Le maire de Sainte-Ursule, Réjean Carle, est maintenant rétabli de la COVID-19.
Le maire de Sainte-Ursule, Réjean Carle, est maintenant rétabli de la COVID-19.

«On a été frappés durement»: le maire de Sainte-Ursule a été contaminé à la COVID-19

Sainte-Ursule — «On a pensé mourir. Tu te couches le soir, tu as de la misère à respirer, faut pas que tu bouges trop et tu te dis : ‘‘Est-ce que je vais me réveiller demain?’’»

Réjean Carle n’a pas l’habitude d’étaler sa vie privée sur la place publique. Mais si le maire de Sainte-Ursule accepte de raconter ce qu’il a vécu en tant que personne atteinte du coronavirus, c’est pour demander à la population de faire preuve de prudence même si le Québec se déconfine de plus en plus.

«Il faut demeurer vigilant», insiste le politicien de 65 ans.

Celui qui est maire de Sainte-Ursule depuis 2005 a commencé à ressentir des symptômes autour du 10 mai, soit quelques jours après que son épouse eut consulté pour la COVID-19 et qu’elle eut reçu un résultat positif du test de dépistage. Le couple ne revenait pas de voyage à l’étranger, respectait les consignes d’isolement et faisait preuve de prudence dans ses déplacements en public. Le virus a quand même fait son travail.

«On a été frappés durement. On avait de la misère à respirer, de la fièvre, pas beaucoup d’appétit. Beaucoup de fatigue, manque de concentration aussi. On essayait de déjeuner un matin, je cherchais une banane et elle était devant moi... Ça a été intense. Une grippe, après trois jours, tu commences à être pas pire. Ça a duré entre 10 et 14 jours. Même après, on a un peu de mal à respirer. C’est beaucoup mieux, mais on se fatigue assez vite. C’est comme une grosse pneumonie. Ça prend du temps», raconte M. Carle, dont le souffle paraît encore un peu court à l’autre bout du fil.

Le couple a aussi eu une sérieuse crainte le 19 mai, alors que l’épouse du maire est entrée à l’hôpital en raison d’une grande difficulté à respirer. Elle a passé la nuit à l’hôpital. Elle a subi des examens qui n’ont rien révélé d’anormal.

«Elle avait de la misère à respirer, probablement par la panique. Elle a passé les examens, tout était correct. On a eu peur», témoigne M. Carle.

Outre les difficultés respiratoires, la perte d’appétit a été importante auprès du couple qui se forçait à manger pour essayer de ne pas perdre trop d’énergie.


« On en a mangé, de la soupe. J’ai maigri de 20 livres! Il y a une semaine, j’avais l’air d’avoir 75 ans. »
Réjean Carle

«Je commence à reprendre du poids. Je comprends les personnes en CHSLD. Si personne ne les force à manger, elles ne mangent pas. Tu n’as pas faim.»

Maintenant que les choses se replacent, Réjean Carle se prépare à retourner au travail. En 15 ans à la mairie, il n’avait jamais raté une seule séance publique du conseil, rappelle-t-il. Il a donc hâte de «retomber dans mes bottines», soit être présent à la Municipalité afin de régler les dossiers et de faire avancer différents projets.

«Ce qui me manque est le contact avec les citoyens, les employés. Et j’ai hâte de faire des réunions du conseil ensemble. On a des salles assez grandes pour réunir huit personnes tout en respectant les deux mètres», raconte celui qui souligne le travail effectué par le conseil durant son absence.

Le travail reprendra le 17 juin après une pause forcée de six semaines. Réjean Carle assure qu’il portera des équipements de protection avant de côtoyer des gens.

«Si les gens pensent que c’est une petite grippe, avec tout ce que je viens de dire et ce qu’on voit à la télé... Des gens l’ont moins fort, mais moi, je ne prends pas de chance. Même si on me dit immunisé, je sors avec un masque et des gants.»