Le président du Conseil central du Centre-du-Québec (CSN), Paul Lavergne, faisant part de ses revendications à la responsable du bureau de comté du ministre Girard, Marianne Méthot, en présence du vice-président de la FSSS-CSN en région, Claude Audy, et plusieurs syndiqués.

«On dit non à l'austérité»

En réaction à des coupes de 10,5 millions $ annoncées en région, une trentaine de syndiqués de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) de la CSN ont manifesté leur mécontentement au bureau du ministre Jean-Denis Girard à Trois-Rivières en s'y rendant sans crier gare.
Ils ont fait savoir à la conseillère politique Marianne Méthot qu'ils disaient non à l'austérité du «nouveau parti conservateur du Québec».
«C'est réduire l'État à sa plus simple expression au lieu de s'occuper du peuple. Les libéraux se sont privés de moyens en baissant les impôts», a ouvertement dénoncé le président du Conseil central du Centre-du-Québec (CSN), Paul Lavergne, dans le hall menant au bureau de comté.
Selon lui, il existe des solutions comme «retarder les transferts au Fonds des générations et l'atteinte du déficit zéro». Car, dit-il, les coupes toucheront l'ensemble des établissements du réseau de la santé de la région.
«Il ne faut pas rire de nous autres en disant que les coupes de 220 millions de dollars et de deux milliards de dollars n'auront aucun impact sur les services et qu'il n'y aura aucune coupe de postes», a renchéri le vice-président de la FSSS-CSN en région, Claude Audy.
Affirmant que les travailleurs et travailleuses du réseau sont déjà au bord de l'épuisement «en tenant ça à bout de bras», celui-ci invite le ministre Girard à dire à son collègue à la Santé, Gaétan Barrette: «on ne veut pas de ta réforme».
«Sinon, on est ici pour les quatre prochaines années et nous allons tout faire pour que vous démissionniez et que le Parti libéral du Québec ne soit plus jamais au pouvoir», prévient M. Audy, qui dit souhaiter que le ministre responsable de la région ne soit pas «irresponsable».
Pour sa part, M. Lavergne fait remarquer que ces coupes surviennent alors que la révision des programmes n'est même pas débutée. «Imaginez ce que ça va être lorsque ce sera fait. On va avoir charcuté le réseau et on aura hypothéqué toute une génération de travailleuses et de travailleurs en exigeant d'eux toujours
plus avec toujours moins de ressources. C'est une insulte et c'est allé trop loin. Le gouvernement va trouver la CSN sur son chemin», promet-il.
Se disant consciente que le changement «n'est pas facile pour personne» et avouant «qu'il y aura des sacrifices à faire», Mme Méthot s'est engagée à transmettre leur message au ministre Girard qui était à Montréal en après-midi.
«On est sensible aux problématiques de ce que les gens vivent», leur a-t-elle dit, faisant allusion à une annonce faite en matinée au sujet de la pyrrhotite et à l'aide récemment consentie à Shawinigan «pour amener un peu d'air.»