Johanne Panneton appuie sans réserve la demande de recours collectif du Conseil pour la protection des malades.

«On est rendu là»

TROIS-RIVIÈRES — En 2015, Johanne Panneton avait vivement dénoncé les traitements réservés aux personnes âgées dans les CHSLD. Lors d’une visite à la résidence Cooke de Trois-Rivières, elle avait filmé deux résidents étendus sur le sol sans que personne ne s’en occupe. Trois ans plus tard, elle estime que les conditions de vie ne sont pas meilleures et appuie sans réserve la demande de recours collectif du Conseil pour la protection des malades.

«On a vraiment besoin d’aide dans les CHSLD. Les conditions de vie de malades ne sont vraiment pas adéquates. Même si ma mère est décédée [depuis les événements de 2015], ça me tient à cœur. Je l’ai vécu et je trouve que c’est inhumain de traiter nos aînés de cette façon», dénonce Johanne Panneton. «Un bain par semaine, ce n’est pas assez.»

Le dépôt de ce recours collectif démontre bien, selon Mme Panneton, que les choses ne changent pas dans les CHSLD. «Je pense qu’on est rendu là, parce qu’il n’y a rien qui bouge... absolument rien qui bouge», soutient-elle. «C’est dégradant ce qu’il se passe dans les CHSLD. C’est de pire en pire et j’espère ne jamais aller là-dedans.»

D’ailleurs, la récente vague de chaleur a exposé certains problèmes des CHSLD. Au moins 33 personnes sont mortes au Québec, dont six dans la région, en raison de la chaleur. «J’ai été outré quand j’ai entendu que les bureaux de secrétaires, des médecins et de la direction sont climatisés, alors que nos malades et nos parents sont dans la chaleur», affirme Johanne Panneton.

«Je sais ce que c’est. Même si on met des ventilateurs, il n’y a rien qui fonctionne. Ce n’est que de l’air chaud. Qu’on ne soit pas capable de climatiser une chambre pour le bien-être des malades, c’est outrant.»

Johanne Panneton évoque de plus plusieurs lacunes concernant la qualité de la nourriture servie aux résidents des CHSLD. Elle indique que lorsque sa mère était encore en vie, on lui servait des aliments peu attrayants. «On lui donnait un sandwich aux oeufs dans une assiette chauffée, ça devient tout mouillé. J’ai vu des fèves au lard passées dans un mélangeur, ce n’était pas très appétissant», ajoute-t-elle. «Et les collations, c’est toujours la même affaire.»

À ce titre, Mme Panneton indique que les fruits se font rares dans les CHSLD. «Tout ce qu’ils ont, c’est de la crème glacée, un biscuit ou du Jell-O. Jamais il n’y a de fruits, même quand c’est la saison. Ils n’ont pas droit à ça. Si les proches des patients n’en apportent pas, ils n’en auront pas», poursuit la dame.