L’entreprise Textiles Patlin a besoin de personnel supplémentaire.

«On est rendu à importer des travailleurs»

Saint-Paulin — «Le chômage est bas, on a essayé des programmes de retour au travail. On est rendu à importer des travailleurs.»

Textiles Patlin se tourne vers l’international pour trouver du personnel. L’entreprise de Saint-Paulin accueillera deux couturières du Pérou dès le mois d’août dans le but de les conserver au sein de son équipe, souhaite Sonia Chevalier, la vice-présidente de la compagnie spécialisée dans l’habillage de fenêtres et de lits.

La pénurie de main-d’œuvre est un phénomène connu dans plusieurs secteurs de l’activité économique. La rareté de spécialistes de l’aiguille fait en sorte que la difficulté est bien réelle, ce qui amène Patlin à recourir pour une première fois à de la main-d’œuvre étrangère.

«On a trouvé ces deux couturières avec une firme spécialisée dans le recrutement international, mentionne Mme Chevalier. Elles viennent s’établir ici pour améliorer leur qualité de vie. Les salaires sont moindres là-bas, c’est autour de 25 $ par mois en dollars canadiens. Ici, elles vont gagner autour de 455 $ par semaine. Le but est d’envoyer l’argent pour aider leurs familles. Elles laissent leurs enfants là-bas et viennent ici un an.»

À la fin de leur première année, les Péruviennes pourront retourner dans leur pays durant quelques semaines et décideront par la suite si elles poursuivent l’expérience. L’entente signée par Textiles Patlin est de deux ans minimum. Mais si l’aventure se passe bien, la compagnie veut les garder à plus long terme.

Sonia Chevalier est la vice-présidente de Textiles Patlin.

L’entente prévoit que la seule responsabilité de Textiles Patlin est de fournir un emploi à ces gens. Mais la compagnie a aussi le devoir de leur trouver un logement meublé à Saint-Paulin et va les accompagner dans leur processus d’intégration.

«On leur trouve un logement qu’elles vont payer. On travaille avec le SANA (le service d’accueil des nouveaux arrivants de la MRC de Maskinongé) pour leur faire comprendre le système ici: la caisse populaire, avoir un numéro d’assurance sociale, comment fonctionne un guichet automatique. Et on prépare des tablettes électroniques dans l’usine avec Google traduction. Elles arrivent ici avec un cours de base de français!», rappelle la vice-présidente, en soulignant que l’entreprise a pris soin de les amener en août au lieu d’en plein hiver afin qu’elles apprivoisent lentement le choc de température qui les attend.

Ce recours à de la main-d’œuvre internationale demeure insuffisant pour combler les besoins de main-d’œuvre. Textiles Patlin veut engager au moins deux autres couturières, notamment parce que le carnet de commandes est bon, mais aussi pour remplacer quatre employées qui partiront bientôt à la retraite. C’est la raison pour laquelle Textiles Patlin est de nouveau un partenaire d’un projet de formation en couture donnée bientôt dans la région.

Développement dans l’hôtelier

Il y a un an, Textiles Patlin annonçait un plan de développement de 550 000 $, dont 400 000 $ étaient consacrés à l’achat d’équipements permettant de personnaliser ses produits. Cette décision a permis à l’entreprise d’obtenir des contrats avec des établissements montréalais et gaspésiens.

La direction veut tabler sur cette lancée pour développer encore plus l’aspect hôtelier de ses affaires. Hotelia, la compagnie sœur de Textiles Patlin, importe et distribue des produits (couettes, draps, oreillers) pour sa clientèle hôtelière. Cette entreprise créée en 2008 prendra de l’expansion au cours des prochains mois, un développement qui ne se fera pas au détriment de Patlin.

«On a une annonce d’importance qui s’en vient. C’est quelque chose de gros pour permettre une meilleure visibilité. Ça aura des impacts positifs pour Patlin. Ça va consolider les emplois», raconte Mme Chevalier, qui se fait très discrète sur la nature de cette annonce.

Le dévoilement de ce projet se fera vers la mi-mars.