là. Aujourd’hui on voit enfin le résultat et on est très heureux que le juge ait entériné le plan de relance», ajoute Louis Ménard.

«Les journaux régionaux sont une partie importante des communautés. C’était inconcevable que ça disparaisse.»

En devenant une coopérative, le mode de gestion de Nouvelliste sera fort différent. Les employés deviennent les propriétaires et sont beaucoup plus impliqués dans le processus de décision et de gestion. «Les décisions appartiennent maintenant aux employés. Et il y a un changement quand même important, il n’y a plus d’obligations de profitabilité. Le but d’une coopérative est de fournir du travail à ses employés. Si on fait des profits, tant mieux, mais si on arrive au seuil de rentabilité, on atteint notre objectif», précise le président du conseil d’administration de la Coopérative de solidarité Le Nouvelliste.

Le président-éditeur du Nouvelliste, Alain Tucotte, était aussi très soulagé que le juge donne son accord au plan de relance de l’entreprise déposé par la coopérative. «C’est une excellente nouvelle. Ça démontre que Le Nouvelliste va continuer. On peut voir l’avenir avec optimiste. Nous avons une entreprise qui appartient maintenant aux travailleurs», soutient-il.

Malgré la transformation de l’entreprise en coopérative, Le Nouvelliste doit encore, comme tout média de presse écrite, à d’importants défis. Alain Turcotte rappelle que l’industrie compose avec des baisses des revenus publicitaires et un glissement de ces revenus vers les géants du web. «Il faut voir comment on va orchestrer ça à l’avenir. Mais pour l’instant, c’est une bonne nouvelle pour les gens de la Mauricie qui ont encore leur quotidien», mentionne Alain Turcotte.

Le ministre Jean Boulet.

«On sent auprès des annonceurs le besoin d’être plus près de nous. On se rend compte qu’ils tiennent au journal.»

Réactions politiques

Député de Trois-Rivières et ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet était très heureux du dénouement des choses. «Je suis très content. J’ai toujours été convaincu que le modèle de coopérative était le meilleur», affirme le Jean Boulet, également le ministre responsable de la région de la Mauricie.

«Notre priorité [au gouvernement] a été de sauver les emplois dans les différents quotidiens en région et de préserver l’information régionale. Je souhaite la meilleure des chances à cette coopérative, c’est une bonne nouvelle pour la diversité dans les médias.»

Même son de cloche du côté du maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche. Il estime que la décision de la Cour supérieure est «bon pour la démocratie, le développement économique et la société».

Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.

«C’est le fruit des efforts d’une communauté et surtout des employés. Je suis vraiment content pour eux, ça va faire un plus beau temps des Fêtes», mentionne le maire de Trois-Rivières.