Véronique Hivon, députée de Joliette et marraine de la Mauricie au Parti québécois, en compagnie de son chef, Jean-François Lisée.

«On a des racines»

Shawinigan — Rayé de la carte en Mauricie en 2014 et en troisième place dans les sondages à un peu plus de huit mois des élections du 1er octobre, le Parti québécois demeure confiant malgré tout de pouvoir conquérir à nouveau la région, surtout avec les histoires d’horreur qui émergent du milieu de la santé. Mercredi soir au restaurant Le Saint-Mo bistro gourmand de Shawinigan, environ 150 militants se sont convaincus qu’il ne fallait pas les écarter trop vite de l’équation pour la prochaine campagne.

Le caucus présessionnel du PQ s’est terminé jeudi midi à l’Auberge Gouverneur. Fait exceptionnel au cours des dernières décennies, cet événement préparatoire à la prochaine session parlementaire se déroulait en Mauricie sans qu’elle soit représentée par un seul député du parti souverainiste. Véronique Hivon, députée de Joliette et marraine de la région, a bien aimé ce qu’elle a vu au cours des derniers jours.

«On souhaite que nos propositions soient collées à la réalité des gens de la Mauricie», exprime-t-elle. «On a une région qui est représentée uniquement par des élus qui sont au gouvernement et on voit les problèmes s’accumuler. Je n’ai pas besoin de faire une longue énumération, notamment en matière de santé et de soutien aux aînés, de soutien à la petite et à la moyenne entreprise... On voit beaucoup de problèmes.»

Pour Mme Hivon, le fait d’avoir pu rassembler 150 personnes à une activité partisane sans que le PQ ne soit représenté par un seul député dans la région depuis 2014 démontre justement la santé du parti en Mauricie.

«Ça montre à quel point la force militante est forte dans la région, parce qu’on a des racines», rappelle-t-elle. «Il y a de fiers indépendantistes dans la région.»

Martin Beaudry, président du Parti québécois en Mauricie, n’était pas trop gêné de recevoir les députés dans ce contexte.

«C’était une participation massive de militants enthousiastes», résume-t-il. «Nous avions des militants de toute la région. On les sentait d’attaque, heureux d’échanger avec les députés sur différents sujets. Ça a été une soirée magique pour les péquistes de la Mauricie.»

En réflexion
Ce caucus aurait pu constituer une belle occasion pour confirmer des candidats, mais le parti vient d’entreprendre l’organisation de ses assemblées générales dans les quatre circonscriptions. Celle de Laviolette - Saint-Maurice est déjà faite; il reste celles de Trois-Rivières (29 janvier), Maskinongé (17 février) et Champlain (25 février). Par la suite, les assemblées d’investiture détermineront l’identité des candidats.

Déjà, les noms des ex-députés de Champlain et de Saint-Maurice, Noëlla Champagne et Luc Trudel, ont résonné dans les corridors cette semaine. Les deux livreront bientôt le fruit de leur réflexion.

«Ma décision ferme a été prise avant Noël», confie Mme Champagne. «Je vais en faire l’annonce le 25 février, lors de notre assemblée générale.»

Le chef du parti, Jean-François Lisée, a été invité à commenter cette possible candidature jeudi matin.

«Je l’adore, Noëlla», a-t-il confié, préférant laisser à la principale intéressée l’opportunité de confirmer ses intentions.

Une formation dans la position du PQ doit-elle présenter de nouveaux visages ou piger dans son album de souvenirs? M. Trudel avait reculé de 1804 voix en 2014 par rapport à 2012, alors que Mme Champagne avait encaissé une perte de 3143 électeurs et s’était classée troisième.

«Nous voulons un équilibre», soutient Mme Hivon. «C’est la force d’un parti politique. L’équilibre entre les générations, entre l’expérience et le renouveau, entre les villes et les régions. Ce sont de très bonnes nouvelles que Mme Champagne et M. Trudel soient en réflexion. Ça prouve à quel point il y a encore beaucoup d’intérêt pour le Parti québécois.»

M. Beaudry fait remarquer que les journalistes aiment bien solliciter des personnalités un peu plus connues pour sonder leur intérêt, ce qui n’exclut toutefois pas que d’autres militants puissent songer à une candidature. Il souligne que les personnes qui possèdent des convictions ne sont pas très ébranlées par les sondages plutôt déprimants pour les souverainistes.

«Ce qui est très clair, c’est la volonté ferme des électeurs de mettre un terme au long règne du gouvernement libéral», détecte-t-il. «Les gens cherchent une alternative. Pour le moment, ils se tournent vers un autre parti que le nôtre, mais nous n’avons pas encore commencé la campagne. La situation n’est pas joyeuse dans les sondages, mais je suis loin d’être découragé. Je sais ce qui s’en vient dans notre offre en terme de candidatures, de programme, de plate-forme, de compétence et d’expérience.»