On aura droit à un printemps timide

La Tuque — L’hiver est désormais du passé, le printemps est officiellement arrivé sur papier. Par contre, il devrait être plutôt frais et tardif. C’est ce que prévoit le météorologue et auteur du livre Ce qu’on ne vous dit pas sur le changement climatique, Gilles Brien.

Il sera de passage au Salon du livre de Trois-Rivières samedi pour parler du climat québécois.

«Le climat est en train de changer et le Québec est vraiment un bon laboratoire pour observer ça !» a lancé d’entrée de jeu le météorologue.

«On a eu un hiver survolté! C’est du jamais vu. L’hiver a commencé en lion et il finit de la même manière avec du gros froid […] On a retrouvé des valeurs plus normales en mars et on s’est sauvé de quelques tempêtes en raison de la vague de froid», a-t-il ajouté.

Gilles Brien

Selon le météorologue d’expérience, le printemps s’annonce timide après un hiver rigoureux que les Québécois ont hâte d’oublier. «Le printemps sera tardif et un peu frisquet», confirme Gilles Brien.

Les inondations sont également au cœur des préoccupations avec l’arrivée du printemps. Les risques sont toujours présents selon le météorologue, mais dans une moindre mesure pour le moment.

«Il y a eu des inondations monstres qui ont touché le Québec l’an dernier. […] Cette année, c’est l’épaisseur de neige au sol qui est assez importante présentement, entre autres, en Mauricie. Ce manteau de neige-là ne peut pas fondre parce que les températures sont trop froides actuellement. Il faut faire attention au dégel qui serait trop rapide. On a eu un bon exemple en janvier lorsqu’il y a eu des inondations.»

«Ce sont les pluies d’avril qu’on va surveiller. Ça pourrait changer rapidement la situation. Cette année toutefois, je ne serais pas aussi pessimiste que l’an passé», a-t-il ajouté.

Gilles Brien sera au Salon du Livre pour son livre Ce qu’on ne vous dit pas sur le changement climatique.

Un livre dans lequel l’auteur constate avec inquiétude la tangente que prend le discours en matière de climatologie.

«Le climat a le dos large et on s’en sert mal […] Les gens se servent du climat pour l’instrumentaliser, pour te faire voter, pour acheter le bon produit… On n’a qu’à regarder les publicités de VUS, c’est toujours en forêt, toujours devant un ours, toujours pour te donner l’impression qui ton véhicule n’émet pas de gaz à effet serre», a indiqué l’auteur.

«Tout ça fait l’objet de mon livre. Je vais donner l’heure juste sur le problème», a conclu le météorologue.