Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies.
Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies.

«On ne tolérera plus les menaces»

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
LOUISEVILLE — «Ça fait 30 ans que je suis en politique et j’encaisse sans réagir. Maintenant, on va dire aux gens de se calmer. Si ça ne fait pas, on fait appel à la police. On ne tolérera plus les menaces.»

Selon Yvon Deshaies, la teneur de certains propos entre les citoyens et les représentants municipaux a évolué depuis son arrivée en politique. Et pas dans la bonne direction. Insultes, menaces et discussions agressives sont de plus en plus courantes à l’égard des élus et des employés municipaux et Louiseville va prendre les moyens pour y remédier.

Dès le mois de janvier, le conseil va adopter un règlement sur le civisme à l’égard des élus et des employés municipaux. Louiseville va ainsi rallier d’autres villes de la région qui ne tolèrent plus les écarts de comportement de citoyens envers leur personnel.

«Au service des permis, ça arrive que les gens sacrent après les employés. Un gars de la voirie va réparer un trou dans une rue et un citoyen n’est pas content parce qu’on a accroché son terrain. La Ville va l’arranger, mais les employés de voirie reçoivent des bêtises. Et j’ai des gens qui m’ont accroché une couple de fois. Quand une personne reçoit une contravention, c’est quasiment la faute du maire ou des conseillers. On est obligé de dire aux gens d’être courtois. On est loin de quand j’ai commencé en politique», note M. le maire.

Selon lui, les réseaux sociaux auraient un rôle à jouer dans ce manque de civisme à l’égard des élus et du personnel municipal. Lorsqu’un dossier soulève la controverse, la relance de commentaires négatifs vient gonfler l’histoire et lorsque des gens croisent les élus, ils «pètent une coche», comme l’explique M. Deshaies qui précise que ces écarts de comportement ne sont jamais allés jusqu’à de la violence physique.

«Avec le règlement qu’on a passé sur les muselières, des gens m’accrochaient sur la rue et m’insultaient. J’ai même reçu une lettre, qui n’était pas signée, qui disait: «Quand je vais te rencontrer, mon gros chien va te mordre». Ça a été difficile», reconnaît le maire, en soulignant que la même consigne de respect s’applique également aux élus et au personnel dans leurs discussions avec les citoyens.

Ce règlement sur le civisme n’encadrera pas les discussions sur les réseaux sociaux. Une certaine surveillance est toutefois assurée par le service des communications de la Ville de Louiseville. Yvon Deshaies assure que si des propos sur les réseaux sociaux méritent une poursuite, la Ville ne va pas se gêner pour agir.

Une campagne de sensibilisation a été lancée il y a quelques jours afin de rappeler aux gens de faire preuve de civisme. Des affichettes ont notamment été placées à l’entrée de l’hôtel de ville et sur des véhicules appartenant à la Ville de Louiseville, à l’exception des camions de pompiers.

D’autres villes, politiques semblables

L’initiative de Louiseville suit celle prise en mars 2017 par la Ville de Shawinigan. Celle-ci avait lancé une campagne axée sur le respect afin de protéger son personnel contre toute forme de violence. Shawinigan a installé des affiches de sensibilisation et une caméra de surveillance à l’entrée de l’hôtel de ville. La campagne de sensibilisation avait été lancée après l’adoption de la politique de prévention de la violence dans les rapports avec la clientèle.

Trois-Rivières a adopté en mars dernier une politique de prévention de la violence. Le service des ressources humaines a mené des rencontres d’information rappelant aux travailleurs qu’ils ne doivent pas tolérer la violence ou le manque de civisme à leur endroit. Une campagne d’affichage a lieu dans les endroits de services à la clientèle afin de rappeler aux citoyens qu’ils ont droit au respect au même titre que les employés. La Ville a même modifié son règlement sur la paix qui précise que «nul ne peut injurier ou insulter un policier ou un employé dans l’exercice de ses fonctions».

La Tuque n’a pas de règlement en la matière, mais a publié dans le bulletin municipal de l’automne un message invitant les citoyens à faire preuve de respect envers les employés.

Nicolet et Bécancour n’ont pas de règlement concernant ce sujet.