Les pilotes Pier-Luc Durocher et Maxie Plante accompagnent le propriétaire d’Aviation La Tuque, Rémi Thibodeau.

«On est conscient de tout ça»

LA TUQUE — Les propos des riverains de Lac-à-Beauce ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd. Le pilote, propriétaire et président d’Aviation La Tuque, Rémi Thibodeau, est ouvert à la discussion pour trouver des solutions, mais demande également aux gens de faire preuve de tolérance. Il n’est pas sans rappeler que son entreprise fait rouler l’économie locale.

«On est conscient de tout ça. On n’a aucune restriction, mais on agit comme si on en avait et on fait attention. Quand on ne respecte pas ça, c’est qu’on est mal pris. On a un travail à faire», lance d’entrée de jeu M. Thibodeau.

«On est saisonnier, on gagne notre vie en cinq mois et demi», insiste-t-il.

On assure chez Aviation La Tuque que des mesures ont été prises après la rencontre du mois de juillet afin de répondre à plusieurs demandes des riverains.

«On essaie de ne pas décoller avant 8 h. On fait beaucoup d’efforts à ce niveau-là. On fait super attention pour le bruit aussi. Il y a beaucoup de choses que les gens ne remarquent pas nécessairement, mais nous on sait qu’on fait des efforts», témoigne la pilote Maxie Plante.

«Je pense qu’il y a un peu d’ignorance dans tout ça. Il y avait des demandes de mettre des silencieux sur nos avions, il y en a déjà. Ce sont nos hélices qui font du bruit, on ne peut quand même pas enlever les hélices», ajoute son collègue, Pier-Luc Durocher.

Quant au nombre de vols, on estime qu’il est stable depuis trois ans sans augmentation significative. D’ailleurs, le propriétaire rappelle que les hydravions sont dans le paysage du secteur depuis 1947 et qu’à certains moments, les appareils de l’entreprise ont été plus nombreux. Des photos-souvenirs datant de 1996, où l’on voit six autobus et cinq avions, témoignent d’ailleurs de ses propos.

«C’est clair que dans les cinq dernières années, il y a eu une augmentation. Par contre, les trois dernières années sont stables», a-t-il ajouté.

Quant aux demandes des citoyens, certaines sont impensables pour l’entreprise, notamment d’arrêter les vols touristiques le week-end.

«Si j’arrête de voler la fin de semaine, je suis dans la rue carrément. C’est impossible», insiste le propriétaire.

Les dirigeants pensent même que c’est le conflit de Lac-à-la-Tortue qui a incité les riverains de Lac-à-Beauce à faire des démarches visant son entreprise.

«On savait qu’on allait en entendre parler tôt ou tard avec ce qu’il se passe à côté. On n’est pas surpris», a lancé Rémi Thibodeau en faisant référence au recours collectif contre le bruit des hydravions touristiques au lac à la Tortue.

On pense dans l’entreprise qu’il y a de l’incompréhension dans le voisinage et on insiste pour dire que les portes sont grandes ouvertes pour tous les riverains. On veut une cohabitation harmonieuse avec le voisinage.

«On aimerait que les gens viennent nous voir, qu’ils nous posent des questions. On va leur expliquer, on va leur montrer ce que l’on fait, on est ouvert», insiste le propriétaire.

«On invite les gens à travailler avec nous. Il y a des choses peut-être qu’on ne voit pas et qu’on peut modifier. S’il y a un problème, on va s’asseoir, on va jaser et trouver une solution ensemble», a ajouté Maxie Plante.

On souligne également que ce ne sont pas tous les riverains qui s’opposent aux vols, certains leur ont signifié leur appui.

«On encourage les gens à rester à La Tuque. On fait affaire avec des gens de La Tuque. On fait rouler l’économie aussi, les gens semblent l’oublier», a conclu le propriétaire de l’entreprise, Rémi Thibodeau.