Yves Lévesque

«On est un partenaire de ce surplus»

TROIS-RIVIÈRES — Même s’il dit laisser aux partis d’opposition le soin de commenter les choix du gouvernement dans son budget provincial, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, ne cache pas sa déception par rapport aux municipalités où «il manquait des choses assez importantes».

D’abord, il rappelle que Québec avait demandé un «effort considérable» au monde municipal pour équilibrer les budgets il y a quelques années.

«Ça fait environ six ans que les municipalités contribuent à la hauteur de 300 millions par année, ce qui veut dire 1,8 milliard de dollars. Alors que nous avons contribué à l’assainissement des finances publiques, beaucoup d’argent a été donné un peu partout dans le budget, mais ceux qui ont participé à l’effort, soit les municipalités et ses citoyens, n’ont pas encore un retour sur l’argent», déplore-t-il.

Selon lui, à partir du moment qu’il y a des surplus budgétaires, «il faut reconnaître l’effort qui a été demandé aux municipalités». «J’aurais aimé voir des mesures concrètes pour compenser l’argent qui nous a été enlevé», ajoute M. Lévesque.

Il donne l’exemple des compensations tenant lieu de taxes. «Juste ça, c’est quelque chose de majeur pour nous. Pour la Ville de Trois-Rivières, pour donner un ordre de grandeur, c’est 4,5 millions de dollars. J’aurais aimé voir dans la redistribution d’argent de mardi une reconnaissance des efforts demandés aux municipalités pour équilibrer leur budget. On annonce des surplus budgétaires, mais on est un partenaire de ce surplus. On était contre la coupe imposée de 300 millions par année. On l’a fait comme partenaire, et partenaire, ça veut dire que quand ça va mieux, il faut redonner ce qui a été enlevé, et là-dessus, on est loin de la coupe aux lèvres par rapport à tout ça», décrie le premier magistrat.

Parmi les autres dossiers, celui-ci évoque l’amélioration de la rue Saint-Maurice alors que «cinq milliards de dollars ont été donnés au niveau du transport».

«C’est un dossier qui est banal à régler, c’est une rue numérotée, gouvernementale, congestionnée. On a fait part au ministre des Transports que cette voie doit être élargie pour rendre ça plus fluide et sécuritaire», a-t-il confié.

Par ailleurs, le maire Lévesque souhaite avoir des nouvelles «avant les élections» sur la décontamination du terrain Aleris.

«On a vu que le gouvernement a octroyé 75 millions de dollars pour que la Ville de Montréal décontamine des terrains industriels. Nous, on a un terrain qui traîne depuis 2009 et le gouvernement était partenaire de ces opérations-là pendant des années», soutient-il.

Finalement, au plan régional, ce dernier réclame l’élargissement de l’autoroute 55.

«C’est une demande au niveau de la région depuis très longtemps. Il y a eu des intentions claires du ministère des Transports au niveau des Villes de Québec et Montréal, mais il y a des enjeux au niveau de la région», a-t-il conclu.