La hausse des accidents mortels en motoneige inquiète.

«On espère qu’il va y avoir une accalmie»

La Tuque — Le nombre de décès de motoneigistes a grimpé dans les dernières semaines. Le bilan du Québec s’établit actuellement à 14 morts, une hausse importante comparativement à pareille date l’an dernier. Une tangente qui est inquiétante pour la Fédération des clubs de motoneige du Québec qui multiplie les efforts de sensibilisation.

Il faut dire que la situation a été particulièrement tragique dernièrement alors qu’un motoneigiste de 24 ans d’Acton Vale a perdu la vie alors qu’il circulait sur un sentier fédéré à L’Avenir, dans le Centre-du-Québec. Un autre homme a perdu la vie dans un accident de motoneige dans le secteur du lac Manouane, à environ 150 km au nord de Saint-Michel-des-Saints.

Au début du mois, deux individus ont perdu la vie dans un accident de motoneige survenu à Saint-Barnabé.

Deux autres motoneigistes manquent d’ailleurs toujours à l’appel depuis une semaine après que le véhicule sur lequel il prenait place eut été retrouvé dans l’eau dans les environs de Salaberry-de-Valleyfield.

Pourtant, dans les dernières années, une diminution du nombre de morts en motoneige avait été enregistrée. «Si la tendance se maintient, c’est inquiétant. L’année passée, à pareille date, il y avait eu neuf décès. On espère qu’il va y avoir une accalmie. C’est très malheureux et il y a vraiment beaucoup de facteurs qui entrent en ligne de compte», lance la porte-parole de la Fédération des clubs de motoneige du Québec, Marilou Perreault.

Du nombre total de décès, on en compte neuf sur les sentiers et cinq hors sentier. Pour l’instant, il est difficile de pointer une raison précise pour expliquer ce nombre de décès à la hausse pour les motoneigistes.

«C’est difficile à dire en général. Il y a encore des dossiers en enquête, mais on parle souvent de conduite et vitesse imprudentes dans les sentiers», a commenté le porte-parole de la Sûreté du Québec, Marc Tessier.

«On a une super belle saison, il y a de la neige, ç’a débuté tôt et si on continue comme ça, ça va finir tard. Il y a une augmentation du nombre de motoneigistes. […] On frôle les 100 000 membres. On n’est pas des spécialistes en statistiques, mais on peut croire que c’est peut-être relié à tous ces facteurs-là. On aimerait ça avoir zéro décès, mais c’est utopique de penser que ça peut arriver», a ajouté Marilou Perreault.

Cette dernière a toutefois tenu à rappeler que les sentiers sont sécuritaires et que les clubs mettaient beaucoup d’efforts en ce sens.

«On a plein d’outils interactifs sur notre site web en plus. On met toutes les chances du côté des motoneigistes pour qu’ils puissent faire leur sport de façon sécuritaire. On peut faire le nombre de campagnes publicitaires qu’on veut et mettre de la signalisation tous les deux mètres, s’ils ont des pratiques non sécuritaires, qu’ils ne respectent pas la signalisation, qu’ils ne font pas attention…»

Ces statistiques jettent une ombre à une saison qui offre aux motoneigistes d’excellentes conditions. D’ailleurs, les entrepreneurs qui louent des motoneiges connaissent une excellente année.

Ils sont bien au fait des tristes événements des dernières semaines, mais ils avouent être bien impuissants lorsque les clients quittent leurs terrains, et ce, malgré tous les conseils de sécurité qu’ils ont pu offrir.

«On suggère de suivre les limites de vitesse. Il faut marcher avant de courir. Il faut suivre les indications. […] On loue des motoneiges de plaisance, mais on ne sait pas toujours à qui on a affaire. On leur donne un petit cours sur le fonctionnement, mais en général les gens le savent déjà. Par contre, des accidents, ça arrive de temps en temps. Un coup qu’ils sont partis, on n’a plus de contrôle», avoue le propriétaire de Nautico à La Tuque, Denis Capano.

Le son de cloche est le même chez Maximum location à Shawinigan qui a une soixantaine de motoneiges à louer durant la saison. Là aussi on suggère de respecter les limites conseillées et «ses propres limites», d’avoir les bons équipements, de faire preuve de prudence et si possible, d’être accompagné de gens qui s’y connaissent.

«Les machines se sont beaucoup améliorées et il y a des modes apprentissage qu’on peut mettre dessus. Si on voit quelqu’un qui n’est vraiment pas à l’aise avec une motoneige, on peut le mettre sur ce mode-là alors le risque de faire un mauvais geste qui pourrait entraîner un accident grave est diminué d’environ 70 %», a indiqué Jean-François Houle, copropriétaire de Maximum location.

Ce dernier n’est pas sans souligner le nombre de motoneiges qui a doublé dans les sentiers dans les 20 dernières années.

Collisions mortelles sur le territoire de la SQ région Mauricie-Lanaudière

2010: 55

2011: 44

2012: 11

2013: 55

2014: 33

2015: 88

2016: 77

2017: 11

2018*: 23

* Saison en cours. Accidents survenus à Saint-Barnabé et Saint-Michel-des-Saints.