Une dizaine de personnes ont participé à l’expédition organisée par la Ville de La Tuque.

«On a fait une boucle pour mieux connaître le territoire»

La Tuque — L’expédition de motoneiges organisée par la Ville de La Tuque aura permis de faire plusieurs constats sur le territoire de la municipalité la semaine dernière. Dans un périple de plusieurs centaines de kilomètres, une dizaine de participants, dont le maire de La Tuque, ont sillonné la Haute-Mauricie jusqu’aux limites de l’Abitibi et de Lanaudière, en passant par les communautés atikamekw de Wemotaci et d’Opitciwan.

«On a fait environ 800 km. Si on avait voulu le faire en camion, ç’aurait été le triple. On a fait une boucle pour mieux connaître le territoire», note d’entrée de jeu le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

Selon ce dernier, un des moments importants de cette mission était de se rendre sur le terrain pour voir l’emplacement du projet de minicentrale Manouane Sipi pour la première fois. Là-bas, on voulait également comme «mission secrète» réfléchir à l’endroit où pourraient loger d’éventuels travailleurs.

«C’est un point stratégique. Il va falloir analyser ça. Est-ce que ce sera un camp, une pourvoirie, est-ce que ça pourrait servir à autre chose? Il faut réfléchir à ça», insiste le maire.

Ils ont également pu voir le complexe Manouane appartenant à Hydro-Québec, une des premières étapes de la régularisation de la rivière Saint-Maurice

«Enfin, j’ai pu voir et comprendre toute la gestion de l’eau qui est faite par Hydro-Québec pour nourrir le Saint-Maurice et la complexité de tout ça», note Pierre-David Tremblay.

Mais avant d’en arriver là, la délégation a traversé la zone prisée par l’entreprise Gazoduq Inc. pour son projet afin d’identifier les zones sensibles dans les secteurs visités.

«Il y a des zones sensibles, mais ce ne sont pas des obstacles nécessairement au déploiement du gazoduc», a indiqué le maire.

Ils se sont également rendus au barrage Gouin où seulement trois pourvoiries sont ouvertes en période hivernale contrairement à près d’une trentaine en été.

«J’ai vu l’immense potentiel qu’on a là-bas et qui dort. Il y a beaucoup de développement économique à faire là», insiste Pierre-David Tremblay.

En piste, on a constaté l’ampleur des coupes forestières sans toutefois soulever des inquiétudes. Le moment était également idéal pour voir des travaux qui avaient été réalisés sur le territoire.

«La Ville a pu confirmer et voir ce qui avait été fait et si cela répondait aux besoins», a affirmé M. Tremblay.

Les dirigeants ont également profité de leur périple pour s’assurer que les traîneaux d’évacuations, positionnés à plusieurs endroits sur le territoire, étaient en règle. De plus, ils ont eu l’occasion de découvrir les bornes d’évacuations installées à des points stratégiques sur le territoire.

Ces bornes d’évacuation d’urgence en milieu forestier avaient d’ailleurs valu un prix de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) en 2013.

«On voulait voir tous les systèmes d’évacuation d’urgence», a fait savoir le directeur général de la Ville, Marco Lethiecq.

Les autorités municipales ont également testé de la machinerie, entre autres, une motoneige à l’effigie du Service incendie, propriété de la Ville a spécifié le maire, qui pourrait servir à l’évacuation d’urgence.

«C’est une mission de repérage, on a testé la machinerie, on a vu ce que ça nous prenait. […] Les équipements qu’on a, jusqu’à un certain point, peuvent répondre à nos besoins. Pour la motoneige, il va y avoir une étude».

«Si on reste dans les sentiers, cette motoneige fait le travail, si c’est du hors-piste il faut peut-être penser avoir une machine un peu plus souple. Par contre, à l’heure actuelle, on est satisfait de ce que l’on a», a indiqué le maire Tremblay.

Le voyage de quatre jours a permis d’observer le réseau routier et de noter l’importance de certains tronçons.

«La route 10, la voie de désenclavement entre Parent et La Tuque que les gens ne prennent plus, il faut la conserver comme une artère très principale parce qu’elle dessert 800 villégiateurs directement. Elle permet aux gens d’Hydro-Québec de passer en véhicule et on pourrait ajouter tout le volet approvisionnement».

La Ville va également faire des pressions afin que le ministère des Transports prenne en charge la portion de route entre Parent et Wemotaci.

La route 25, entre La Tuque et Wemotaci, relève du MTQ. Entre Wemotaci et Parent, c’est l’industrie forestière. […] On veut que ce 100 kilomètres-là soit entretenu par le MTQ pour ramener de l’économie de Parent vers La Tuque. L’économie de Parent va vers Mont-Laurier, notamment en raison des routes», a lancé Pierre-David Tremblay.

La Ville assure maintenant qu’elle va faire ses devoirs après tous les éléments qu’elle a notés sur le territoire. Il s’agissait de la deuxième expédition du même genre sur le territoire et le maire assure qu’il y en aura définitivement une autre l’an prochain.