Olymel avait du fermer ses installations de Yamachiche, après une l’éclosion de COVID-19 chez ses travailleurs.
Olymel avait du fermer ses installations de Yamachiche, après une l’éclosion de COVID-19 chez ses travailleurs.

Olymel Yamachiche: retour au travail progressif dès mardi

Yamachiche — Fermée depuis le 29 mars à la suite d’une éclosion COVID-19 dans ses murs, l’usine ATrahan d’Olymel, à Yamachiche, reprendra sa production dès mardi. Ce sont 113 des 1000 employés et quelques collaborateurs que compte l’usine qui ont contracté la maladie, selon les dernières données de la Direction régionale de la santé publique. Au moment de l’annonce de la fermeture pour une période de 14 jours, seulement neuf cas avaient été détectés. Des mesures visant à protéger la santé des travailleurs seront mises en place et le retour au travail se fera de manière progressive, a indiqué la direction par voie de communiqué, dans la journée de samedi.

Parmi les moyens qui seront mis de l’avant pour éviter un nouvel épisode de contamination, il est notamment question d’installation de séparateurs entre les postes de travail, du port de casques avec visière et de monitorage continu de la santé des travailleurs. Tant l’employeur que le syndicat soulignent que les autorités de la santé publique, l’Agence canadienne d’inspection des aliments et la Commission des normes, de l’équité et de la santé et sécurité du travail (CNESST) ont été parties prenantes de l’établissement des nouvelles mesures et de l’élaboration d’un protocole de retour au travail.

Il reste maintenant à voir comment l’entreprise négociera cette sortie de crise dans la gestion quotidienne de ses opérations. On se souviendra que la fermeture temporaire des installations de Yamachiche avait placé Olymel dans une situation difficile. L’entreprise avait dû déployer des moyens extraordinaires pour réguler l’écoulement des porcs et pour s’entendre avec ses fournisseurs. Elle a également dû répondre à des accusations de laxisme dans la gestion de la crise, de la part du syndicat des travailleurs de l’usine.

Du côté syndical, on insiste maintenant pour dire que face à la situation on avait le choix d’être dans la confrontation ou de se serrer les coudes. Si l’on comprend que l’on a opté pour l’approche conciliante, il reste désormais à voir combien d’employés choisiront de revenir au travail. Roxanne Larouche, porte-parole du syndicat TUAC, qui représente les travailleurs de l’usine, indique que les travailleurs sont encouragés à revenir à l’usine, mais que dans les circonstances, il est difficile de dire si le mot d’ordre sera suivi.

L’entreprise explique de son côté que la capacité de production sera adaptée au nombre d’employés disponibles. «Olymel travaille étroitement avec les partenaires de la filière porcine pour assurer l’écoulement des porcs le plus normalement possible et éviter les solutions de dernier recours comme l’abattage humanitaire ou l’euthanasie à la ferme», peut-on lire dans le communiqué émis samedi en fin d’après-midi. Avant la crise, la capacité d’abattage de l’usine de Yamachiche était de 28 000 porcs par semaine.

Le retour des travailleurs se fera selon une liste approuvée par les autorités de santé publique, de même qu’en suivant les besoins de l’usine aux différents postes de travail et les dispositions de la convention collective. Un spécialiste en médecine du travail et une technicienne en hygiène du travail de la santé publique superviseront le retour des travailleurs. Seuls les employés ne présentant pas de symptômes de la maladie seront admis à l’usine.

Quant aux navettes dédiées au transport des travailleurs, elles seront soumises aux mêmes mesures de distanciation de deux mètres, prescrites par les autorités, assure-t-on. Le syndicat indique que la priorité sera cependant donnée à la main-d’œuvre locale. Les travailleurs venant de la région de Montréal et de sa périphérie ne feraient partie que d’une troisième phase du protocole de retour au travail, toujours selon le syndicat.

L’entreprise annonce par ailleurs le maintien jusqu’à nouvel ordre du programme de prime pour tous ses employés rémunérés sur une base horaire. Celui-ci s’appliquera également aux heures supplémentaires.